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 Saint Barnabé


 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »

Vous en avez sûrement déjà fait l'expérience : une personne entre dans une pièce et, sans faire de bruit, apporte de la lumière. Elle ne cherche pas les projecteurs, mais elles permet aux autres de rayonner. Saint Barnabé est de ceux-là.
Son nom signifie « fils de l'encouragement » ou « fils de la consolation ». Quelle belle vocation ! Dans un monde où tant de voix découragent, Barnabé est un homme qui relève, qui rassemble, qui ouvre des chemins.

La première lecture nous montre une Église en pleine croissance. « La main du Seigneur était avec eux ». Ce n'est pas d'abord l'efficacité des hommes qui fait naître l'Église, mais la présence agissante de Dieu. Quand Barnabé arrive à Antioche, saint Luc nous dit : « voyant la grâce de Dieu à l'œuvre, il fut dans la joie ».
Voilà un premier enseignement. Barnabé sait reconnaître l'action de Dieu là où elle surgit. Il ne jalouse pas. Il ne contrôle pas. Il ne critique pas. Il se réjouit.C'est un art spirituel devenu rare. Car il est parfois plus facile de voir ce qui manque que de contempler ce que Dieu accomplit. Plus facile de compter les nuages que les étoiles. Barnabé, lui, regarde avec les yeux de la foi.
Et cette joie devient féconde. Il part chercher Saul à Tarse. Quel geste extraordinaire ! Il aurait pu garder la première place. Au contraire, il va chercher celui qui deviendra saint Paul. Les grands saints ne fabriquent pas des admirateurs ; ils suscitent d'autres saints.
Barnabé ressemble à ces jardiniers qui passent leur temps à faire fleurir les autres. Quand la fleur éclot, ils ne signent pas les pétales.

Dans la seconde partie de la lecture, l'Esprit Saint parle : « Mettez à part pour moi Barnabé et Saul ».
L'Église prie, jeûne et écoute. Puis elle envoie. C'est toute la dynamique missionnaire de l'Évangile. On ne garde pas le trésor pour soi. La foi n'est pas un objet de collection ; elle est une source qui ne reste vive qu'en coulant.

L'Évangile de Matthieu éclaire alors magnifiquement la figure de Barnabé. Jésus envoie ses disciples avec des consignes étonnantes : « Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche ». « Annoncez une proximité. » Le Royaume est proche parce que Dieu est proche. Et Jésus ajoute : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement ».

Barnabé a compris cette logique du don. Toute sa vie est une circulation de grâce. Il reçoit la joie du Christ ; il transmet la joie du Christ. Il reçoit la confiance ; il donne confiance. Il reçoit la miséricorde ; il offre la miséricorde. Le chrétien n'est jamais propriétaire des dons de Dieu. Il en est le passeur.

Et Jésus va plus loin encore : « Ne vous procurez ni or ni argent ». Cela ne signifie pas que Dieu méprise les réalités matérielles. Cela signifie que la force de la mission ne repose pas sur nos moyens mais sur la fidélité du Seigneur.
Saint Jean Chrysostome commentait ainsi ce passage : « Il les rend plus brillants que les rois en les envoyant sans rien ». Car celui qui n'a que Dieu découvre souvent que Dieu lui suffit.

Barnabé part sans certitude humaine, mais avec la certitude divine. Et quelle aventure commence alors ! Les chemins de la Méditerranée deviennent les chemins de l'Évangile. Les ports, les marchés, les maisons, les places publiques deviennent des lieux de grâce. Le monde change parce que quelques hommes ont cru que la Parole de Dieu était plus forte que leurs peurs.

Notre monde manque parfois de Barnabé. Il manque de personnes capables de voir la grâce avant les défauts. De bénir avant de juger. D'encourager avant de condamner. De faire confiance avant de soupçonner.

Peut-être que la mission que Dieu nous confie aujourd'hui n'est pas de traverser la Méditerranée comme Barnabé, mais de traverser un palier, un bureau, une salle de classe ou une table familiale avec un cœur missionnaire. La sainteté commence souvent à quelques mètres de chez soi.

Alors demandons aujourd'hui la grâce de saint Barnabé : un regard qui reconnaît l'œuvre de Dieu, une parole qui relève les autres, une joie qui se communique, et un cœur assez libre pour partir là où l'Esprit nous envoie. Et si quelqu'un vous demande aujourd'hui ce qu'est un chrétien, vous pourrez répondre avec un sourire : « C'est quelqu'un qui voyage léger parce qu'il transporte déjà un Royaume. » Amen.

Dieu notre Père, toi qui as fait grandir l'Église d'Antioche et qui as envoyé Barnabé et Paul jusqu'aux extrémités du monde, renouvelle aujourd'hui l'ardeur missionnaire de ton peuple ; donne aux évêques, aux prêtres, aux diacres, aux consacrés et à tous les baptisés un cœur disponible à l'Esprit et une joie contagieuse dans l'annonce de l'Évangile.

Toi qui veux rassembler l'humanité dispersée comme un berger rassemble son troupeau, inspire aux gouvernants des pensées de justice, de paix et de réconciliation ; fais tomber les murs de haine, apaise les violences et ouvre des chemins de dialogue entre les peuples.

Père des miséricordes, regarde les personnes accablées par la maladie, le deuil, la solitude, le chômage ou l'épreuve intérieure ; envoie auprès d'elles des « Barnabé » capables d'apporter une parole de consolation, un geste de fraternité et la lumière de l'espérance.

Souviens-toi de ceux qui annoncent le Christ dans des conditions difficiles ; qu'ils trouvent leur force dans ta Parole, leur richesse dans ta grâce et leur paix dans la certitude que tu marches avec eux sur toutes les routes du monde.

Comme les disciples d'Antioche qui furent appelés chrétiens pour la première fois, fais de nous un peuple reconnaissable à son amour ; que nos maisons deviennent des lieux d'accueil, nos paroles des semences d'espérance et nos vies un reflet de la bonté du Christ.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

 Aujourd'hui, poser un acte de fidélité dans une petite chose que l'on remet parfois à plus tard.
Car les grands feux de Dieu commencent souvent par une toute petite flamme entretenue avec amour.

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