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Saint Charles Lwanga et ses compagnons

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

En ce temps-là, des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – vinrent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère. Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux. Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »

Si l'on devait résumer les lectures de ce jour en une seule image, ce serait celle d'une flamme. Une flamme qui brûle sans se consumer. Une flamme que les vents contraires n'éteignent pas. Une flamme qui traverse même la mort.
Saint Paul écrit à Timothée : « Ravive le don gratuit de Dieu. » Le verbe grec employé évoque un feu qu'on attise, des braises que l'on ranime pour qu'elles reprennent vigueur.
Car la foi ressemble parfois à une cheminée. Certains jours, elle flambe joyeusement. D'autres jours, elle ressemble davantage à quelques braises timides sous la cendre.
Et Paul nous dit : « Souffle dessus ! » Ne laisse pas le feu s'endormir. Dieu ne nous a pas donné un esprit de peur mais un esprit de force, d'amour et de raison.
Cette parole éclaire merveilleusement la mémoire de saint Charles Lwanga. Ces jeunes chrétiens africains auraient pu sauver leur vie en reniant le Christ. Ils ont préféré perdre leur vie pour ne pas perdre leur trésor. Au moment de son martyre, Charles Lwanga encourageait ses compagnons en leur disant : « Nous allons bientôt entrer au ciel. » Ce n'était pas du courage humain seulement. C'était la certitude que le Christ ressuscité les attendait.

L'Évangile nous conduit alors dans une discussion étonnante. Les sadducéens viennent trouver Jésus. Ils ne croient pas à la résurrection. Et pour ridiculiser cette croyance, ils imaginent une histoire invraisemblable de sept frères ayant épousé successivement la même femme. On sent presque qu'ils sont fiers de leur démonstration. Ils pensent avoir trouvé l'argument imparable. Mais leur question repose sur une erreur. Ils imaginent le ciel comme une simple prolongation de la terre. Comme si l'éternité n'était qu'une copie légèrement améliorée de notre monde. Jésus répond avec une délicatesse ferme : « Vous êtes dans l'erreur. » Autrement dit : « Vous cherchez la résurrection avec les catégories de ce monde. » Combien de fois faisons-nous la même chose ! Nous essayons d'imaginer le ciel avec nos petits plans humains. Nous voudrions presque connaître le programme des journées célestes : À quelle heure commence la louange ? Y a-t-il des chorales ? Combien dure l'éternité ?
Et surtout... y aura-t-il du café ? Les Écritures restent discrètes sur ce dernier point.

Mais elles affirment quelque chose de plus grand : Dieu nous prépare une vie que nous ne pouvons pas encore imaginer. Comme l'écrit Paul aux chrétiens de Corinthe : « Ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. »

Puis Jésus prononce cette phrase magnifique : « Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. » Quelle révolution ! Pour Dieu, Abraham est vivant. Isaac est vivant. Jacob est vivant.
Charles Lwanga est vivant. Tous les saints vivent en Dieu. Et nos défunts eux-mêmes sont appelés à cette vie qui ne finit pas.
Saint Augustin écrivait dans un sermon sur Pâques : « Le Christ est ressuscité ; notre espérance est donc ressuscitée. »
La résurrection n'est pas une idée. C'est une rencontre. C'est le Christ vivant.

Alors, ne vis pas comme quelqu'un qui marche vers la nuit. Vis comme quelqu'un qui marche vers l'aurore. Le chrétien n'avance pas vers un mur. Il avance vers un visage. Celui du Christ ressuscité.
Saint Charles Lwanga et ses compagnons l'avaient compris. Le feu qui les consumait extérieurement ne pouvait rien contre le feu intérieur de l'Esprit. Car l'amour est plus fort que la mort.

Et la résurrection est déjà commencée chaque fois qu'un cœur choisit la fidélité, la confiance et l'espérance.

Alors aujourd'hui, soufflons doucement sur les braises de notre foi. Et demandons au Seigneur de raviver en nous cette certitude : nous appartenons au Dieu des vivants. Amen.

Pour l'Église répandue sur toute la terre.
Que l'Esprit ravive sans cesse en elle le feu de l'Évangile ; qu'elle demeure une lampe allumée dans la nuit du monde et une demeure ouverte pour tous les chercheurs de Dieu.

Pour les peuples éprouvés par les guerres, 
les violences et les injustices.
Que le Dieu des vivants fasse lever des artisans de paix, des bâtisseurs de réconciliation et des témoins de fraternité.

Pour les chrétiens persécutés à cause du nom de Jésus.
Par l'intercession de saint Charles Lwanga et de ses compagnons, donne-leur courage, fidélité et joie au cœur même de l'épreuve.

Pour ceux qui pleurent un être cher.
Que la lumière du Christ ressuscité éclaire leur chemin ; qu'ils trouvent dans la promesse de la vie éternelle une source de consolation et d'espérance.

Pour notre assemblée.
Que le Seigneur ravive les braises parfois cachées de notre foi, renouvelle notre confiance et fasse de nous des témoins joyeux de son amour.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ;
monde que nous déréglons si souvent 
en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...


 Aujourd'hui : prendre quelques minutes pour raviver le don de Dieu : allumer une bougie devant une croix ou une icône, et demander simplement : « Seigneur, ranime en moi le feu de ton Esprit. »
Puis poser un acte concret d'espérance auprès d'une personne découragée ou éprouvée.

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