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Jeudi de la 2ème semaine de Carême  

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

Voir, écouter, agir.  Voilà les trois verbes qui résument cet évangile.

Voir.  C’est sans doute le grand péché de l’homme riche.  Lazare était là et il ne l’a pas vu ou il ne l’a pas regardé.  Ce n’est pas pour rien que le cardinal Joseph Cardijn résumait sa méthode par trois verbes : Voir – juger – agir et qu’il mettait précisément le verbe voir en tout premier.  Jésus a voulu « voir notre monde » de tout près : c’est le grand mystère de l’Incarnation ; il a voulu le regarder de ses deux yeux.  Et souvent, dans l’évangile, on trouve l’expression : « Voyant cela, Jésus dit ».  Nous ne pourrons aller aux périphéries que si nous voyons ce qui s’y passe et qui y vit.

Ecouter.  C’est le reproche qui est fait à toute la famille de l’homme riche.  C’est aussi, vous le savez bien le verbe principal du judaïsme : « Ecoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique.  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ».  Si voir est le montant horizontal de la croix – notre vie avec nos frères et sœurs -, écouter est le montant vertical de la croix – notre vie avec le Seigneur -.  Et les deux sont capitaux.

Agir enfin.  Lorsque nous avons vu nos frères et sœurs, lorsque nous avons écouter le Seigneur, alors il nous faut agir.  Ce que le riche n’a pas fait ; ce qu’il voudrait tant faire maintenant envers sa famille.  N’attendons pas qu’il soit trop tard pour aimer.  C’est ici et maintenant seulement que nous pouvons et devons le faire.    

Malgré nos fautes, Seigneur, ne ferme pas ton oreille, inspire-nous la vraie prière :

R/ Kyrie eleison.

Viens à notre aide, nous périssons.

Dis seulement une parole, et nous serons sauvés.

Si tu le veux, tu peux nous guérir.

Viens au secours de notre incroyance.

Que nos yeux s’ouvrent et nous te suivrons.

Souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton Royaume.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

Suis-je riche ? Suis-je pauvre ? Le Seigneur regarde le cœur. Je revisite mon idée du « bonheur ». Est-elle conforme à l’Évangile ?


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