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14ème dimanche du Temps de l'Église - A -  


 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Parfois, avant même de commencer une journée, on est déjà fatigué. Le réveil sonne trop tôt. Le téléphone sonne trop souvent. Les rendez-vous s'enchaînent. Et lorsqu'enfin vient le soir, on a parfois l'impression d'avoir couru toute la journée... sans savoir très bien après quoi. Nous vivons dans un monde qui admire la performance. Il faut être efficace, disponible, connecté, compétent, réactif. Même nos loisirs finissent parfois par devenir des objectifs à atteindre ! Alors, lorsque Jésus nous dit aujourd'hui : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos », nous risquons de l'entendre comme une belle parole... un peu irréaliste. Car enfin, qui ne porte pas un fardeau ? Il y a les fatigues du corps. Les inquiétudes pour les enfants ou les petits-enfants. Les soucis de santé. Les deuils. Les responsabilités. Les blessures que personne ne voit. Jésus ne dit pas : « Vous n'aurez plus de fardeaux. » Il dit : « Venez à moi. » Voilà toute la différence.
Le prophète Zacharie nous avait déjà préparés à cette surprise. Le Messie n'entre pas à Jérusalem sur un cheval de guerre. Il  vient « monté sur un âne ».Autre ment dit, Dieu ne choisit pas la puissance qui écrase. Il choisit la douceur qui relève. Dans notre monde, la douceur passe souvent pour une faiblesse. Pour Di eu, elle est une manière d'aimer. Et Jésus va jusqu'à dire :« devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. » Il est frappant de constater que c'est l'un des rares moments où Jésus parle de son propre cœur.
François écrivait une nuit de Noël : « La révolution de la tendresse est la voie que Dieu a choisie pour sauver le monde. » Cette expression est devenue célèbre, mais elle demeure profondément évangélique. Dieu ne sauve pas le monde en criant plus fort que les autres. Il le sauve en se faisant proche. Et Augustin, commentant cette parole de Jésus, écrit : « Toute la science chrétienne consiste dans l'humilité. » Il ne veut pas dire que le chrétien doit se rabaisser. Il veut dire que celui qui sait recevoir de Dieu cesse de croire qu'il peut tout porter tout seul.

C'est sans doute là que l'Évangile nous rejoint aujourd'hui. Nous sommes souvent très courageux pour porter nos charges. Mais nous sommes parfois moins courageux pour les confier. Nous voulons maîtriser. Nous voulons prévoir. Nous voulons tenir. Et Jésus nous dit simplement : « Viens. » Pas demain. Pas lorsque tout ira mieux. Aujourd'hui.

Saint Paul, dans la lettre aux Romains, nous rappelle que nous ne sommes pas livrés à nos seules forces : « L'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous. » Quelle promesse ! Nous ne sommes pas seuls à avancer. L'Esprit habite déjà en nous. Il est cette présence discrète qui nous relève lorsque nos forces diminuent. Je pense souvent à cette parole de Georges Bernanos : « L'espérance est un risque à courir. »Es pérer, ce n'est pas nier les difficultés. C'est croire que Dieu est déjà à l'œuvre au cœur même de ce qui nous semble lourd. Alors, il ne s'agit pas d'ajouter encore un effort à tous les autres. Il s'agit d'accepter que nous ne sommes pas le Sauveur du monde. Le Christ s'en charge très bien. Notre tâche est seulement de marcher avec lui. Et lorsqu'on marche avec quelqu'un qui porte le même joug, le poids devient plus léger. Peut-être est-ce cela, le repos promis par Jésus.


Père très bon, fais de ton Église un figuier planté près des eaux vives de ton Évangile. Qu'elle étende largement ses branches pour offrir l'ombre de ta miséricorde à ceux que le soleil des épreuves accable. 

Père de toute tendresse, regarde les peuples que traversent les vents de la guerre, les tempêtes de la haine et les chemins de l'exil. Fais lever, au milieu des décombres, des semeurs de paix et de justice, afin que refleurisse la terre que tu as confiée aux hommes..

Père des consolations, approche-toi de ceux qui marchent sous un fardeau trop lourd : les malades, les endeuillés, les prisonniers de la solitude, les cœurs blessés. Que ton Fils, doux et humble, soit pour eux le Bon Berger qui porte la brebis épuisée sur ses épaules et la ramène vers les pâturages de la vie.

Père des petits et des pauvres, ouvre nos yeux aux signes discrets de ton Royaume. Apprends-nous la confiance de l'enfant qui tend la main, l'humilité du grain de blé qui consent à tomber en terre, la patience de la vigne qui attend son heure pour porter du fruit. 

Père fidèle, fais de chacun de nous un artisan de douceur. Que nos paroles soient comme une rosée sur les cœurs brûlés, que nos gestes deviennent un pain partagé, et que notre présence fasse pressentir la légèreté du joug de ton Fils. 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Cette semaine, je prendrai le temps de demander à une personne : « Comment vas-tu... vraiment ? », puis je l'écouterai sans regarder ma montre, sans chercher immédiatement à donner un conseil. Ainsi, je laisserai un peu de la douceur du Christ passer à travers ma disponibilité.

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