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Samedi de la 15ème semaine du Temps de l'Église 



 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, une fois sortis de la synagogue, les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l’ayant appris, se retira de là ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais il leur défendit vivement de parler de lui. Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement. Les nations mettront en son nom leur espérance.

« La nuit porte conseil. » Ce n'est pas toujours vrai... Il arrive aussi que la nuit porte des inquiétudes, des colères ou des calculs. Le prophète Michée commence sa prédication par une scène digne du cinéma. « Ils méditent le mal sur leur couche. Dès l'aube, ils l'exécutent. » La nuit, ils élaborent leurs projets et dès le matin, ils les mettent en œuvre. Ce qui est frappant, ce n'est pas seulement leur méchanceté. C'est leur intelligence mise au service du mal. Ils sont organisés, préparés, efficaces. Mais leur efficacité détruit les plus faibles. Ils convoitent les champs, prennent les maisons et dépouillent les familles. C’est tellement actuel … Le mal n'est pas seulement affaire de colère ou de violence. Il peut être très méthodique.

L'Évangile nous montre une autre manière d'agir. Les pharisiens décident d'éliminer Jésus. Eux aussi élaborent un projet. Mais Jésus ne répond pas par la violence. Matthieu voit en lui l'accomplissement du Serviteur annoncé par Isaïe : « Il ne criera pas... Il ne brisera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit. » Voilà sans doute l'un des plus beaux portraits du Christ. Nous vivons dans un monde où il faut souvent parler plus fort que les autres pour exister. Jésus, lui, n'élève pas la voix. Non parce qu'il serait faible. Mais parce que la vérité n'a pas besoin de crier.

Le roseau froissé... Quelle image magnifique ! Un roseau déjà abîmé. Une mèche qui ne donne presque plus de lumière. Nous aurions tendance à remplacer l'un et à jeter l'autre. Le Christ, lui, les relève. Il ne regarde jamais quelqu'un comme un objet devenu inutile. Il voit toujours une possibilité de renaissance. Saint Basile de Césarée écrivait : « Il n'y a rien qui ressemble davantage à Dieu que la douceur. » Nous imaginons volontiers la puissance de Dieu. Nous oublions parfois que sa puissance prend le visage de la douceur. Et notre pape François écrivait : « La tendresse n'est pas la vertu des faibles, mais des forts. » La douceur de Jésus n'est pas de la faiblesse. Elle est une force parfaitement maîtrisée. Il faut beaucoup plus de courage pour relever que pour écraser.

Nous pouvons passer la nuit à préparer une revanche... Ou à chercher comment aimer davantage. Voilà peut-être la véritable conversion. Non pas devenir moins intelligents. Mais mettre notre intelligence au service de la bonté.

Et si nous sommes roseau ou mèche, n’oublions jamais que le Christ ne passe jamais à côté des fragilités pour aller vers les forts. Il commence toujours par les plus vulnérables.


Dieu du souffle léger, veille sur ton Église. Qu'elle soit, au milieu des violences du monde, semblable au roseau qui ploie sans rompre, portant humblement l'espérance de ton Royaume. 

Dieu de justice, regarde les peuples dépouillés de leur terre, de leur dignité ou de leur liberté. Là où les puissants accaparent et où les petits sont oubliés, fais germer des artisans de justice, comme une source dans le désert. 

Dieu de toute consolation, approche-toi des cœurs froissés par la maladie, le deuil, l'échec ou la solitude. Que la flamme vacillante de leur espérance soit doucement ravivée par la chaleur de ton Esprit. 

Dieu de douceur, délivre nos paroles de la violence et nos pensées du désir de domination. Fais de nous des semeurs de paix, capables d'écouter avant de répondre et de servir avant de nous imposer. 

Dieu fidèle, fais de notre communauté une lampe discrète dans la nuit du monde. Que chacun y trouve un regard qui relève, une main qui soutient et une parole qui ouvre un chemin vers toi.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd'hui, je poserai un geste de douceur envers une personne fragile ou découragée.

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