Mardi de Pâques
En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.
Il y a, dans ce matin de Pâques qui se prolonge, quelque chose de très humain… et de profondément divin. Un mélange de lumière… et de larmes.
Dans la première lecture, Pierre parle. Mais ce n’est plus tout à fait le même Pierre. Celui qui avait renié… devient celui qui annonce. Celui qui avait eu peur… devient celui qui ose dire : « Convertissez-vous… et vous recevrez le don de l’Esprit Saint. » Autrement dit : Pâques n’est pas seulement un événement à admirer… C’est une vie à recevoir. C’est comme un recommencement. Comme si Dieu nous disait : « Tu peux repartir. Tu peux renaître. » Et cela porte un nom très concret : le baptême. Pas seulement celui que nous avons reçu un jour… (peut-être avec une jolie robe blanche et des photos un peu floues…) Mais un baptême à vivre aujourd’hui.Plonger dans la vie de Dieu. Sortir de l’eau… autrement. Un peu plus vivant. Un peu plus libre.
Après l’appel du baptême dans la première lecture, le psaume ne nous met pas en marche… il nous met en confiance. « Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu’il fait. » Voilà peut-être le premier pas du chemin pascal : non pas faire… mais s’appuyer. Car apprendre à vivre, dans la foi, ce n’est pas d’abord réussir son parcours spirituel… c’est découvrir que Dieu, lui, ne dévie pas. Sa parole est droite. Ses œuvres sont sûres. Même quand notre vie, elle, ressemble davantage à un sentier de montagne qu’à une autoroute bien tracée… Et le psaume ajoute : « la terre est remplie de son amour. » Pas seulement les églises. La terre. Toute la terre. Même les zones un peu désertiques de nos vies. Même les endroits où nous n’irions pas spontanément chercher Dieu. Puis vient cette phrase magnifique : « Le Seigneur veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour. » Voilà l’attitude du croyant pascal : mais quelqu’un qui espère. Quelqu’un qui se tient, un peu comme Marie Madeleine, entre les larmes et la lumière, et qui choisit de faire confiance.Et enfin :« Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. » Attendre… Mot difficile pour nous. Nous préférons agir, comprendre, prévoir… Mais le psaume nous apprend autre chose : demeurer. Comme quelqu’un qui veille dans la nuit, sachant que l’aube viendra.Alors, si la première lecture nous disait : “Replonge dans la vie nouvelle du baptême”, le psaume nous murmure : “Et maintenant… fais confiance. Même si tu ne vois pas encore tout.”Car la foi pascale, au fond, c’est s’appuyer sur une fidélité plus grande que nous.
Et enfin l’Évangile. Et là… tout se concentre dans une question. Une question posée deux fois. À Marie Madeleine : « Pourquoi pleures-tu ? » Question étrange. Parce que, franchement, elle a de bonnes raisons de pleurer. Le tombeau est vide. Le corps a disparu. Le monde s’est effondré. Et pourtant… on lui pose la question. Pour l’ouvrir. Comme si Dieu disait : « Ta tristesse est réelle… mais elle n’est pas toute la réalité. » Et la deuxième fois, la question s’approfondit : « Qui cherches-tu ? » Ah… voilà. On passe des larmes… à la quête. Du chagrin… au désir.Car Marie Madeleine cherche. Elle cherche un mort… et elle va rencontrer un Vivant. Elle cherche un souvenir… et elle découvre une présence.Et au cœur de tout cela, il y a ce moment bouleversant : Jésus l’appelle par son nom. « Marie. » Et tout bascule. La foi commence dans une relation.
Alors aujourd’hui, trois chemins s’ouvrent devant nous : Replonger dans la grâce de notre baptême, renaître, encore. Apprendre à marcher, même maladroitement, mais avec Dieu. Entendre cette question : « Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »Et peut-être découvrir, au détour de notre journée, que quelqu’un nous appelle… par notre nom.Et si c’est le cas… alors tout pourra recommencer.
Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia !
Pour ton Église, née de l’eau et de l’Esprit, qu’elle fasse sans cesse mémoire de son baptême, et qu’elle conduise les hommes sur les chemins de la vie véritable ; qu’elle soit, au cœur du monde, une source où l’on peut renaître. Seigneur, nous te prions.
Pour les peuples de la terre, là où les routes semblent perdues, là où l’humanité marche dans l’incertitude, apprends aux hommes tes chemins de paix, et fais lever des guides selon ton cœur. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui pleurent, ceux qui cherchent sans trouver, ceux qui vivent dans le manque et l’absence, viens les rejoindre dans leur nuit, et fais entendre pour eux une parole qui relève et qui appelle à la vie. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui cherchent Dieu, sans toujours savoir le nommer, ceux qui avancent dans le doute, ceux qui espèrent sans voir, révèle-toi à eux comme une présence vivante, et appelle-les par leur nom. Seigneur, nous te prions.
Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, renouvelle en nous la grâce de notre baptême, apprends-nous à marcher à ta suite, et donne-nous de reconnaître ta voix dans le quotidien de nos vies. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …
Pour ton Église, née de l’eau et de l’Esprit, qu’elle fasse sans cesse mémoire de son baptême, et qu’elle conduise les hommes sur les chemins de la vie véritable ; qu’elle soit, au cœur du monde, une source où l’on peut renaître. Seigneur, nous te prions.
Pour les peuples de la terre, là où les routes semblent perdues, là où l’humanité marche dans l’incertitude, apprends aux hommes tes chemins de paix, et fais lever des guides selon ton cœur. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui pleurent, ceux qui cherchent sans trouver, ceux qui vivent dans le manque et l’absence, viens les rejoindre dans leur nuit, et fais entendre pour eux une parole qui relève et qui appelle à la vie. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui cherchent Dieu, sans toujours savoir le nommer, ceux qui avancent dans le doute, ceux qui espèrent sans voir, révèle-toi à eux comme une présence vivante, et appelle-les par leur nom. Seigneur, nous te prions.
Pour nous tous rassemblés aujourd’hui, renouvelle en nous la grâce de notre baptême, apprends-nous à marcher à ta suite, et donne-nous de reconnaître ta voix dans le quotidien de nos vies. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …

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