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 Jeudi de la 11ème semaine du Temps de l'Église 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

Les lectures de ce jour nous parlent de la puissance de la parole. Mais attention : pas de la parole qui fait du bruit. De la parole qui vient de Dieu et qui conduit à Dieu. Le livre du Siracide brosse aujourd'hui un magnifique portrait du prophète Élie : « Alors se leva le prophète Élie comme un feu, sa parole brûlait comme une torche ». Élie, ce n'était pas un homme puissant selon les critères du monde, il n’appartenait pas au G7. Il n'avait ni porte-avions ni palais. Pourtant, sa parole bouleversait les consciences.  Pourquoi ?  Tout simplement peut-être parce qu'elle était habitée par Dieu. Nous vivons dans un monde de paroles, de commentaires et d'opinions. Nous parlons beaucoup, mais fondamentalement est-ce que nos paroles éclairent, consolent, font grandir la vie ? Comme le rappelait saint François de Sales : « Une parole dite avec douceur a plus de force qu'un discours prononcé avec violence. »

Le croyant que nous sommes, est appelé à laisser Dieu purifier son langage afin que ses mots deviennent des semences d'espérance. Dans l'Évangile, Jésus nous met en garde : « Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens ». Dieu n'est pas impressionné par la quantité de nos mots. Il n'a pas besoin d'être informé de ce que nous vivons : il se sait bien mieux que nous. Jésus ajoute : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé ». Alors pourquoi prier ? Vous connaissez la phrase : « moi je prie, je vais à la messe quand j’en ai besoin voire quand j’ai besoin de Dieu ».  Ben non … je n’y vais ni pour moi, ni pour changer Dieu, mais pour me laisser changer par lui. Un enfant n'entre pas dans la chambre de son père uniquement pour lui demander quelque chose ; il y entre parce qu'il l'aime et qu'il veut être avec lui. La prière chrétienne n'est pas une formule magique ; elle est une relation vivante.

 

Jésus nous donne ensuite la plus belle de toutes les prières. Le Notre Père commence par Dieu : « Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne ». Puis il rejoint nos besoins : « Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour ». Enfin, il ouvre notre cœur au pardon : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ». Trois étapes du Pater.

Il est remarquable … et embêtant aussi … que Jésus conclue son enseignement en revenant précisément sur ce point. Le pardon est souvent la demande la plus difficile du Notre Père. Nous demandons parfois à Dieu de nous aimer davantage que nous n'aimons nous-mêmes les autres ! Pardonner ne signifie pas oublier ni excuser le mal. Pardonner, c'est refuser que le mal ait le dernier mot. Quand nous pardonnons, nous ressemblons au Père dont la miséricorde est sans mesure. Aujourd'hui, le Seigneur nous invite à devenir, à la suite d'Élie, des hommes et des femmes dont la parole porte la lumière. Il nous invite surtout à entrer dans une prière simple, confiante et filiale.

Que le Notre Père ne soit pas seulement une formule récitée de mémoire, mais le souffle même de notre vie chrétienne.


Père très saint, toi qui conduisis Élie dans le feu de ta présence et qui soutiens ton Église au long des siècles, garde-la humble comme la terre qui reçoit la pluie, fidèle comme la lampe qui veille dans le sanctuaire, joyeuse comme l'aurore après la nuit.
Que ses pasteurs, ses consacrés et tous les baptisés cherchent moins à être vus qu'à laisser transparaître ton visage.

Père des vivants, regarde les nations déchirées par les guerres, les peuples qui marchent dans la peur, les familles dispersées par l'exil et la violence. Là où les hommes dressent des murs, fais naître des artisans de ponts ;là où gro ndent les armes,fais refleurir les oliviers de la paix ; là où s'épaississent les ténèbres, fais lever l'étoile de l'espérance.

Père qui vois dans le secret, bénis les mains qui soignent sans relâche, les cœurs qui prient sans être remarqués, les personnes âgées qui offrent leurs journées, les malades qui transforment leur épreuve en intercession, les âmes discrètes qui portent le monde dans leur prière.
Que leur vie cachée devienne dans ton Royaume une moisson de lumière et de paix.

Père de toute consolation, penche-toi sur ceux dont les yeux sont fatigués d'attendre, sur ceux dont le cœur est blessé, sur ceux dont les nuits sont longues.
Qu'ils découvrent, au creux même de leur désert, la fraîcheur de ta présence, comme Élisée trouva la force de poursuivre sa route lorsque son maître lui fut enlevé.

Père très aimant, apprends-nous la fécondité des graines enfouies, la patience des racines invisibles, la beauté des gestes accomplis par amour seul.
Fais de nous un peuple de prière sincère, de charité délicate et de joie simple.
Que nos vies deviennent des évangiles silencieux où chacun puisse deviner la douceur de ton cœur.

Père de miséricorde, répands ton Esprit sur nos paroisses, nos monastères, nos maisons religieuses et toutes les personnes confiées à notre mission.
Que le manteau de l'Évangile passe encore aujourd'hui de génération en génération, et que jamais ne s'éteigne le feu que tu allumes dans les cœurs.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

 Aujourd’hui, accomplir volontairement un acte de bonté ou de service sans en parler à personne : et le garder comme un secret partagé entre Dieu et vous.



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