33ème dimanche
du Temps de l'Église B
Comment apprendre à rouler à vélo ? Vous le savez bien, surtout pas en regardant les pédales du vélo !!! Là, on est sûr de tomber. Au contraire, on nous a tous appris à regarder droit devant nous. Ne pas regarder où l’on est, mais bien où l’on va. Où on est, c’est facile à savoir : sur le vélo … Où on va, c’est autre chose : on le découvre au loin.
N’est-ce pas à cela que les lectures nous invitent ce dimanche … et pour les chrétiens, cela porte un nom : cela s’appelle l’espérance. C’est à l’espérance que nous sommes appelés, chaque année, vers la fin de l’année liturgique. Et nous en avons vraiment besoin … Nous l’avons appris au catéchisme, avec la foi et la charité, l’espérance est une vertu théologale, c’est-à-dire une vertu qui dispose l'homme à vivre en relation avec Dieu. Dit de façon encore plus simple : si tu veux rencontrer Dieu, sois un homme d’espérance ; si tu ne vis pas dans l’espérance, tu ne rencontreras pas Dieu. Si tu regardes ton vélo, tu ne verras pas Dieu, si tu regardes devant toi, là, tu es sûr de le rencontrer.
Et de fait, on regardant la première lecture et l’évangile, nous risquons de ne voir que le vélo : les grandes détresses en tout genre dont elles nous ont parlé, mais dont nous sommes aussi rassasiés tous les jours !
Deux. Notre rôle, donc, est de regarder devant. « Mais en ce temps-ci, ton peuple sera délivré », disait Daniel et l’évangile : « Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées. » Et la deuxième lecture nous dit clairement qui est devant nous : « Par son unique offrande, Jésus a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie.»
Notre temps est celui durant lequel nous sommes appelés à regarder, à contempler, à écouter Jésus qui nous sauve pour qu’à notre tour, comme lui et avec lui, nous soyons dans notre monde des sauveurs ». C’est ce que frère Roger aimait résumer en un mot : la bonté. Dans le vélo de notre monde, le chrétien est un homme de bonté, parce qu’il voit le Dieu de bonté devant lui. C’est donc à regarder et à écouter Dieu que nous sommes invités en ces temps difficiles pour garder le moral, pour vivre dans l’espérance.
Je nous le dis souvent, mais je le redis encore : Ne passons pas une journée sans prendre un peu de temps avec le Seigneur … en lisant, par exemple, les lectures du jour. Nous avons tous un Magnificat, un Prions en Église ou tout simplement Internet. Si je ne lis que le journal, je vais perdre pied, tomber de mon vélo. Alors prenons le temps de lire un autre journal, celui de Dieu lui-même et nous sommes sûrs de ne pas chanceler, mais d’avancer. Le psaume nous l’a rappelé avec force : « Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable. »
Trois enfin. « Dès que les branches du figuier deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. » À la différence de l’exemple du vélo, quand nous avons bien regardé devant – et cela doit bien être notre première étape – alors, comme chrétiens, nous pouvons regarder notre vélo pour voir comment, ici et maintenant, Dieu y est déjà présent. Car l’espérance chrétienne n’est pas uniquement devant nous, elle est déjà au milieu de nous. Au moment où Jésus parle, il est sur le point d’entrer à Jérusalem. Depuis quelques dimanches, nous comprenons qu’il s’y prépare à y vivre la mort sur la croix … Et pourtant, la Résurrection est déjà là. Jésus sera tué à Jérusalem, mais la façon dont il va y être accueilli glorieusement le dimanche des Rameaux nous laisse déjà deviner que la mort n’aura pas le dernier mot.
Si nous ne regardons pas le Seigneur devant nous, nous ne verrons que le mal et le moche dans notre monde. Si nous le contemplons bien devant nous, alors, nous verrons les « Hourras » du dimanche des Rameaux, nous verrons Jésus présent au cœur de notre quotidien. Si nous ne regardons pas le Seigneur, nous ne verrons que le drame des réfugiés ; si nous le regardons, nous verrons aussi tous les beaux gestes de solidarité qui se sont créés. Si nous ne regardons pas Jésus, nous les verrons comme des envahisseurs ; si nous regardons Jésus, nous aurons envie de nous redresser les manches pour que la solidarité grandisse encore. Amen
Merci, ô Fils de l’homme, pour les hommes et les femmes qui prennent soin de notre planète. Que leur exemple donne aux décideurs politiques de prendre des décisions respectueuses de notre maison commune. Viens, Seigneur Jésus.
Merci, ô Fils de l’homme, pour les associations qui œuvrent en faveur des personnes en précarité. Qu’elles ne cessent de rendre la joie et la dignité à celles et ceux qui frappent aux portes de leurs permanences. Viens, Seigneur Jésus.
Merci, ô Fils de l’homme, pour les parents qui font grandir leurs enfants dans l’amour et dans la joie de l’Évangile. Qu’ils puissent transmettre un chemin de vie dans la foi. Viens, Seigneur Jésus.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
Comment puis-je faire grandir la confiance dans ma relation avec le Seigneur ?

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