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Saint Alphonse-Marie de Liguori

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchaîner et mettre en prison. C’était à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme. » Hérode cherchait à le faire mourir, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Lorsque arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa au milieu des convives, et elle plut à Hérode. Alors il s’engagea par serment à lui donner ce qu’elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère. Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, qu’ils ensevelirent ; puis ils allèrent l’annoncer à Jésus.

« Tu veux que je te dise la vérité ? » Réponse de l’autre : « Oui... mais gentiment ! » Autrement dit : oui, je veux bien la vérité, mais que ça ne me bouscule pas trop. Un prêtre m’a raconté qu’un jour une paroissienne lui a dit : « Dites-moi franchement ce que vous pensez de moi ? »  Il a répondu franchement : « vous avez un sale caractère ».  Elle ne lui a jamais pardonné.  Or, la Parole de Dieu a une étrange habitude : elle console toujours, mais elle commence souvent par nous déplacer. Jérémie en fait l'expérience. Il transmet ce que Dieu lui a confié. Et aussitôt les autorités réclament sa condamnation. Jean-Baptiste connaît le même destin : Il rappelle simplement qu'un roi n'a pas tous les droits. Et ça va lui coûter la vie. 

Aujourd'hui, l'Église fait mémoire de saint Alphonse-Marie de Liguori.
Juriste brillant, il aurait pu mener une carrière prestigieuse. Il perd un procès et suite à ça, il découvre que sa véritable vocation n'est pas de défendre des causes devant les tribunaux, mais d'annoncer l'Évangile. Toute sa vie, il va lutter contre une image sévère de Dieu. C’était souvent le cas à l’époque. Il n’arrêtera pas de rappeler que la justice de Dieu est inséparable de sa miséricorde. Nous ne suivons pas un Dieu qui cherche à nous prendre en défaut. Nous suivons un Dieu qui ne se lasse jamais de nous aimer. Cela ne signifie pas que tout se vaut, évidemment. Jean-Baptiste ne dit pas à Hérode : « Fais comme tu veux. » Mais il lui parle avec le désir de le sauver, non de le condamner.

Voilà la différence chrétienne. La vérité n'est jamais une arme. Elle est une main tendue. Les parents et les éducateurs le savent bien : Lorsque je dis une vérité ça ne doit pas être pour avoir raison, mais pour aider quelqu'un à grandir. Et quand je corrige un enfant, ce n’est pas pour gagner, mais pour aimer davantage ? Parler vrai, c’est facile, mais parler vrai avec charité, c’est autre chose. Paul dira : « en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons pour nous élever en tout. »  Toute la sainteté est peut-être là. Demandons aujourd'hui à saint Alphonse un cœur à la fois libre et doux. Libre pour ne jamais trahir l'Évangile. Doux pour que personne ne doute que cet Évangile est une Bonne Nouvelle et surtout pas une morale qui rabaisse l’autre.

Pour ton Église : qu'elle demeure une lampe posée sur le lampadaire, portant la vérité de l'Évangile avec la douceur du Bon Pasteur. 

Pour les responsables des peuples : que ton Esprit leur donne un cœur droit, capable d'accueillir la vérité, de servir la justice et de préférer la paix aux calculs humains. 

Pour ceux qui sont persécutés parce qu'ils défendent la vérité, la justice ou la dignité des plus petits : sois leur roc, leur refuge et leur espérance. 

Pour notre communauté : garde-nous de la dureté qui juge et de la faiblesse qui se tait ; fais de nous des témoins de la vérité qui libère parce qu'elle est portée par l'amour. 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd'hui, avant de dire une remarque critique ou un reproche, prenons quelques secondes de silence et demandons-nous : « Ce que je vais dire aidera-t-il vraiment cette personne à grandir ? » 

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