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Lundi de la 33ème semaine

du Temps de l'Église

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

 Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je retrouve la vue. » Et Jésus lui dit : « Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. » À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu.

Toute cette semaine, j’anime une retraite au Foyer de Charité d’Ottrot en Alsace. Vous y serez un peu par ces méditations.

Quel bel évangile pour commencer notre retraite ! On pourrait même dire qu’il est comme un résumé de notre démarche de retraite.

Tout d’abord, cet évangile nous rappelle que nous sommes Bartimée.  Si nous venons ici, si nous consacrons une semaine complète pour une retraite, c’est d’abord et avant tout parce que nous reconnaissons que nous ne sommes pas Dieu, ni même des parfaits, des personnes totalement accomplies.  En chacune et chacun d’entre nous, il y a quelque chose qui ne tourne pas tout-à-fait rond ; nous sommes aveugles « de quelque chose ».  Cela peut être notre santé, nos relations professionnelles, les épreuves dans la famille, ou tout simplement le péché qui est en moi. Et ce quelque chose qui ne va pas en entraîne d’autres.  Ce pauvre Bartimée ne sait pratiquement pas marcher seul, il n’a pas de boulot, il ne sait pas se préparer à manger … Et on peut continuer la liste. Ce quelque chose qui ne va pas dans ma vie, qui n’est pas accompli, peut entraîner aussi plein d’autres incapacités.  Cela peut même parfois entrainer du découragement voire de la désespérance.  Peut-être que, comme lui, je ne suis plus vraiment sur la route et en marche, mais assis et sur le côté de la route.  Si on s’arrêtait ici, ce serait évidemment très déprimant et il n’y aurait aucune raison de rester ici.


Mais si nous prenons conscience que nous ne sommes pas Dieu, en même temps, nous disons qu’il y a Dieu. Jéricho est une ville épouvantable : énorme garnisons romaine, ville la plus basse du monde, bien en-deçà du niveau de la mer …  Est-ce que Dieu va venir dans ce lieu détestable, dans ma vie pas géniale.  Eh bien oui !    Voilà que Jésus est là et à l’opposé du Bartimée que nous sommes, il n’est pas assis, mais il marche ; il n’est pas sur le côté de la route, mais il est sur la route.  Et si cela pouvait être contagieux !  Et nous avons entendu le texte, cela va l’être.  Voilà que Bartimée pourra voir et donc, il marchera et sur la route.  Nous avons appris dans nos cours de calcul lorsque nous étions hauts comme trois pommes que moins par plus, donne moins.  Eh bien, ans la foi, c’est le contraire : moins par plus donne toujours plus.  La vie est toujours plus forte que la mort.  Jésus est sur la route de Jérusalem où il va mourir et souffrir, mais c’est là aussi qu’il va ressusciter, qu’il va être ressuscité par son Père ; moins – sa passion – par plus – son Père – donne plus : la résurrection.

Mais pour cela, il faut que Jésus dise : « en tes mains – pas en mes mains – je remets mon esprit ».  Pour cela, il faut que Bartimée dise : « Seigneur, que je retrouve la vue ».  Et c’est bien nous, parce qu’ici, il ne dit pas : « que je voie », mais bien « que je retrouve la vue. »  Il n’est donc pas aveugle de naissance, mais par un accident ou une maladie.  Nous ne sommes pas nés avec tous les problèmes, mais voilà qu’ils sont arrivés et qu’ils nous ont « assombris ». Pendant cette retraite, voilà donc ce que nous sommes appelés à faire : demander au Seigneur de voir de nouveau clair.  C’est pour cela que cette retraite sur l’Avent s’appelle le temps du long désir.  Ce long désir qui doit m’habiter de laisser le Seigneur agir en moi et ce long désir du Seigneur qui n’attend qu’une seule chose : que je le lui demande.  Long désir de Dieu et de l’homme ; long désir d’une humanité qui retrouve sa beauté première.  Le psaume que nous avons entendu disait : « Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira. ».  C’est pas un hasard si c’est le psaume 1 : tout commence par ça …  Désire, fais confiance au Seigneur et tu seras un arbre qui porte du fruit.  Sinon, comme dans la première lecture de l’Apocalypse, il pourrait nous dire : « Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné. » Si c’est le cas et ça l’est toujours un peu, profitons de ce temps pour repartir tout vert et plein de fruits.  Amen  
 
Jésus, tendresse de Dieu pour la terre,

R/ Donne-nous l’Esprit de vie.

Dieu fidèle, ton alliance continue ses merveilles ;
pour que nous sachions les voir, ouvre nos cœurs.

Ta présence en nous est source vivifiante ; 
qu’elle fertilise nos actions en ce jour.

Regarde ceux qui nous sont proches par la vie et le travail :
que leurs œuvres manifestent ta sagesse et ta bonté.

Ta volonté, Seigneur, est lumière sur le chemin ; 
que les jeunes découvrent la joie de te servir.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Si la question m’était posée, que répondrais-je ?

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