Jeudi de la 7ème semaine de Pâques
Nous
savons bien que l’Évangile est vivant, donc est pour tout homme de toute
époque. Lorsque nous entendons une
parabole de Jésus, c’est à nous aujourd’hui, qu’elle parle de Dieu ;
lorsque nous entendons les Béatitudes, nous savons que c’est à nous aujourd’hui
que le Seigneur donne les diverses façons d’être vraiment heureux. Mais aujourd’hui, c’est encore plus
clair. Non seulement, nous le savons,
mais nous l’entendons : « Je ne prie pas seulement ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui,
grâce à leur parole, croiront en moi. »
D’un coup, l’universalité de l’amour de Jésus nous est révélée. Jean redit aux premières communautés et il
nous redit aujourd’hui que quelles que soient nos origines, tous ceux qui
croient sont unis sur la même base. Nous avons tous une communion, nous sommes tous
en communion avec le Père et le Fils. Qui aurait pu imaginer que nous sommes si
intimement liés à la Trinité ? Je m'étonne qu'il existe en moi, qui me sens
souvent si peu aimant, ce même amour qui existe au sein de la Trinité. Comme
dirait l’acteur français Fabrice Luchini : « C’est
énorme ! »
Deux. Comment va se propager la foi
chrétienne ? Non pas par des
discours, par des manifestations extérieures et fracassantes de notre foi,
encore moins par des débats. On verra
Paul se fracasser lamentablement en essayant de convaincre les Athéniens que la
statue dédiée chez eux au dieu inconnu, c’est en fait Jésus - ça ne marche pas
du tout -. Non, notre foi, se propage par
notre unité. Peu de nos contemporains
entrent dans nos églises, mais beaucoup savent les dissensions qui peuvent s’y
vivre et les medias se régalent de nos divisions. Que ce soit entre les différentes Églises ou
au cœur même de notre Église ou de nos communautés, le manque d’unité - et donc
le manque d’amour - est un scandale au sens premier du terme : une pierre
sur laquelle on trébuche. On trouve plus de 300 références à l’amour dans le
Nouveau Testament. C’est le plus grand cadeau de Dieu pour nous et donc, c’est
par notre amour mutuel que nous révélons au monde l’amour de Dieu.
Et
enfin, Jésus nous parle du drame de la méconnaissance : « Père
juste, le monde ne t’a pas connu. » ne t’a pas aimé. Déjà, on lisait dans l’Ancien Testament, dans
les tous premiers versets d’Isaïe, le Seigneur qui disait : « Le bœuf
connaît son propriétaire, et l’âne, la crèche de son maître. Israël ne le
connaît pas, mon peuple ne comprend pas. » Et Jean, dans son prologue le
redira : « Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à
l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les
siens ne l’ont pas reçu. » Drame de Jésus, drame des premiers chrétiens et
notre drame : nous sommes témoins de l’amour infini de Dieu, nous tentons
de le faire connaître, aimer, et, sans savoir pourquoi, nous constatons que cet
amour est rejeté. Grand mystère de notre
foi ! Mais il nous le disait il y a
quelques jours : « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage
! Moi, je suis vainqueur du monde. » Pour que cette parole descende en nous, ô
Seigneur, envoie ton Esprit. Amen !
Alléluia !
R/ Christ vainqueur, écoute-nous !
Ressuscité des morts, tu
sièges à la droite du Père :
intercède pour nous dans ta
fidélité.
Que ton Esprit soit l’hôte de
nos cœurs,
préserve-nous de jamais le
contrister.
Tiens-nous unis à toi par
l’Esprit,
que rien, ni la persécution,
ni la mort, ne nous sépare de ton amour.
Apprends-nous à nous
supporter, à nous soutenir mutuellement,
toi qui nous as pris en charge
pour l’honneur de ton Père.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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