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Lundi de la 14ème semaine du Temps de l'Église 


 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

Il arrive que l'on range un objet dans un tiroir en se disant : « Il ne fonctionne plus. » Puis, quelques semaines plus tard, quelqu'un le reprend en main, change une pile, resserre une vis... et voilà qu'il fonctionne de nouveau. Nous avons parfois la même tentation avec les personnes... et même avec nous-mêmes. « C'est fini. » « Cela ne changera plus. » « Il n'y a plus rien à espérer. »

L'Évangile d'aujourd'hui nous invite précisément à quitter cette manière de regarder. Un chef vient trouver Jésus. Sa fille est morte. Ou, selon le récit parallèle de saint Marc, elle est à l'agonie. Peu importe : pour cet homme, tout semble perdu.

En chemin, une femme s'approche discrètement. Depuis douze ans, elle souffre d'hémorragies. Douze ans d'isolement, de honte, d'épuisement. Douze ans à vivre en marge. 

Deux personnes. Deux détresses. Et un même mouvement : elles vont vers Jésus. Vous avez vu que Jésus ne demande pas d'abord des explications. Il ne commence pas par rechercher les causes du malheur. Il rencontre des personnes avant de résoudre des problèmes. La femme pense : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Elle ne demande presque rien. Un simple contact. Et Jésus se retourne. Il ne veut pas seulement la guérir. Il veut la rencontrer. Il l'appelle « ma fille ». Voilà peut-être le plus beau miracle. Avant de rendre la santé, Jésus rend une identité.

Le prophète Osée nous révèle la source de cette attitude. Dieu parle à son peuple comme un époux qui retrouve celle qu'il aime : « Je vais la séduire ; je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur. » Un Dieu qui recommence.
Le désert, dans la Bible, n'est pas seulement le lieu de l'épreuve. Il est aussi le lieu où l'on réapprend à écouter. Même lorsque nous pensons avoir pris trop de distance, Dieu continue de venir à notre rencontre. Saint Augustin disait avec son réalisme habituel : « Dieu est plus intime à moi-même que le plus intime de moi-même. » Autrement dit, Dieu est déjà présent au cœur même de ce que nous croyons perdu. Peut-être est-ce là que cette Parole nous rejoint.

Il y a parfois en nous des zones que nous avons déclarées « mortes » : une confiance brisée, une relation devenue difficile, une espérance qui s'est éteinte, une prière qui ne trouve plus les mots. Nous nous habituons à vivre avec cela. Et Jésus entre. Il prend la jeune fille par la main. Un geste d'une infinie simplicité. Comme au commencement de la création, Dieu touche l'homme pour lui communiquer la vie. Les miracles de Jésus sont des gestes de proximité. Ils nous révèlent un Dieu qui n'a pas peur de toucher notre fragilité. Madeleine Delbrêl écrivait : « Il n'y a pas de vie ordinaire : tous les lieux sont le lieu de la rencontre avec Dieu. » C'est peut-être cela que nous avons à redécouvrir. Dieu vient dans les gestes les plus simples : une main tendue, une parole reçue, une Eucharistie célébrée, un pardon demandé, une confiance retrouvée.

Aujourd'hui encore, le Seigneur passe au milieu de nous. Il nous invite simplement à nous approcher de lui. Peut-être seulement pour toucher le bord de son manteau. Et nous découvrirons que, bien avant notre geste, c'est déjà lui qui nous avait rejoints.


Père de l'Alliance, toi qui conduis ton Église au désert pour lui redire les paroles des premiers jours, garde vive en elle la joie de l'Évangile. Qu'elle soit, au milieu du monde, une épouse fidèle dont la lampe ne cesse de brûler dans la nuit.

 

Père des vivants, lorsque les peuples traversent les vallées de la guerre, de la violence ou de l'exil, fais jaillir des sources dans les terres arides. Que les artisans de paix deviennent comme des semeurs portant l'espérance dans leurs mains.

 

Père de tendresse, approche-toi de ceux qui n'ont plus la force de te chercher : les malades, les personnes découragées, les cœurs blessés, ceux qui se croient oubliés. Qu'un simple frôlement de la frange du manteau de ton Fils ravive en eux le goût de vivre et d'espérer.

 

Père patient, lorsque nos vies ressemblent à des jardins desséchés ou à des sarments sans vigueur, répands le souffle de ton Esprit. Fais refleurir en nous la confiance, afin que nous devenions les témoins émerveillés de tes merveilles.

 

Père fidèle, fais de notre communauté un lieu où personne ne soit laissé au bord du chemin. Que nos mains sachent relever, nos paroles consoler, et nos regards reconnaître en chaque frère et chaque sœur une histoire que tu continues d'écrire.


Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd'hui, je poserai un geste de confiance envers une personne que j'avais peut-être un peu « classée » trop vite. Je choisirai de croire que, pour Dieu, aucune vie n'est jamais définitivement fermée.

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