Mardi de la 10ème semaine
du Temps de l'Église
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »
On se croirait dans une émission de TV où l’on nous donne des recettes … Dans la première lecture, nous trouvons une poignée de farine et un peu d'huile. Dans l'Évangile, Jésus ajoute du sel.
Et à la fin, voilà que surgit la lumière. Si un cuisinier arrivait avec un menu aussi étrange, nous pourrions être inquiets. Mais avec Dieu, les ingrédients les plus modestes deviennent souvent les plus grands miracles.
Nous rencontrons aujourd'hui une femme admirable : la veuve de Sarepta. Elle est pauvre. Très pauvre. Elle possède juste de quoi préparer un dernier repas pour elle et son fils. Après cela, pense-t-elle, il ne restera plus rien. Pourtant, c'est précisément à cet instant que Dieu frappe à sa porte sous les traits du prophète Élie. La demande paraît presque déplacée : « Fais-moi d'abord une petite galette. » Nous aurions envie de répondre : « Élie, as-tu bien regardé le contenu du garde-manger ? » Et pourtant la veuve ose faire confiance. Elle donne ce qu'elle possède. Comme la petite vieille avec ses quelques piécettes dans le tronc du Temple. Non pas son surplus. Son nécessaire.
C'est alors que le miracle commence. La farine ne s'épuise pas. L'huile ne manque pas.
Attention, ne nous trompons pas : Dieu ne remplit pas soudainement cent greniers. Il donne chaque jour ce qu'il faut pour avancer.
La Providence travaille souvent à la manière du lever du soleil : discrètement, fidèlement, patiemment. Cette femme est déjà, sans le savoir, une disciple des Béatitudes. Elle est pauvre de cœur. Elle fait confiance. Elle remet son avenir entre les mains de Dieu. Et cette confiance devient fécondité.
L'Évangile nous aide à comprendre davantage. Jésus dit : « Vous êtes le sel de la terre. » Le sel est discret. Personne n'applaudit le sel dans une assiette. On remarque surtout son absence. Mais sans lui, tout devient fade. Il en va souvent ainsi des saints. Ils ne font pas toujours de bruit. Ils ne cherchent pas la première place. Mais ils donnent saveur au monde. Le Pape François nous le rappelait : Une grand-mère qui prie. Une personne qui visite un malade. Un voisin qui pardonne. Une religieuse qui offre sa journée dans le silence. Voilà le sel de Dieu.
Puis Jésus ajoute : « Vous êtes la lumière du monde. » Non pas : « Vous devez devenir ». Mais : « Vous êtes ». Par notre baptême, la lumière du Christ habite déjà en nous. Le problème n'est pas qu'il manque de lumière. Le problème est parfois que nous cachons la lampe sous le boisseau de nos peurs, de nos habitudes ou de notre découragement. La veuve de Sarepta aurait pu garder sa farine. La lampe serait restée éteinte. Elle choisit de faire confiance. Et sa maison devient un lieu où Dieu agit.
Saint Jean Chrysostome écrivait : « Rien n'est plus froid qu'un chrétien qui ne se soucie pas du salut des autres. »
Autrement dit : une lumière est faite pour éclairer. Le chrétien n'est pas un collectionneur de grâces. Il est un passeur de lumière.
Et Thérèse de Lisieux disait : « Je compris que l'Amour renfermait toutes les vocations. »
La veuve n'avait ni richesse ni pouvoir. Mais elle avait l'amour qui fait confiance. Et cela a suffi pour que Dieu accomplisse son œuvre.
Nous ressemblons souvent à cette veuve. Nous regardons nos pauvretés : « Je n'ai pas assez de force. Je n'ai pas assez de temps. Je n'ai pas assez de talents. » Et Dieu répond : « Donne-moi ta poignée de farine. Donne-moi tes deux gouttes d'huile. Donne-moi ce petit peu que tu crois insuffisant. » Entre ses mains, le peu devient abondance. Aujourd'hui encore, le Seigneur nous dit : « Sois sel. Sois lumière. » Il ne nous demande pas d'être extraordinaires. Il nous demande simplement d'être disponibles. t lorsque nous lui offrons humblement notre pauvreté, il accomplit de grandes choses. Comme la veuve de Sarepta, découvrons que la générosité de Dieu est toujours plus grande que nos réserves.
Amen.
Seigneur, regarde les nations déchirées par la violence, les terres où montent les fumées de la guerre, les familles dispersées par la peur et l'exil. Que ton Esprit passe comme une brise sur les braises de la haine et rallume partout le désir de la paix.
Seigneur, souviens-toi de ceux dont la jarre semble vide : les affamés, les sans-abri, les chômeurs, les oubliés de nos prospérités. Par la générosité de ton peuple, fais couler l'huile de la fraternité et multiplie le pain du partage.
Seigneur, pour ceux dont le cœur est devenu un désert, pour les malades, les personnes âgées, les endeuillés, les découragés, fais jaillir les sources cachées de ton réconfort. Qu'ils découvrent, même dans la nuit, la fidélité de ta présence.
Seigneur, bénis les mains qui servent sans être vues, les cœurs qui consolent sans bruit, les veilleurs qui prient dans le secret, les témoins silencieux de l'Évangile. Qu'ils demeurent le sel qui donne saveur à la terre et la lumière qui éclaire les chemins de leurs frères.
Seigneur, apprends-nous à te faire confiance quand nos réserves diminuent, quand nos certitudes s'effritent, quand l'avenir paraît incertain. Donne-nous la foi de la veuve de Sarepta, la confiance d'Élie au bord du torrent, et la joie de ceux qui savent que ton amour ne manque jamais.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent
en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
Une simple pincée de sel suffit parfois à changer toute la saveur d'une journée.

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