7ème jour dans l'Octave de Noël
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.
Le 31 décembre, c’est un jour étrange. On fait le bilan, on compte les réussites, on rature les regrets, on promet des choses qu’on oubliera parfois dès le 3 janvier… voire le 2 … Et pendant que nous regardons l’année qui s’achève, la liturgie, elle, ne regarde ni en arrière ni en avant : elle nous ramène à l’essentiel. Non pas à un événement, mais à une Personne : « Au commencement était le Verbe. »
Saint Jean nous fait lever les yeux très haut : avant les années, avant les calendriers, avant nos succès et nos échecs… il y a le Verbe, le Fils, la Parole vivante de Dieu. Les Grecs disaient déjà : « Panta Rei » : Tout passe : les modes, les régimes, les résolutions, même nos certitudes. Mais le Christ demeure. Saint Jean nous rappelle une vérité apaisante en ce dernier jour de l’année : notre vie n’est pas suspendue au hasard du temps, mais enracinée dans l’éternité de Dieu. Ce que nous appelons « fin » n’est jamais qu’un passage.
« La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » Jean ne dit pas que la nuit disparaît d’un coup. Il dit que la lumière persiste, humblement, fidèlement. Dieu ne force pas la porte de nos vies. Il se propose. Il éclaire. Il attend. À la fin d’une année, beaucoup portent encore des zones d’ombre : fatigue, deuils, inquiétudes, questions non résolues, « massacre » de Gaza, selon les mots de Léon et guerre en Ukraine. Et l’Évangile ne dit pas : « Tout est réglé », mais : « La lumière est là ». C’est suffisant pour avancer.
« À ceux qui l’ont reçu, il a donné de devenir enfants de Dieu. » Tout est là. La foi chrétienne ne commence pas par faire, mais par recevoir. Recevoir une Parole. Recevoir une lumière. Recevoir une identité. Nous ne sommes pas définis par ce que nous avons réussi ou raté cette année, mais par ce que Dieu dit de nous : « Tu es mon enfant. » Et si une résolution avait vraiment du sens cette année, ce serait peut-être celle-ci : apprendre à recevoir davantage, et à contrôler un peu moins.
Finalement, Dieu n’a jamais demandé de bonnes résolutions… Il a seulement demandé un cœur ouvert. C’est beaucoup plus simple — et beaucoup plus exigeant !
Pour l’Église, afin qu’elle demeure fidèle à la Parole faite chair et qu’elle soit signe de lumière pour notre temps. Seigneur, nous t’en prions.
Pour notre monde marqué par l’incertitude, afin que la paix, la justice et la dignité humaine progressent malgré les ténèbres. Seigneur, nous t’en prions.
Pour ceux qui terminent cette année dans la solitude, la maladie ou l’épreuve, afin qu’ils découvrent que Dieu demeure proche. Seigneur, nous t’en prions.
Pour nous tous, afin que l’année nouvelle soit un temps de confiance, de fidélité et d’accueil de la grâce. Seigneur, nous t’en prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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