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Pentecôte

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

La Pentecôte, comme toute la Bible, n’est pas simplement le souvenir d’un événement ancien. Ce n’est pas l’anniversaire nostalgique des débuts de l’Église. C’est aujourd’hui. L’Esprit Saint n’est pas une relique liturgique soigneusement conservée entre deux pages du missel. Il est vivant. Et il continue de souffler. Même si parfois nous aimerions bien qu’il souffle un peu plus discrètement dans certains conseils paroissiaux.

Dans les Actes des Apôtres, tout commence dans une maison fermée. Les disciples ont peur. Ils portent encore en eux les blessures de la Passion. Et soudain : « Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent ». La Pentecôte commence par un souffle. Parce que Dieu n’entre pas dans le monde comme une idée. Il vient comme un vent vivant. Invisible… mais impossible à enfermer.
Puis apparaissent des langues de feu. Le feu éclaire. Le feu réchauffe. Le feu transforme. L’Esprit Saint ne vient pas décorer nos vies chrétiennes. Il vient les embraser.
Et le miracle est magnifique : Chacun entend les apôtres dans sa propre langue. La Pentecôte ne supprime pas les différences. Elle crée une communion plus grande que les différences.
À Babel, les hommes ne se comprenaient plus.
À la Pentecôte, l’Esprit recrée une humanité capable de se rencontrer. Saint Irénée de Lyon écrivait : « Là où est l’Église, là est l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce. » L’Église n’est pas d’abord une organisation. Elle est un peuple habité. Un peuple traversé par le souffle de Dieu. Et on le voudrait toujours davantage

Le psaume nous faisait chanter :  « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! » Quelle prière actuelle. Car notre monde est fatigué. Fatigué de violence. Fatigué de divisions. Fatigué d’individualisme. Fatigué de paroles qui blessent plus qu’elles ne relèvent.
Et pourtant l’Esprit continue de travailler discrètement dans les cœurs. Chaque fois qu’un homme pardonne. Chaque fois qu’une femme relève quelqu’un. Chaque fois qu’une communauté choisit la fraternité plutôt que la méfiance, la terre recommence à respirer.

Puis saint Paul nous rappelle une vérité essentielle : Il y a diversité de dons, mais le même Esprit. Quel soulagement. Nous n’avons pas tous à être identiques. Parfois notre Église aime l’uniformité. L’Esprit Saint aime la diversité. Sinon il n’aurait pas créé : les mystiques, les contemplatifs, les missionnaires, les grands théologiens… et les chorales paroissiales qui chantent parfois courageusement un demi-ton au-dessus de la résurrection. Et pourtant, mystérieusement, l’Esprit fait tenir tout cela ensemble.
Paul ajoute : « Nous avons été baptisés pour former un seul corps. » Le chrétien ne vit pas seul. La foi n’est pas une aventure individualiste. Nous « appartenons » les uns aux autres. Et cela est parfois magnifique… et parfois un peu sportif. Mais c’est justement là que l’Esprit travaille … notre patience et notre charité.

Puis vient l’Évangile. Les disciples sont enfermés. Les portes sont closes. Et Jésus vient au milieu d’eux. Les portes fermées n’arrêtent pas le Ressuscité.
Et sa première parole est : « La paix soit avec vous. » Voilà le premier don de l’Esprit : La paix ; une paix profonde qui permet de traverser les tempêtes sans perdre l’espérance.
Puis Jésus souffle sur eux. Ce geste rappelle le commencement du monde, quand Dieu insufflait son souffle dans l’homme de poussière.
À la Pentecôte, Dieu recrée l’humanité. Saint Basile de Césarée écrivait : « Par l’Esprit Saint vient notre retour au paradis. » L’Esprit nous rend capables de redevenir pleinement vivants.

Et la séquence de la Pentecôte chantait merveilleusement : « Viens en nous, Père des pauvres. »
Quelle expression bouleversante. L’Esprit Saint n’est pas réservé aux forts. Il vient précisément rejoindre nos pauvretés, et il y dépose sa lumière.

Entre l’Ascension et aujourd’hui, les disciples attendaient. Et voilà qu’ils deviennent missionnaires. Des hommes enfermés deviennent des témoins. Des cœurs timides deviennent des cœurs brûlants.
Voilà ce que fait l’Esprit Saint. Il ne supprime pas notre fragilité mais il la traverse de sa force.

Alors aujourd’hui, osons dire : « Esprit Saint, viens respirer en moi. Viens dans ce qui est fermé. Viens dans ce qui est fatigué. Viens dans ce qui manque de joie. Viens dans ce qui a peur d’aimer.
Car le plus grand miracle de Pentecôte n’est peut-être pas de parler toutes les langues du monde. Mais d’apprendre enfin le langage de l’amour.

Seigneur, tu nous as envoyé ton Esprit ; renouvelle maintenant la face de la terre, Alléluia !

 Esprit du Dieu vivant,
souffle des commencements nouveaux,
viens réveiller ton Église parfois fatiguée.
Fais-la danser au vent de l’Évangile,
libre de toute peur,
joyeuse d’annoncer le Christ vivant
jusqu’aux périphéries du monde et des cœurs.
Seigneur, nous te prions.

Esprit de paix,
toi qui fais tomber les murs de Babel
et rassembles les peuples dans une même espérance,
viens respirer sur notre terre blessée par les guerres,
les violences et les haines anciennes.
Fais germer, au milieu des armes et des cris,
des artisans de pardon et de réconciliation.
Seigneur, nous te prions.

Esprit consolateur,
douce haleine de Dieu sur nos pauvretés,
viens rejoindre ceux dont le cœur est devenu lourd :
les malades, les exilés, les oubliés,
ceux qui avancent dans la nuit sans voir l’aurore.
Qu’au creux même de leurs blessures
ils découvrent ta présence qui relève et qui apaise.
Seigneur, nous te prions.

Esprit de sagesse et de lumière,
viens visiter ceux qui portent des responsabilités 
dans l’Église et dans le monde.
Apprends-leur la patience des semeurs,
la force humble des serviteurs
et la joie de chercher ce qui unit plutôt que ce qui divise.
Seigneur, nous te prions.

Esprit créateur,
source vive jaillissant au désert de nos lassitudes,
éveille dans le cœur des jeunes le désir d’une vie donnée.
Fais naître des vocations généreuses,
des témoins lumineux,
des saints capables d’ouvrir 
des chemins d’espérance pour notre temps.
Seigneur, nous te prions.

Esprit Saint,
souffle discret qui pries au plus profond de nous-mêmes,
viens faire de nos vies des braises d’Évangile.
Quand nos cœurs se ferment, ouvre-les.
Quand nos forces s’épuisent, relève-nous.
Et fais de chacun de nous
un humble reflet de la lumière du Ressuscité.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : invoquer consciemment l’Esprit Saint plusieurs fois dans la journée. Avant une rencontre. Avant une décision. Avant une parole difficile.



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