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Lundi de la 17ème semaine du Temps de l'Eglise


 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Jésus proposa aux foules une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. » Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »
Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde.

Il y a des personnes qui plantent un arbre... et celles qui vont le voir pousser le lendemain matin. Je dois reconnaître que j'appartiens un peu à la deuxième catégorie ! La patience n’est vraiment pas mon fort … Nous vivons à l'époque de l'immédiat : un message part à l'autre bout du monde en une seconde, une vidéo dure trente secondes, et si un ordinateur met plus de dix secondes à démarrer, nous trouvons cela insupportable. Dieu, lui, semble avoir une autre montre. Ou plutôt, il n'en porte pas. Le Royaume grandit à son rythme. Et ce rythme est celui de la vie. Jésus choisit deux images toutes simples : une graine de moutarde, la plus petite que ses auditeurs connaissent, et une poignée de levain que l'on enfouit dans une énorme quantité de farine. Qui pourrait croire qu'une si petite chose changera tout ? Pourtant, c'est ainsi que Dieu travaille. Il préfère les commencements modestes aux démonstrations éclatantes.
La première lecture raconte une étrange parabole vivante. Jérémie reçoit l'ordre d'acheter une ceinture de lin et de la porter contre lui. Puis Dieu lui demande de l'enfouir dans un rocher. Lorsqu'il la retrouve, elle est pourrie, inutilisable.
Le symbole est saisissant. La ceinture n'avait de beauté que parce qu'elle était portée près de celui qui la mettait. Séparée de lui, elle perd sa raison d'être. C’est la même chose pour Israël … et pour nous aussi. Nous croyons parfois que la foi, c’est faire beaucoup de choses pour Dieu. La Bible dit d'abord autre chose : demeurer avec lui. La fécondité de notre vie vient de la proximité avec le Seigneur.
Et voilà que les deux lectures se rejoignent. La graine ne pousse que si elle demeure dans la terre. Le levain ne transforme la pâte que s'il disparaît en elle. La ceinture n'a de valeur qu'attachée à celui qui la porte. Le Royaume Il commence toujours par une communion. Nous nous usons lorsque nous vivons loin de notre source.
Mais Jésus ajoute quelque chose de merveilleux. Le Royaume grandit sans bruit. Nous imaginons volontiers que la sainteté consiste à accomplir des choses extraordinaires. L'Évangile raconte exactement le contraire. Voilà les graines de moutarde de Dieu : les petits actes de la vie ordinaire. Nous les jugeons minuscules. Lui y voit déjà un arbre où les oiseaux viendront faire leur nid.
Le pape Benoît XVI le disait avec beaucoup de justesse : « Dieu n'agit pas par les grands moyens extérieurs, mais dans l'humilité de la semence. » Nous ne verrons peut-être jamais tout le fruit de ce que nous faisons. Ce n'est pas grave. Le jardinier plante souvent des arbres dont ses petits-enfants goûteront les fruits. Le chrétien aussi. Nous ne sommes pas appelés à réussir le Royaume. Nous sommes appelés à y semer fidèlement notre petite graine. Et Dieu, dans le secret de son amour, fera le reste.

Père des commencements, veille sur ton Église. Qu'elle ne cherche jamais l'éclat des puissants, mais qu'elle soit, au cœur du monde, le levain silencieux de ton Royaume, où les petits trouvent refuge comme les oiseaux dans les branches de l'arbre. 

Père des vivants, regarde les peuples blessés par la guerre, les divisions et la haine. Fais lever, au milieu des terres desséchées, les semences de la justice, afin que fleurissent des moissons de paix. 

Père de tendresse, approche-toi de ceux dont le cœur s'est éloigné de toi : les découragés, les malades, les chercheurs de sens, ceux qui ne savent plus prier. Attache-les de nouveau à ton amour comme une ceinture épouse les reins de celui qui la porte. 

Père fidèle, fais de notre communauté une terre profonde où ta Parole puisse prendre racine. Que les petits gestes de bonté semés aujourd'hui deviennent, par la puissance de ton Esprit, un arbre où beaucoup trouveront repos et espérance. 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd'hui, posons un tout petit geste de bonté que personne ne remarquera : un appel, un service discret, une parole d'encouragement, un pardon offert. Puis résistons à la tentation de vérifier son "résultat". 

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