En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »
Quel beau texte poétique que celui de la première lecture. La pluie, dont nous avons été rassasiés ces derniers jours n’est pas nécessairement signe de bonheur. Chez le Peuple élu, un peuple vivant dans un pays très aride, la pluie est une bénédiction. Cette pluie qui représente le Seigneur et sa Parole, cette pluie féconde la terre ; la Parole de Dieu peut féconder, rendre vivant notre cœur, notre vie. Et tout cela peut se faire sans que nous ne le remarquions, « à l’insu de notre propre gré » comme disait Virenque. Il ne s’agit donc pas de réussir son carême, mais de se laisser irriguer par la Parole du Seigneur. Et même une Parole que nous ne comprenons peut-être pas totalement peut devenir source de vie en nous. La seule chose que le Seigneur ne peut pas faire à notre place, c’est d’ouvrir notre Bible ou notre missel et de lire ce qu’il nous dit. C’est Isaac le Syrien qui disait : « La Parole de Dieu est semence ; plus elle est enfouie, plus elle porte de fruit. »
Le deuxième aspect de la rencontre avec le Seigneur, nus est donné dans l’Évangile. Jésus nous invite à la simplicité et nous donne le Notre Père. De nouveau, il ne s’agit pas de réussir sa prière, mais de la faire, de la formuler. Au fond, peu importe ce que nous disons et comment nous le disons. La foi, elle consiste tout simplement à être convaincu que le Seigneur entend ce que nous lui disons. Ma grand-mère avait cette expression : « Aucune prière ne va au bois ». Autrement dit, elle est toujours écoutée, entendue par le Seigneur. Je ne sais pas bien prier ? Peu importe … La petite Thérèse disait : « La prière n’est rien d’autre qu’un élan du cœur, un simple regard jeté vers le ciel. »
Et enfin, cette parole que nous n’aimons pas trop et que nous comprenons souvent si mal : « Pardonne-nous comme nous pardonnons… » Souvent, on l’a vue, représentée comme une balance … J’ai pardonné 32 fois, le Seigneur, me pardonnera 32 fois. Quelle horreur. Alors, à la place de nous faire entrer dans la miséricorde du Seigneur qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, nous entrons dans une menace que nous ferait le Seigneur. Non, ce n’est pas une menace, mais un chemin de liberté. Le pardon ouvre un espace intérieur dans notre vie où Dieu peut demeurer. Mais nous faisons l’expérience que c’est la chose la plus difficile qui soit … et on peut le comprendre quand on a été blessé d’une façon épouvantable. Le Pape François disait que le désir de pardonner, voire le fait de dire au Seigneur qu’on n’y arrive pas ; c’est déjà le chemin du pardon. Alors, ne désespérons jamais. Amen
Pour l’Église : qu’elle annonce une Parole qui relève et qu’elle apprenne au monde la prière simple et vraie du Notre Père, prions le Seigneur.
Pour les responsables des nations : que l’esprit de pardon et de réconciliation l’emporte sur la violence et les intérêts particuliers, prions le Seigneur.
Pour ceux qui peinent à prier ou qui se sentent loin de toi : qu’ils découvrent que tu es un Père proche, attentif au moindre souffle de leur cœur, prions le Seigneur.
Pour notre communauté : qu’en recevant ton pardon nous devenions artisans de paix dans nos familles, nos lieux de travail et notre paroisse, prions le Seigneur.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
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