Vendredi de la 14ème semaine du Temps de l'Église
Lorsque la chaleur de l'été devient écrasante, comme nous le vivons et le vivrons sans doute de plus en plus, il suffit parfois d'une rosée matinale pour redonner un peu de fraîcheur à la terre. Elle est discrète. Presque invisible. Le prophète Osée choisit précisément cette image pour parler de Dieu : « Je serai pour Israël comme la rosée. » Ce n'est pas l'orage. Ce n'est pas le tonnerre. Ce n'est pas une démonstration de force. C'est une présence humble, silencieuse, fidèle. Une présence qui fait vivre. Et c'est d'autant plus beau que cette promesse vient après un appel à la conversion. Le peuple s'est éloigné. Il a cherché ailleurs son bonheur. Mais Dieu ne répond pas par le reproche. Il répond par une promesse. « Je les guérirai de leur infidélité, je les aimerai d’un amour gratuit. » Voilà le cœur de Dieu. La conversion chrétienne ne commence jamais par la peur. Elle commence par la découverte que nous sommes attendus.
Le psaume le chante avec les mots de David : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu. » Il ne demande pas simplement d'être pardonné. Il demande de recevoir un cœur nouveau. Comme si le plus grand miracle n'était pas d'effacer le passé, mais d'ouvrir un avenir.
Puis vient l'Évangile. Et le ton change. Jésus ne cache rien. « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » Oups ! Nous aimerions qu'il dise le contraire ! Nous préférerions un christianisme sans opposition, sans fatigue, sans incompréhension. Mais Jésus est réaliste. Suivre le Christ, ce n'est pas échapper aux difficultés. C'est les traverser autrement. Et il ajoute immédiatement : « Ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz. » Cette parole ne dispense pas de préparer ce que nous avons à faire. Elle nous libère de l'angoisse de devoir tout maîtriser. Saint Jean Chrysostome commente ce passage avec beaucoup de finesse : « Le Christ ne supprime pas les dangers ; il donne un courage plus grand que les dangers. » Voilà toute la différence. Je vous le répète souvent : la foi ne supprime pas les tempêtes. Elle nous apprend à ne pas les traverser seuls. Benoît XVI écrivait, au premier jour de son pontificat : « Celui qui croit n'est jamais seul. » Quelle parole simple ! Nous pouvons oublier bien des choses. Mais jamais cette certitude. Même lorsque nous avons l'impression d'être incompris. Même lorsque nous nous sentons fragiles. Même lorsque le témoignage devient difficile. Nous ne sommes jamais seuls. C’est ça notre espérance. Espérer, c’est un risque, on est bien d’accord, un saut dans le vide, mais c'est un risque fondé sur la fidélité de Dieu. Dieu travaille souvent en silence. Et c'est justement ainsi qu'il fait refleurir nos déserts.
Dieu des chemins difficiles, soutiens les peuples éprouvés par la guerre, la persécution et la pauvreté. Lorsque les vents de la haine dessèchent les cœurs, fais renaître des artisans de paix comme des arbres plantés près des eaux vives.
Dieu de toute consolation, visite ceux qui traversent l'épreuve : les malades, les personnes découragées, ceux qui vivent dans la solitude ou la peur. Qu'ils découvrent, au cœur même de leur nuit, la rosée silencieuse de ta présence. Nous t'en prions.
Dieu fidèle, fortifie ceux qui témoignent de l'Évangile dans des conditions difficiles : les missionnaires, les catéchistes, les parents, les éducateurs, tous ceux qui annoncent ton Nom avec humilité. Que ton Esprit mette sur leurs lèvres les paroles qui relèvent et qui donnent vie. Nous t'en prions.
Dieu des renaissances, fais de nos vies une terre ouverte à ton amour. Que nos mains sèment la paix, que nos paroles portent l'espérance et que nos existences deviennent, pour ceux que nous rencontrons, comme une rosée bienfaisante au lever du jour.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Commentaires
Enregistrer un commentaire