Accéder au contenu principal

 

Samedi de la 6ème semaine de Pâques 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite.
En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Franchement, vous y croyez à cette phrase : « Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite » ? Parce qu’honnêtement, nous avons tous déjà demandé des choses à Dieu… et parfois nous avons eu l’impression que le ciel fonctionnait avec un léger retard administratif. Un peu comme certains services clients :
“Votre appel est important pour nous… veuillez patienter éternellement.” Et pourtant Jésus insiste : « Demandez. » Mais attention : la prière chrétienne n’est pas une machine distributrice céleste. Ce n’est pas : une pièce de monnaie, une bougie, et hop — miracle immédiat. Lorsque j’étais jeune vicaire, je pouvais assurer quand avaient lieu les examens de Math … Les bougies redoublaient devant toutes les statues des saints !!! La prière est une relation. Peu à peu, elle ajuste notre cœur à celui de Dieu. Et nous lui demandons ce qui est juste de lui demander … et pas l’inverse.

Dans les Actes des Apôtres, nous rencontrons aujourd’hui Apollos. Quel personnage magnifique. Cultivé. Éloquent. Passionné. Il connaît déjà beaucoup de choses sur Jésus… mais pas encore tout.
Alors Priscille et Aquila le prennent avec eux et lui expliquent “plus exactement” le chemin de Dieu. J’aime beaucoup cette scène. Parce qu’elle nous rappelle une vérité très consolante :  même les grands prédicateurs ont encore besoin d’apprendre. Ce qui est une excellente nouvelle pour les prêtres… et une immense espérance pour les paroissiens qui les écoutent chaque dimanche.
L’Église grandit ainsi : par la parole, par l’écoute, par la correction fraternelle, par des croyants qui s’aident mutuellement à avancer.
Pas par des gens parfaits. Mais par des disciples en chemin.

Et le psaume chante aujourd’hui : « Tous les peuples, battez des mains … car le Seigneur est le Très-Haut.» Le Ressuscité entraîne l’humanité vers la joie du Père. L’Ascension n’est pas un éloignement. C’est l’ouverture d’un passage. Le ciel n’est plus fermé.

Dans l’Évangile, Jésus dit aussi quelque chose d’immense : « Le Père lui-même vous aime. » Parfois encore, dans un coin de notre cerveau et de notre cœur, nous imaginons un Dieu lointain, sévère, inaccessible. Mais Jésus vient révéler ceci : nous sommes aimés du Père. Personnellement. Concrètement. Tendrement.

Saint Cyprien de Carthage écrivait : « Quand nous prions, nous parlons avec Dieu. » Quelle simplicité magnifique. Prier, ce n’est pas réussir une performance spirituelle. C’est entrer dans une conversation d’amour. Et Thérèse d'Avila disait : « La prière n’est rien d’autre qu’un commerce intime d’amitié avec Celui dont nous savons qu’il nous aime. » Voilà pourquoi Jésus nous invite à demander. Non pour informer Dieu de nos besoins — il les connaît déjà — mais pour ouvrir notre cœur à sa présence.

Et souvent, nous découvrons ceci : la plus grande réponse de Dieu… c’est Dieu lui-même. Pas toujours la solution immédiate. Pas toujours la disparition des difficultés. Mais une présence qui soutient intérieurement.

Nous sommes dans ces jours qui précèdent la Pentecôte. L’Église apprend à désirer l’Esprit Saint. À attendre. À prier. À laisser Dieu agrandir le cœur.
Et peut-être est-ce cela, la vraie joie parfaite dont parle Jésus : savoir que nous sommes aimés, accompagnés, habités par Dieu. Alors aujourd’hui, peut-être pouvons-nous demander simplement :  “Seigneur, apprends-moi à prier comme un enfant aimé.” Et déjà cette prière-là commence à transformer le monde.

Viens Esprit Saint en nos cœurs et envoie du ciel un rayon de ta gloire.  Alléluia !

Seigneur Jésus,
toi qui fais grandir ton Église par la force discrète de l’Esprit,
soutiens les pasteurs, les missionnaires, les catéchistes
et tous ceux qui annoncent l’Évangile.
Qu’ils deviennent des témoins humbles et joyeux
de ton amour vivant.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui révèles au monde le visage du Père,
regarde les peuples blessés par la guerre, la peur et la violence.
Fais naître au cœur des nations
des artisans de paix capables de relever l’espérance
là où grandissent les ruines et les larmes.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui accueilles les prières murmurées dans le secret des cœurs,
viens rejoindre ceux qui se sentent oubliés, découragés ou épuisés.
Quand leurs forces vacillent,
dépose en eux cette paix discrète
qui vient de ta présence fidèle.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui guides ceux qui cherchent sincèrement la vérité,
éclaire les chercheurs, les enseignants, les jeunes en discernement
et tous ceux qui avancent dans les questions de la vie.
Que ton Esprit leur ouvre des chemins de lumière.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui nous apprends à demander avec confiance,
réveille dans nos communautés le goût de la prière,
la patience de l’écoute
et la joie fraternelle des premiers disciples.
Seigneur, nous te prions.

Seigneur Jésus,
toi qui nous rassembles aujourd’hui autour de ta table,
fais de nos vies des demeures ouvertes à ton Esprit.
Que nos paroles deviennent consolation,
nos gestes semences de paix,
et nos existences reflets de ta lumière.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


Aujourd’hui : prendre cinq minutes de silence réel pour prier simplement. Sans chercher de grandes paroles. Juste dire à Dieu :  merci, pardon, aide-moi, je te confie ceux que j’aime.
Car la prière humble ouvre déjà le cœur à la joie de Dieu.

Commentaires