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Saint Boniface

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, quand Jésus enseignait dans le Temple, il déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ? David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !” David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir.

Nous passons souvent beaucoup de temps à regarder nos problèmes, nos inquiétudes, nos habitudes. Aujourd'hui, saint Paul et Jésus nous disent : « Regarde plus haut. »

Paul écrit à Timothée : « Depuis ton plus jeune âge, tu connais les Saintes Écritures ; elles ont le pouvoir de te communiquer la sagesse. » Quelle belle définition de notre Bible ! Elle n'est pas un livre ancien que l'on dépoussière de temps en temps; elle pas un musée de souvenirs religieux, mais une parole qui communique la sagesse, une parole qui fait vivre.
La Bible est un peu comme ces graines dont parle Jésus : elles semblent petites, discrètes, mais lorsqu'elles trouvent une terre accueillante, elles deviennent un arbre où les oiseaux peuvent faire leur nid.

Encore faut-il l'ouvrir...
Beaucoup de chrétiens possèdent une Bible. Certains savent même où elle est rangée. C'est déjà un excellent début ! Mais saint Paul nous invite à davantage : laisser cette Parole façonner notre cœur. Puis il ajoute : « Toute Écriture est inspirée de Dieu. » Le texte grec dit littéralement : « soufflée par Dieu ». L'Écriture porte encore aujourd'hui le souffle même de Dieu. Lorsque nous l'écoutons avec foi, ce n'est pas seulement un texte que nous entendons ; c'est une voix que nous accueillons.
Saint Jérôme écrivait : « Ignorer les Écritures, c'est ignorer le Christ. » Voilà pourquoi les saints étaient si amoureux de la Parole. Et parmi eux, aujourd'hui, saint Boniface. Moine anglais devenu missionnaire en Germanie, il traversa forêts, fleuves et montagnes pour annoncer l'Évangile. La tradition raconte qu'il abattit le fameux chêne sacré de Geismar, consacré au dieu Thor. Les populations attendaient la colère des dieux. Rien ne se produisit.Sauf une chose : l'Évangile continua à grandir. Boniface avait compris que la Parole de Dieu est plus solide que les idoles de toutes les époques.

L'Évangile, justement, nous déplace encore davantage. Jésus pose une question qui semble être une énigme : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est fils de David ? » Et il cite le psaume : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite. » Jésus ne nie pas qu'il soit fils de David. Mais il révèle qu'il est infiniment plus. Il est le Seigneur. Il est celui qui dépasse toutes les catégories humaines. Nous avons parfois tendance à vouloir enfermer Dieu dans nos définitions. Nous aimerions un Dieu prévisible. Un Dieu qui pense exactement comme nous. Un Dieu qui valide nos opinions, ça, ce serait encore mieux, "le pied" comme disent les jeunes ... Mais Jésus résiste toujours à nos petits potiquets. Chaque fois que nous croyons l'avoir compris, il nous ouvre un horizon plus vaste. Saint Augustin écrivait : « Si tu comprends, ce n'est pas Dieu. »  Vous l'avez compris, il ne dit pas que Dieu soit incompréhensible. Mais il est toujours plus grand que ce que nous pouvons saisir.

Saint Boniface n'a pas donné sa vie pour défendre une idée. Il a donné sa vie pour annoncer une personne. Et cette personne est Jésus Christ. Le texte de saint Paul se termine par une phrase magnifique : « Ainsi l'homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute œuvre bonne. » Voilà le but. Non pas accumuler des connaissances religieuses. Mais devenir capable de faire le bien. La vraie lecture de l'Évangile ne se mesure pas au nombre de pages lues. Elle se mesure à la quantité d'amour qui en jaillit.

En ce jour de saint Boniface, demandons la grâce d'aimer davantage les Écritures. Prenons le temps de les écouter. De les méditer. De les laisser nous transformer.
Et surtout, demandons la grâce de découvrir chaque jour davantage Celui dont elles parlent. Car au cœur de la Bible, il y a un visage. Celui du Christ vivant. Et ce visage est plus beau, plus grand et plus lumineux que tout ce que nous pouvons imaginer.

Pour l'Église répandue à travers le monde. Qu'elle demeure fidèle à la Parole qui lui est confiée ; qu'elle annonce le Christ avec audace, douceur et persévérance, jusque dans les terres où son nom est encore méconnu.

Pour les missionnaires, les catéchistes et tous ceux qui sèment l'Évangile. Que l'Esprit Saint soutienne leurs fatigues, féconde leurs efforts et fasse germer des fruits de sainteté dans les cœurs qu'ils rencontrent.

Pour les peuples déchirés par les conflits. Que la Parole de vérité fasse tomber les murs de la haine, qu'elle ouvre des chemins de justice et qu'elle prépare une paix solide comme le roc.

Pour ceux qui cherchent Dieu. Les jeunes en quête de sens, les personnes éloignées de la foi, ceux qui doutent ou qui hésitent. Que la lumière des Écritures éclaire leur route et les conduise vers le Christ vivant.

Pour notre communauté. Que nous devenions une terre accueillante à la Parole ; qu'elle transforme nos regards, nos paroles et nos gestes afin que notre vie elle-même devienne un Évangile ouvert.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


 Aujourd'hui : Aujourd'hui, prendre dix minutes pour lire lentement un passage de l'Évangile, en terminant par cette simple question : « Seigneur, quel mot veux-tu déposer dans mon cœur aujourd'hui ? »
Puis garder ce mot comme une petite lampe tout au long de la journée.

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