Lundi de la 3ème semaine de Carême
Voilà Jésus dans son « église paroissiale », pourrait-on dire. C’est dans cette synagogue qu’il est venu écouter la Parole de Dieu, qu’il est venu prier, avec sa famille et les habitants du village. Il est donc bien connu ici, mais comme « fils de » et selon son métier. Et, bouleversement absolu, voilà qu’il se présente comme un prophète, celui qui parle au nom de Dieu lui-même. Alors là, on ne peut pas l’accepter. Nous aimons tous les prophètes extérieurs que nous glorifions, que nous mettons sur un piédestal. Mais que ce soit un paroissien lambda qui vienne me dire des choses au nom du Seigneur, cela ne passe pas. Et pourtant, je vous rappelle qu’au jour de notre baptême, nous avons toutes et tous été faits « prêtre, prophète et roi »
Deux. Il est facile d’accueillir Jésus qui console, qui guérit … Mais ce n’est qu’une facette de Jésus et il est d’autres choses que nous avons plus de peine à comprendre. Jésus préfère aller aux périphéries que chez les bons chrétiens. Né dans un bled, mort hors de la ville sainte, il ose dire que les publicains et ls prostituées me précèdent dans le Royaume, et que le premier dans le Royaume, c’est le larron, un criminel. Ça, nous ne pouvons pas l’accepter ! C’est sans doute une des grandes conversions de notre carême. « Je ne suis pas venu pour les bien-portants, ni pour les justes ». Mais si je reconnais que je suis malade et pécheur … alors, quelle bonne nouvelle !
Et enfin, devant le refus, Jésus continue son chemin. Jésus ne va jamais céder au découragement. Il va pleurer devant Jérusalem qui ne l’accepte pas, mais sa tristesse ne l’empêchera pas de toujours avancer. On dit que le découragement est l’arme favorite de Satan … et je le crois vraiment. Je m’engage dans ma paroisse, dans telle ou telle œuvre et je constate que mon église se vide de plus en plus. Alors, j’ai envie de tout arrêter. Ah oui, le Malin se réjouit : il a gagné. Eh bien non, résistons. Comme Jésus, continuons notre route, peut-être d’une autre manière, par un « autre chemin » comme les Mages après avoir vu Jésus … peu importe, mais continuons d’avancer, puisque nous sommes « pèlerins d’espérance ». Amen
R/ Conduis-nous sur tes chemins.
Ouvre à ton peuple la voie du salut,
mets en nous le désir de te ressembler.
Apprends-nous à te reconnaître en nos frères,
rends-nous attentifs à leur souffrance.
Accorde-nous d’accomplir ta volonté,
fais-nous la grâce d’un cœur qui te cherche.
Donne à tes frères de former un seul corps,
oublie nos fautes contre l’unité.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

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