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Mardi de la 33ème semaine

du Temps de l'Église

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »  Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Toute cette semaine, j’anime une retraite au Foyer de Charité d’Ottrot en Alsace. Vous y serez un peu par ces méditations.

Hier, nous étions sur la route de Jéricho et aujourd’hui, ça y est, Jésus est entré dans la ville.  Je vous ai dit hier que c’était une ville bien en-dessous du niveau de la mer, de la mort, qu’elle était débordante de Romains.  Il faut ajouter une troisième chose sur cette ville.  Rappelez-vous : c’est à Jéricho que les Juifs qui s’étaient enfui d’Egypte 40 ans plus tôt, sont entrés dans la Terre Sainte.  Ils sont passés de la mort à la vie ; comme Bartimée hier et aujourd’hui encore avec Zachée.  Déjà rien que son nom nous dit beaucoup.  Zachée, cela signifie : « le pur ». Vous imaginez l’humour de Dieu.  Celui qui est impur de plein de manières – il touche l’argent, il touche l’argent avec une image de la divinité, il touche un peu trop l’argent puisqu’il est voleur … - ; celui-là l’impur au maximum, Dieu le considère comme « le pur ».  Parfois, nous désirons tant le Seigneur, nous voudrions tellement vivre tout à ses côtés, puis notre désir s’effondre quand nous voyons qui nous sommes.  Mais pour le Seigneur, nous sommes toujours son enfant unique et bien-aimé, nous sommes toujours des purs.  Apprenons à nous regarder nous-mêmes comme Dieu nous regarde et notre désir d’être avec lui ne s’émoussera pas.  

Deux.  Comment est-ce que Zachée va essayer de s’approcher de Dieu.  En faisant deux choses : en montant et en montant sur un sycomore.

Tout d’abord en montant.  Catastrophe.  C’est ce que les bâtisseurs de la tour de Babel ont essayé de faire et la tour s’est écroulée.  Nous confondons souvent désirer Dieu et essayer de l’atteindre par nous-mêmes. Et de fait, il monte, parce que, nous dit le texte, il est de petite taille.  Il fait l’expérience de sa petitesse, alors, il essaie de grandir.  Essayez de faire grandir une salade plus vite en tirant dessus, en l’amenant en haut.  La seule chose que vous risquez de faire, c’est de la déraciner.  Il faut juste donner de l’engrais à ses racines.  C’est pourquoi Jésus lui dit : « descends », « viens près de moi, je suis ton engrais ».  Si nous essayons de grimper, nous allons nous déraciner ; si nous descendons, il nous fera grandir.  C’est pour cela qu’il vient à Noël, pour nous faire grandir d’en-bas jusqu’en-haut, le Royaume et il continuera à la Pentecôte en faisant descendre l’Esprit.  

Et en plus, il monte sur un sycomore.  Le sycomore dans la symbolique juive, c’est la Loi.  Je désire Dieu, en suivant sa Loi, je vais le rejoindre.  Mais les Juifs faisaient bien l’expérience que la Loi ne nourrit pas.  Et c’est l’image du sycomore, c’est-à-dire d’un figuier.  Pour que les figuiers murissent, il faut qu’elles soient piquées.  Ce sont normalement les insectes qui les piquent, mais parfois, il y en avait même dont s’était le métier : aller piquer les figues pour qu’elles deviennent de bons fruits.  J’ai beau monter sur un sycomore, j’ai beau suivre les commandements, cela ne donnera rien, si ce n’est de l’orgueil si j’y arrive ou de la désespérance si je n’y arrive pas.  Je dois donc laisser le Seigneur piquer la Loi avec de l’amour, avec les Béatitudes, avec le désir que lui a de moi.  Et du coup, il peut dire à Zachée qu’il s’invite à manger chez lui.  Jusque là il n’y aurait pas eu de fruits à manger.  Désormais, toutes les figues de la vie de Zachée sont devenues bonne à manger.  Lui qui était petit, s’appelle à la fin du texte fils d’Abraham ; lui qui était voleur, va donner beaucoup plus ; lui qui était regardé par les autres comme un moins que rien, retrouve la grandeur de son prénom :Zachée, le pur qu’il est vraiment, le pur que nous sommes tous face à celui qui nous désire. Amen 
 
Appelés avec le Christ à devenir louange à la gloire de son Père, nous l’acclamons :

R/ Notre Sauveur et notre Dieu !

Réveillés de notre sommeil et relevés d’entre les morts,
nous offrons par toi le sacrifice de louange.

Donne-nous de garder aujourd’hui tes commandements,
en faisant comme toi ce qui plaît au Père.

À chaque heure de ce jour, puissions-nous te bénir :
que nos paroles et nos actes soient ta vraie louange.

Accorde-nous de ne contrister personne aujourd’hui ;
à ceux qui nous rencontrent, fais-nous porter la joie.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
Nous lisons l’Apocalypse ces jours-ci. Avec qui pourrais-je échanger sur cette lecture difficile ?

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