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Samedi de la 8ème semaine

du Temps de l'Eglise

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, Jésus et ses disciples revinrent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les grands prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver. Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou alors qui t’a donné cette autorité pour le faire ? » Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela : le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Ils se faisaient entre eux ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Mais allons-nous dire : “Des hommes” ? » Ils avaient peur de la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète. Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Alors Jésus leur dit : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »

Les chefs du peuple posent aujourd’hui à Jésus une question très sérieuse : « Par quelle autorité fais-tu cela ? » Autrement dit, dans des termes moins académiques : « Mais enfin… pour qui te prends-tu ? » Et il faut reconnaître que Jésus venait tout de même de faire un peu de remue-ménage dans le Temple. Les tables renversées de la veille n’avaient probablement pas encore été remises bien droites… Alors les autorités demandent des comptes.

Mais Jésus, comme souvent, répond par une autre question. C’est une méthode très juive. Et avouons-le : cela ressemble parfois à certains jésuites qui répondent à une question par une autre question. On repart sans réponse… mais avec matière à réfléchir pendant trois jours.

Le vrai problème n’est pas l’autorité de Jésus. Le vrai problème,
c’est que ces hommes refusent d’ouvrir leur cœur à ce que Dieu est en train de faire. Ils veulent maîtriser Dieu. Le ranger dans leurs catégories. Le contrôler. Mais Dieu est toujours plus grand que nos systèmes bien organisés. La lettre de saint Jude nous donne aujourd’hui une magnifique direction : « Construisez votre vie sur votre foi très sainte. » Construire, un beau verbe de maçon. Le chrétien n’est pas appelé à simplement “consommer” la foi, comme on regarde la météo pour savoir quand les orages vont arriver. La foi est une maison à bâtir. Pierre après pierre et jour après jour. Avec des moments lumineux… et d’autres où l’on cherche encore les plans de l’architecte. 

Le psaume chantait : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube ; mon âme a soif de toi. » Hier, la soif ou plutôt la faim de Dieu avec le figuier stérile et aujourd’hui, notre soif … Toute la Bible est traversée par cette soif. Et derrière toutes nos petites soifs humaines, il y a souvent une immense soif de Dieu. C’est la phrase archi-connue d’Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. » Nous sommes faits pour l’infini.

Dans l’Évangile, les autorités religieuses semblent très sûres d’elles-mêmes. Mais au fond, elles ont peur. Peur de perdre leur place. Peur de reconnaître qu’un prophète puisse les déranger. Alors elles préfèrent rester dans l’ambiguïté : « Nous ne savons pas. » Cette phrase est presque triste. Car parfois, on ne veut pas savoir. Comme parfois des personnes qui refusent d’aller voir le médecin de peur d’apprendre une maladie. On préfère garder une foi confortable, sans conversion réelle. Jésus, lui, ne force jamais les cœurs. Il propose. Mais il laisse chacun libre. Blaise Pascal écrivait : « Il y a assez de lumière pour ceux qui veulent croire, et assez d’obscurité pour ceux qui ne le veulent pas. »
Dieu ne s’impose pas. Il se laisse chercher. Et pourtant, au milieu de toutes nos hésitations, la bonne nouvelle est immense : Dieu demeure fidèle.

La conclusion, elle est chez Jude : « À Celui qui peut vous préserver de la chute et vous faire tenir debout, irréprochables et pleins d’allégresse » Pleins d’allégresse ! Le but de la vie chrétienne n’est pas la peur. C’est la joie. Pas une joie superficielle, mais cette joie profonde de savoir que nous sommes aimés, portés, attendus. Alors, selon une expression de notre Pape François : « N’ayons pas une figure de piment dans le vinaigre ».  Amen 

 Pour l’Église,
appelée à annoncer l’Évangile 
au milieu des doutes et des questions du monde,
qu’elle demeure humble dans son témoignage,
ardente dans la charité
et joyeuse dans l’espérance.
Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui cherchent un sens à leur vie,
ceux qui traversent la fatigue, le doute ou la solitude,
que le Seigneur rallume en eux la lumière de l’espérance
et leur fasse découvrir sa présence fidèle.
Seigneur, nous te prions.

Pour les responsables des peuples et des communautés,
afin qu’ils recherchent humblement la vérité
et servent le bien commun avec justice et sagesse.
Seigneur, nous te prions.

Pour notre communauté rassemblée aujourd’hui,
que nous apprenions à bâtir notre vie sur la foi,
à demeurer dans l’amour de Dieu
et à porter des fruits de paix et de bonté.
Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


 Aujourd'hui : prendre cinq minutes de silence réel avec Dieu. Sans téléphone. Sans bruit. Sans agitation. Simplement demeurer devant lui, comme le psalmiste : « Mon âme a soif de toi. »

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