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 Mercredi de la 12ème semaine du Temps de l'Église 


 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?” Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.

Des maisons, pas seulement de maisons de pierre, mais de cette maison intérieure qu'est notre vie.

Dans le deuxième livre des Rois, Jérusalem est prise par Nabuchodonosor. Le roi Jékonias est déporté, les trésors du Temple sont emportés, le peuple connaît l'humiliation de l'exil. Tout ce qui semblait solide s'effondre. Dans l'Évangile, Jésus nous parle également d'une maison : « Tout homme qui écoute les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc ». D'un côté, une ville qui s'écroule. De l'autre, une maison qui demeure. Quel est donc le secret ? Le drame de Jérusalem n'est pas d'abord militaire. La Bible ne fait jamais une lecture purement politique des événements. Depuis des générations, les prophètes avaient averti : « Revenez au Seigneur ! » Mais le peuple avait fini par croire que posséder le Temple suffisait. Comme si l'on pouvait vivre loin de Dieu tout en conservant ses bénédictions. Comme si une belle façade pouvait remplacer les fondations. Or les fondations étaient déjà fissurées. Et lorsque la tempête est venue, tout s'est écroulé.

Jésus reprend exactement cette image. Remarquons bien : les deux hommes construisent une maison. Les deux entendent la parole. Les deux semblent religieux. La différence ne se voit pas immédiatement. Elle apparaît lorsque vient la pluie. Saint Jean Chrysostome remarque : « Le Christ ne dit pas : celui qui entend, mais celui qui entend et met en pratique. » Autrement dit, la foi n'est pas un abonnement à une chaîne spirituelle. Elle n'est pas seulement un contenu à écouter. Elle devient une vie à habiter.

Il y a même dans cet Évangile une pointe d'humour très évangélique. Imaginez un homme qui construit sa maison sur le sable. Au premier regard, c'est très pratique ! Pas besoin de creuser. Pas besoin de se fatiguer. Tout va plus vite. On pourrait presque dire qu'il est un adepte du « chantier express » ; vous savez, cette émission où l’on bâtit une maison en une semaine pour aider une famille … Mais la pluie, elle, ne consulte pas les délais de construction. Et les tempêtes ont la mauvaise habitude de révéler ce que les apparences cachent.

Nous aussi, nous aimerions parfois une sainteté sans fondations : une patience sans effort, une charité sans pardon, une foi sans conversion. Le Seigneur nous aime trop pour nous laisser croire à ces raccourcis.

Ce qui frappe dans l'Évangile, c'est que Jésus ne promet pas l'absence de tempêtes. La pluie tombe sur les deux maisons. Les torrents arrivent pour les deux. Les vents soufflent contre les deux. Le chrétien n'est pas dispensé des difficultés. La différence est ailleurs. Il n'est pas seul pour les traverser. Et il possède un roc : le Christ.

Construire sur le roc, c'est construire sur sa parole, sur sa présence, sur son amour fidèle. Le sable, au contraire, représente tout ce qui passe : les modes, les opinions, les succès, les sécurités illusoires.
Aujourd'hui cela paraît solide ; demain cela s'effrite entre les doigts.
L'exil de Juda et l'enseignement de Jésus nous adressent donc la même question : Sur quoi repose notre vie ? Saint Benoît écrit dans sa Règle pour les moines : « Ne rien préférer à l'amour du Christ. »
Voilà le roc. Tout le reste est précieux, mais tout le reste est fragile.

Il y a une bonne nouvelle dans ces lectures. Même après l'exil, Dieu n'abandonnera pas son peuple. Même après les ruines, il préparera un retour. Même après nos erreurs, il continue de bâtir. Car le Seigneur est un architecte patient. Chaque fois que nous revenons à lui, il reprend la construction. Chaque fois que nous tombons, il nous relève. Chaque fois que nous l'écoutons et mettons sa parole en pratique, une pierre nouvelle est posée sur le roc.
Demandons aujourd'hui la grâce non de construire vite, mais de construire profondément. Alors, lorsque viendront les pluies et les vents — car ils viendront — notre maison demeurera debout, non grâce à notre force, mais parce qu'elle reposera sur le Christ, le Roc. 

Seigneur Jésus, toi qui bâtis ton Église sur le fondement des Apôtres, affermis les pasteurs, les catéchistes, les missionnaires et tous les baptisés. Que leur parole soit enracinée dans l'Évangile et que leur vie rende visible la solidité de ton amour.

Seigneur, regarde les nations secouées par les guerres, les violences et les exils. Souviens-toi des familles contraintes de quitter leur terre, comme Juda connut autrefois la déportation. Fais naître des chemins de justice, et relève ceux dont l'espérance chancelle.

Seigneur, visite les personnes éprouvées par la maladie, le deuil, l'angoisse ou la solitude. Lorsque les vents contraires soufflent sur leur existence, sois leur refuge, leur force dans la nuit, leur lumière dans l'incertitude.

Seigneur, toi qui appelles chacun par son nom, guide ceux qui discernent leur vocation. Qu'ils découvrent la joie de bâtir leur vie sur ta parole et trouvent en toi un avenir plus vaste que leurs peurs.

Seigneur, fais de nous des artisans de fondations solides : dans nos familles, nos paroisses, nos engagements. Que nos paroles soient vraies, que nos gestes soient fidèles, et que notre charité demeure lorsque passent les émotions et les enthousiasmes du moment.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, choisir aujourd'hui une parole de Jésus et la mettre concrètement en pratique dans une situation précise.


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