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Vendredi de la 5ème semaine de Carême

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ;  Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. » Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains. Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui.

Dans l’Évangile, la scène est presque touchante… et un peu comique, si l’on ose dire. Les interlocuteurs de Jésus s’exclament, un peu scandalisés : « Tu es un homme… et tu te fais Dieu ! » On les imagine : bras croisés, sourcils froncés, théologiens improvisés d’un instant, essayant de faire entrer Dieu… dans leurs petites cases bien rangées. Et, au fond, on ne peut pas vraiment leur en vouloir.
Ils ne sont pas forcément de mauvaise volonté. Ils font ce que nous faisons tous : ils comprennent… avec ce qu’ils ont en tête. Chacun arrive avec ses idées, ses images, ses définitions de Dieu. Un peu comme ces vieilles valises qu’on traîne depuis longtemps : on ne sait plus très bien ce qu’il y a dedans, mais on est sûr que c’est important.
Et là, on pense à cette phrase attribuée à Voltaire : « Dieu a créé l’homme… et l’homme le lui a bien rendu. » Autrement dit : l’homme fabrique Dieu à son image. Mais l’Évangile vient tout bouleverser. Car, dans la foi chrétienne, ce n’est pas l’homme qui fabrique Dieu… c’est Dieu qui vient doucement défaire nos fabrications. Et Jésus, comme souvent, ne corrige pas tout d’un coup. Il ne fait pas un cours magistral en trois points bien structurés. (Il aurait pourtant gagné du temps…)
Non. Il laisse un espace. Un chemin. Un peu de flou. Parce que la foi, finalement, c’est souvent un malentendu traversé avec Dieu. Augustin l’a dit avec une pointe d’audace : « Si tu comprends, ce n’est pas Dieu. » Bon… c’est un peu radical. Mais reconnaissons-le : si nous comprenions tout de Dieu, il serait à notre taille… et ce serait un peu inquiétant !

Alors Jésus change de registre. Il dit, en substance : « Regardez… ce que je fais. » Pas seulement ce que je dis. Regardez les œuvres. 
Et là, la question devient très belle pour nous : Et si Dieu parlait déjà dans notre vie… sans que nous nous en rendions compte ? Dans un geste simple, dans une fidélité discrète, dans un bien que nous faisons presque “par réflexe”… Grégoire le Grand écrivait : « Les œuvres extérieures révèlent la réalité intérieure. » Autrement dit : il y a peut-être déjà, en nous, plus de Dieu que nous ne le pensons.
Mais voilà : les interlocuteurs veulent absolument définir Jésus. Le classer. Le ranger. Mettre une étiquette : « Dieu — rayon théologie — troisième étagère à gauche. »

Et Jésus… échappe. Toujours. Et nous aussi, parfois, nous faisons la même chose : nous réduisons Dieu à ce que nous comprenons, à ce que nous attendons, à ce que nous maîtrisons.
Mais Dieu… déborde. Toujours. Plus je crois le connaître, plus je découvre qu’il est encore plus grand. Bernard de Clairvaux le dit magnifiquement : « Dieu est cherché pour être trouvé, et trouvé pour être cherché encore. » Et au fond, c’est une très bonne nouvelle. Parce que cela veut dire : qu’il y aura toujours de la surprise, toujours du neuf, toujours de la vie. Avec Dieu, on n’a jamais fini de découvrir.
Et heureusement… Sinon, la foi deviendrait un manuel. Alors qu’elle est une aventure.

Dieu fidèle, rocher dressé au cœur des tempêtes, abri pour ceux qui cherchent un refuge, toi qui entends le cri de tes prophètes quand la nuit semble trop lourde, toi qui soutiens ton Fils lorsque les pierres se lèvent contre lui, incline ton oreille vers ton peuple en prière.

Pour ton Église, envoyée comme une lampe fragile dans les vents du monde, donne-lui la force paisible de ton Esprit, qu’elle ne cède ni aux cris ni aux peurs, mais qu’elle demeure enracinée dans ta vérité, comme un arbre planté près des eaux vives, fidèle jusqu’au jour où tu accomplis toute chose. Seigneur, nous te prions.

Pour les peuples de la terre,là où grondent les orages de la discorde, où les cœurs se ferment et les mains se durcissent, fais lever des semeurs de paix, des veilleurs de justice, qui ouvrent des chemins de rencontre et rendent à chaque visage sa dignité. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui marchent dans la vallée de l’épreuve, ceux dont le cœur est blessé ou fatigué, ceux que l’incompréhension isole et que le rejet éprouve, sois pour eux un rocher où s’abriter, une source dans le désert, et fais grandir en eux la certitude que jamais tu ne les abandonnes. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui cherchent ton visage, pour ceux dont la foi vacille comme une flamme au vent, ouvre leurs yeux aux signes discrets de ta présence, à la trace de tes pas dans leur vie, et fais renaître en eux une espérance plus forte que leurs doutes. Seigneur, nous te prions.

Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, toi qui connais nos peurs et nos combats, apprends-nous à déposer entre tes mains ce qui nous pèse et nous inquiète, à marcher à la suite de ton Fils dans la confiance et dans la paix, jusqu’à ce que ton jour se lève en nous. Seigneur, nous te prions. 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …


Aujourd’hui, prends une situation : une inquiétude, une tension, une fatigue et fais un geste simple : la nommer devant Dieu puis dire intérieurement : « Seigneur, tu es avec moi. » Pas besoin de solution immédiate. Juste poser un acte de confiance.



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