Mardi de la 7ème semaine de Pâques A
On parle souvent dans le Bible de la Gloire : la Gloire de Dieu, Père, - kabod - son poids, son autorité. Dans les trois premiers évangiles, voilà qu’on l’attribue à Jésus : il est glorifié par Dieu, on voit sa gloire à la Transfiguration, mais elle n’apparaîtra vraiment qu’à sa Résurrection. Chez Jean que nous venons de lire, c’est différent : la gloire - doxa - du Fils apparaît clairement dans sa vie publique. Et si vous lisez l’évangile de Jean, vous verrez qu’il y aura six signes : le premier sera à Cana. Vous vous rappelez : « il manifesta sa gloire (doxa) et ses disciples crurent en lui » et viendra un septième, en quelque sorte, le dernier, à la Croix où sa gloire se manifestera d’une façon tellement inattendue. Nous sommes loin ici de la gloire des acteurs sur les marches de Cannes. Jésus n’est pas embelli par un tapis rouge, mais par le rouge du vin de Cana et du sang de la croix ; l’eau de Cana devient vin de la fête ; le sang du Christ et du Christ ressuscité - évidemment - devient vin du Royaume éternel à chaque eucharistie.
Mais certains traduisent « Glorifier » par « embellir ». Jésus demande à son Père de l’embellir, de le rendre plus beau pour que lui aussi rende son Père plus beau. Et on comprend : à chaque jour de la création, Dieu a dit que cela était beau ou que cela était très beau. Et déjà les Grecs disaient que le Beau était un transcendantal, qu’il conduisait à Dieu. Et un psaume dit - et on a attribué ces paroles à Jésus : « Tu es beau comme aucun des enfants de l’homme ». Être chrétien, pourrait-on dire, c’est être beau de la beauté de Dieu ; être beau de notre beauté originelle, être beau de la Résurrection du Christ. Vous avez sans doute déjà remarqué combien Satan, au pied de notre chaire de vérité est beau. Oui, mais il n’a pas compris, il n’a voulu comprendre que sa beauté venait de Dieu et devait retourner à Dieu.
Et enfin,
notre beauté, elle sera dans la vie éternelle.
Mais attention, pas le jour où nous « avalerons notre certificat de
naissance », non, nous sommes dans la vie éternelle chaque fois que nous
connaissons le Père et Jésus qu’il a envoyé.
Et, il n’est pas besoin de vous rappeler une fois encore que connaître,
chez Jean comme au livre de la Genèse, c’est aimer, c’est avoir une relation
amoureuse. L’amour, dira Paul, ne disparaît
jamais. Si nous aimons, nous ne disparaîtrons
jamais. Alors, puisque notre amour est
si fragile, invoquons l’Esprit d’amour. Ô Seigneur, envoie ton Esprit. Amen ! Alléluia !
et par toi nous rendons grâce
au Père dans l’Esprit :
R/ Seigneur Jésus, accorde-nous
ton Esprit !
Fais de nous les membres
vivants de ton Corps,
conduits par l’Esprit de sainteté.
Donne-nous le goût de ta
parole :
qu’elle rejaillisse de nos
cœurs en action de grâce.
Garde-nous de mépriser un seul
de tes frères ;
rappelle-nous que tu t’es
offert pour chacun de ces petits.
Remplis-nous de toute paix, de
toute joie :
que nous débordions
d’espérance par l’effusion de l’Esprit.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et
que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui
encore source de compassion :
Je
vous salue Marie …

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