Mercredi de la 14ème semaine du Temps de l'Église
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Certains arbres ont un feuillage magnifique, des branches bien déployées. On se dit : « Quel bel arbre ! » Puis arrive le temps des récoltes... et l'on découvre qu'il n'y a presque pas de fruits. C’était le cas d’un de mes cerisiers … À l'inverse, certains arbres sont modestes. Ils ne paient pas de mine. Pourtant, année après année, ils offrent généreusement leurs fruits. La Bible aime cette image de l'arbre. Elle nous rappelle qu'une vie ne se mesure pas à son apparence, mais à ce qu'elle donne. Le prophète Osée est sévère : Oui, Israël était une vigne luxuriante qui donnait du fruit mais pour lui-même voire pour sa propre gloriole. » Voilà le problème. Le fruit existe. Mais il ne profite qu'à celui qui le porte. La réussite, l'intelligence, les talents, les responsabilités... tout cela peut devenir une manière de se servir soi-même. Alors le cœur se ferme peu à peu. Et Osée lance un appel étonnant : « Défrichez vos terres en friches ; il est temps de chercher le Seigneur. » Défricher... Avant de semer, il faut parfois enlever les pierres, arracher les ronces, retourner une terre devenue dure. Il en est ainsi de notre cœur. Nous demandons souvent à Dieu de faire pousser quelque chose. Et lui commence par travailler la terre.
L'Évangile nous montre Jésus qui appelle les Douze. Il ne choisit pas des hommes exceptionnels. Il appelle des pêcheurs, un collecteur d'impôts, des tempéraments très différents. Voilà qui nous rassure … Et il les envoie avec une mission toute simple : « Proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche. » Avant de leur demander de faire, Jésus les appelle à être avec lui. C'est toujours ainsi. La mission n'est jamais une performance. Elle est le débordement d'une rencontre. Les Douze ne commencent pas par un programme. Ils commencent par une rencontre. Et c'est cette rencontre qui les transforme en apôtres. Madeleine Delbrêl écrivait avec sa simplicité habituelle : « Nous sommes des gens que Dieu met au monde pour être des Évangiles vivants. » La première annonce de l'Évangile n'est pas une parole. C'est une vie.
Le Seigneur nous demande de laisser son Royaume grandir en nous. Alors notre vie deviendra, souvent sans que nous nous en rendions compte, un arbre où d'autres trouveront de l'ombre, de la fraîcheur et de quoi se nourrir. Et c'est peut-être cela, finalement, être apôtre.
Père des nations, visite les peuples où la violence étouffe l'espérance. Là où la haine a semé les ronces, fais lever des artisans de réconciliation ; là où la peur dessèche les cœurs, fais couler les eaux de la confiance.
Père des vivants, regarde ceux dont l'existence ressemble à une terre pierreuse : les malades, les personnes isolées, les familles éprouvées, ceux qui cherchent un sens à leur vie. Que ton Esprit y fasse germer une espérance nouvelle.
Père de toute bonté, apprends-nous à ne pas vivre pour nous-mêmes. Que les dons que tu nous confies deviennent, comme les grappes d'une vigne généreuse, une joie partagée et un pain rompu pour nos frères. Nous t'en prions.
Père fidèle, fais de notre communauté un jardin où chacun trouve sa place. Que nos paroles soient des semences de paix, nos gestes des signes de tendresse, et notre vie le reflet discret de ton Royaume tout proche.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
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