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 Samedi de la 11ème semaine du Temps de l'Église 


 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

Où est notre confiance ?

Dans la première lecture, le roi Joas avait pourtant bien commencé. Sous la conduite du prêtre Joad, il avait restauré le Temple et marché dans les voies du Seigneur. Mais après la mort de Joad, il change de cap. Il écoute les courtisans, abandonne le Seigneur et finit même par faire mettre à mort Zacharie, le fils de son bienfaiteur.
Quelle tristesse ! On pourrait presque dire que Joas ressemble à ces personnes qui commencent un régime le lundi matin et le terminent le lundi midi – expérience souvent vécue – ou d’autres qui font un planning le mercredi des Cendres qui tient jusqu’au dimanche – expérience aussi souvent vécue - ! Plus sérieusement, cette histoire nous rappelle que la fidélité ne se joue pas seulement dans les grands moments d'enthousiasme, mais dans la durée. Benoît XVI disait : « La foi n'est pas une théorie, mais une rencontre qui donne une orientation décisive à la vie. » Joas avait rencontré le Seigneur, mais il a laissé d'autres voix devenir plus importantes. La question est donc : qui influence nos choix ?

Dans l'Évangile, Jésus est très direct : « Nul ne peut servir deux maîtres ». Comme toujours, on est dans l’absolu.  Jésus ne dit pas qu'il est difficile de servir deux maîtres. Il dit que c'est impossible. Nous aimerions parfois négocier, comme on le fait avant et après un protocole d’accord : « Seigneur, je te donne mon cœur... mais je garde quelques réserves. » « Je te fais confiance... mais seulement si tout se passe comme prévu. » Or Jésus nous rappelle qu'un cœur partagé finit toujours par se fatiguer. C’est la parole célèbre d’Augustin : « Notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en toi. » Nous cherchons souvent la sécurité dans l'argent, la réussite, l'image que les autres ont de nous. Mais ces maîtres-là sont exigeants : ils promettent beaucoup et donnent peu ; les taux d’intérêt sont très bas ... Le Christ, lui, ne promet pas une vie sans difficultés ; il promet sa présence au milieu des difficultés.


« Regardez les oiseaux du ciel ».Voici sans doute l'une des pages les plus tendres de l'Évangile. Jésus nous invite à devenir observateurs de la création ! Nous voilà franciscains. Il aurait pu dire : « Consultez un traité de théologie. » Il dit : « Regardez les oiseaux. » Les oiseaux ne possèdent ni compte bancaire, ni agenda électronique, ni assurance-vie, et pourtant le Père les nourrit.
Attention : Jésus ne fait pas l'éloge de la paresse. Les oiseaux travaillent beaucoup ! Mais ils ne vivent pas dans l'angoisse. Le problème n'est pas de prévoir. Le problème est de croire que tout dépend de nous. Saint François de Sales écrivait : « Ne prévoyez rien avec inquiétude, mais remettez-vous entièrement entre les mains de Dieu. »

Puis Jésus conclut : « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice ». Autrement dit : « cherchez d'abord Dieu et le reste trouvera sa juste place.

La foi n'est pas l'absence de soucis. La foi consiste à ne pas laisser les soucis devenir notre maître. Alors aujourd'hui, confions au Seigneur ce qui nous préoccupe et redisons-lui simplement : « Père, je ne sais pas tout, je ne maîtrise pas tout, mais je sais que tu prends soin de moi. »

Père, sur ton Église répandue aux quatre vents du monde, pose ton regard de tendresse. Qu'elle soit, au milieu des nations, comme une lampe dans la nuit, comme un arbre offrant son ombre aux voyageurs, comme une source où les cœurs assoiffés viennent puiser la vie.

Père, regarde les peuples de la terre, ceux qui gouvernent et ceux qui servent. Fais descendre sur eux la rosée de ta sagesse. Que les ambitions qui divisent s'effacent devant le désir de bâtir la paix, et que la justice fleurisse comme un jardin après la pluie.

Père, souviens-toi de ceux dont le cœur est envahi par les inquiétudes, de ceux qui peinent sous le poids des soucis, des malades, des pauvres, des exilés, des personnes seules. Quand leurs forces s'épuisent, sois leur abri dans la tempête, leur lumière au bord du chemin,leur espérance au milieu de la nuit.

Père, veille sur les jeunes qui cherchent leur route, sur ceux qui discernent un appel, sur ceux qui hésitent devant l'avenir. Que ton Esprit ouvre devant eux des chemins de confiance. Apprends-leur à regarder plus loin que leurs peurs, comme l'oiseau qui s'élance dans le ciel porté par le vent.

Père, pour notre assemblée réunie en ton nom : délie nos cœurs des inquiétudes stériles, des calculs qui enferment, des peurs qui paralysent.Apprends-nous à chercher d'abord ton Royaume, afin que notre vie devienne un chant de confiance, et que nos jours soient comme une terre ouverte à ta grâce.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

 Aujourd’hui, chaque fois qu'une inquiétude surgira, transforme-la immédiatement en une courte prière. Par exemple : « Seigneur, tu sais. Je te fais confiance. » Ainsi, au lieu de nourrir l'inquiétude, tu nourriras la confiance.



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