3ème dimanche de Carême C
Rappelez-vous une des dernières phrases de l’évangile de la Transfiguration que nous avons célébré dimanche dernier. Le Père disait, en parlant de son Fils : « Ecoutez-le ». Aujourd’hui, avec l’épisode du buisson ardent, nous sommes invités à utiliser un deuxième sens : la vue. Le buisson ardent est là qui brûle et Moïse pouvait le voir de loin et continuer son chemin, mais il dit : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire. » Dieu nous fait des signes, encore faut-il que nous nous en approchions. Rappelez-vous le Bon Samaritain. Deux ont vu l’homme blessé et ont continué leur chemin. Le Samaritain a vu et s’est approché. Dieu n’arrête pas de nous envoyer des signes ; il le fait par tel événement, telle personne que nous rencontrons, telle chose que nous voyons à la télévision et dans tous les médias. Est-ce que nous nous laissons interpeler par tous ces buissons ; est-ce que nous faisons un détour pour les voir de près ?
Mais si nous devons nous approcher de nos buissons ardents ; c’est d’abord le Seigneur qui a décidé de s’approcher de nous. Cela s’est fait d’une façon absolue la nuit de Noël, mais nous en avons déjà une préfiguration ici : il s’approche de son peuple retenu en Egypte ; on pourrait dire qu’il vient voir de près la situation. Et il ne vient pas seulement pour voir la situation, mais pour apporter des solutions, en collaboration avec nous. « Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. » Un petit berger va devenir berger du peuple, histoire que Paul nous raconte dans la deuxième lecture ; les pécheurs du lac de Tibériade vont devenir pécheurs d’hommes et Simon-Pierre deviendra Pierre de fondation de l’Eglise. Dieu vient, il voit, il agit avec nous et il nous envoie. Avec lui, nous sommes capables de plus.
Et enfin, la magnifique parabole de l’Evangile : le figuier stérile. Nous ne réagissons pas toujours aussi vite que Moïse ou que les apôtres lorsque Jésus les appelle. D’autres textes de la Bible nous montrent à quel point nous sommes parfois réticents à répondre à son appel, par peur sans doute … et nous devenons des figuiers sans fruit. Vous le savez sans doute : le figuier représente la Loi et pour qu’une figue pousse, il faut qu’elle soit piquée, par des insectes. Mais parfois, même des hommes exerçaient ce métier de piquer les figues pour qu’elles mûrissent. C’était le cas d’Amos. Mais voilà, le figuier d’Israël n’est plus pincé par des prophètes et finit même par ne plus porter de fruit. Mais Jésus ne désespère pas. Il va mettre du fumier ; il va s’y mettre lui-même comme engrais et l’arbre va refleurir et c’est le rôle des apôtres et de chacun de nous désormais de piquer les figues de la loi avec beaucoup d’amour. En cette année jubilaire de l’espérance, croyons que les fruits d’amour de l’Evangile peuvent aujourd’hui encore nourrir le monde. Amen
Avec tous ceux et toutes celles qui veillent à la sécurité de tous, prions pour les extrémistes et terroristes qui sèment la violence au nom de Dieu. Dieu de paix, nous te prions.
Avec les parents, les enseignants et les éducateurs, prions pour les enfants et les jeunes qui rencontrent des difficultés scolaires.
Dieu de patience, nous te prions.
Avec les « pèlerins d’Espérance » se rendant à Rome en ce jubilé,
prions tous les artisans de fraternité à travers le monde. Dieu d’amour, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
Comment le laisser me convertir à son incroyable amour ? Quel est le regard de Dieu sur moi ? Suis-je prêt à envisager qu’il me considère avec la même bienveillance que le vigneron qui ne cessera jamais d’espérer que le figuier porte du fruit ?

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