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   Samedi de la 32ème semaine

du Temps de l'Église

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

C’est Jésus lui-même qui fait une partie de l’homélie ce matin, en nous disant le sens de la parabole : « il faut toujours prier sans se décourager ».  Nous rêvons tous d’un Dieu, distributeur automatique : je lui demande une chose une fois, et, hop, je le reçois.  Mais alors on n’est plus dans la prière, on est dans le commerce.  Déjà les anciens avaient cette phrase pour leurs dieux païens : « Do ut des » « je te donne pour que tu me donnes ».  La prière est d’abord dans l’ordre de la gratuité.  Même si rien ne se passe - en tout cas comme je le voudrais - je continue de te prier.

Deux.  Nous avons donc le droit de demander et même de demander souvent, en quelque sorte, de « casser les pieds » au Seigneur.  C’est même bien, parce que cela montre notre fidélité face à tel événement ou notre détermination à recevoir telle chose.
Tout d’abord notre fidélité.  Quelqu’un nous demande de prier pour lui.  Je m’y engage, ok, mais vais-je être fidèle à mon engagement.  Et cela, même si on ne me le demande pas.  Suis-je fidèle à une prière pour demander la paix en Ukraine, dans les terres de Jésus ?  Suis-je fidèle pour demander des vocations ?  La fidélité est d’autant plus difficile que je n’en vois pas les fruits.  J’ai lu que des personnes ont prié toute leur vie pour la chute du mur de Berlin.  Et une partie d’entre elles est morte sans l’avoir vu.  Quelle fidélité !

Mais ensuite notre détermination.  Est-ce que je veux vraiment ce que je demande au Seigneur.  Nous approchons doucement de la fête du saint Patron des enfants.  J’étais, il y a quelques semaines, chez d’anciens étudiants, parents de trois enfants.  Et ceux-ci collaient déjà sur des feuilles les cadeaux qu’ils espéraient avoir.  Les parents laissaient faire, tout en rappelant que saint Nicolas n’était pas si riche que cela et que, vu son grand âge, il ne pouvait plus porter de trop lourds fardeaux.  Mais surtout, les parents savent bien que dans cette liste, il y a tel ou tel cadeau qu’ils espèrent plus que tout et ce cadeau, il reviendra dans les conversations tous les jours.  Alors, ils sauront ce que leur enfant désire plus que tout.  Nous comprenons donc que Dieu n’attend pas que nous lui cassions les oreilles pour nous donner telle ou telle chose ; mais que le fait que nous lui cassions les oreilles est le signe que nous tenons plus que tout à ce que nous lui demandons.  Amen.
 
En union avec Marie, Mère de Dieu, et tous les saints, nous supplions le Seigneur :

R/ Délivre-nous, Seigneur.

Par le mystère de ta sainte incarnation,

Par ta venue en ce monde,

Par ta naissance et ton épiphanie,

Par ton baptême et ton jeûne au désert,

Par ta croix et ta passion,

Par ta mort et ta mise au tombeau,

Par ta résurrection du séjour des morts,

Par ton admirable ascension,

Par la venue du Saint-Esprit consolateur,

Au jour du jugement,

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
C’est demain la Journée mondiale des pauvres. Et si je lisais le chapitre 21 du livre de Ben Sira le Sage, dont est tiré le thème cette année – « La prière du pauvre s’élève jusqu’à Dieu» (cf. Si 21, 5) ?

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