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 Mercredi de la 10ème semaine
du Temps de l'Église

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Hier, des recettes de cuisine, et aujourd’hui un spectacle avec des effets spéciaux impressionnants.
Sur le mont Carmel, Élie affronte seul quatre cent cinquante prophètes de Baal. Il prépare son sacrifice, verse de l'eau dessus à plusieurs reprises, puis invoque le Seigneur.
Et soudain : « Le feu du Seigneur tomba et consuma l'holocauste. » 

Voilà une scène qui ferait pâlir les meilleurs artificiers du 21 juillet ! Mais derrière ce feu spectaculaire se cache une question très simple qu'Élie pose au peuple : « jusqu'à quand votre cœur sera-t-il partagé ? » Le véritable miracle n'est pas le feu. Le véritable miracle est la conversion. Le feu n'est qu'un signe destiné à rallumer une flamme plus importante : celle du cœur humain.
Car Dieu ne cherche pas d'abord à impressionner. Il cherche à être aimé.

Et c'est précisément ce que Jésus vient accomplir dans l'Évangile.
Il déclare : « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Accomplir, ce n'est pas ajouter des règles aux règles. C'est révéler leur véritable sens. La Loi donnée à Moïse était comme une lampe. Le Christ en est la lumière. La Loi indiquait le chemin. Le Christ devient lui-même le Chemin. Depuis Jésus, « il suffit d’aimer » … Lorsque l'amour de Dieu habite mon cœur, il devient la source de toutes tes actions. Et donc, plus besoin de lois.

Élie voulait rallumer le feu de l'Alliance. Jésus vient déposer ce feu dans le cœur même de l'homme. Le Carmel annonce la Pentecôte. Le feu extérieur devient feu intérieur. Et voilà pourquoi le Bienheureux Édouard Poppe, soyons chauvins, peut nous accompagner aujourd'hui. Prêtre du diocèse de Gand, à l’époque de la première guerre mondiale, toute sa vie fut une réponse à cette question d'Élie : « Jusqu'à quand votre cœur sera-t-il partagé ? 
Lui avait choisi. Il voulait appartenir totalement au Christ. Prêtre diocésain, il consacra une grande partie de son ministère à l'éducation chrétienne des enfants et à faire découvrir la grandeur de l’eucharistie. Malgré une santé fragile, il rayonnait d'une joie profonde. Il écrivait : « Il faut devenir des saints. Voilà l'unique chose nécessaire. » « Je veux être un saint, un grand saint, un saint tout entier. »
On pourrait croire que la sainteté est réservée à quelques héros.
Mais Édouard Poppe répondrait probablement avec un sourire : « Non, la sainteté consiste surtout à laisser Dieu faire son travail. » 

Nous ressemblons parfois au peuple du Carmel. Nous aimerions garder plusieurs sécurités à la fois. Un peu de Dieu. Un peu de nous-mêmes. Un peu de confiance. Un peu de contrôle.
Mais le Seigneur ne réclame pas une partie de notre cœur. Il désire notre cœur tout entier.

Demandons aujourd'hui, avec le Bienheureux Édouard Poppe, la grâce de ne plus boiter entre plusieurs chemins. Et que notre vie puisse devenir, humblement mais réellement, une petite flamme qui éclaire ceux que Dieu place sur notre route. Amen.

Pour l'Église. Qu'elle soit dans le monde comme une lampe sur le lampadaire, gardienne de la flamme de l'Évangile, et témoin fidèle de l'amour qui sauve.

Pour les prêtres et les éducateurs. À l'exemple du Bienheureux Édouard Poppe, qu'ils sachent transmettre la foi avec simplicité, patience et enthousiasme.

Pour les peuples blessés par la guerre. Que le feu de la violence cède la place au feu de la fraternité, et que les responsables des nations recherchent sincèrement la paix.

Pour ceux dont la foi vacille, ceux qui doutent, ceux qui cherchent, ceux qui se sentent loin de Dieu.
Que l'Esprit Saint rallume en eux la lumière de l'espérance.

Pour les enfants et les jeunes. Que grandisse en eux le désir du vrai, du beau et du bien, et qu'ils découvrent dans le Christ un ami fidèle.

Pour notre communauté. Que notre participation à l'Eucharistie fasse de nous des témoins joyeux, capables de rayonner autour de nous la lumière reçue du Christ.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

 Aujourd'huiposer un acte de fidélité dans une petite chose que l'on remet parfois à plus tard.
Car les grands feux de Dieu commencent souvent par une toute petite flamme entretenue avec amour.

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