Lundi de la 20ème semaine du Temps de l'Eglise
À ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Il y a une question que nous posons volontiers aux enfants : « Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? » Et puis, quand nous sommes devenus grands, la question change : « Qu’est-ce que tu as ? » Une maison, une voiture, un compte en banque, un métier, des assurances… L’Évangile nous présente aujourd’hui un homme qui semble avoir tout ce qu’il faut : il est riche, il est moral, il observe les commandements. Et pourtant, il vient demander à Jésus : « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Il a tout… mais il lui manque quelque chose.
Jésus commence par lui rappeler les commandements. Et l’homme répond : « Tout cela, je l’ai observé. Que me manque-t-il encore ? » C’est peut-être la question la plus importante de cet Évangile : « Que me manque-t-il encore ? » Car on peut avoir une vie bien remplie et sentir pourtant qu’elle ne l’est pas vraiment. On peut faire beaucoup de choses pour Dieu sans encore avoir véritablement donné sa vie à Dieu. Et Jésus ne lui donne pas une nouvelle règle. Il lui dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, puis viens, suis-moi. » Remarquons les deux verbes : donner et suivre. Jésus ne lui demande pas d’abord de devenir pauvre. Il lui demande de devenir libre. Car le problème n’est pas d’avoir des biens. Le problème commence lorsque ce sont les biens qui nous possèdent. Il y a des choses que nous possédons et auxquelles nous sommes attachés… et puis il y a celles dont nous découvrons un jour qu’elles nous tiennent. Notre argent, parfois. Notre réputation. Notre confort. Notre manière de penser. Même nos certitudes religieuses. Nous pouvons tellement tenir à tout cela que nous n’avons plus les mains libres pour recevoir ce que Dieu veut encore nous donner. C’est pourquoi le jeune homme s’en va tout triste. Il n’est pas mauvais. Il n’a même rien fait de mal. Mais il n’arrive pas à lâcher. Et c’est peut-être plus subtil encore que le péché : ne pas être capable de quitter ce qui nous empêche d’avancer.
Le pape François disait dans Evangelii gaudium : « La vie s’affaiblit dans l’isolement et devient plus riche dans la communion. » Ce jeune homme avait beaucoup de biens, mais il repart seul. Jésus, lui, lui proposait une vie en mouvement : « Viens, suis-moi. » Et c’est peut-être cela que nous avons à entendre aujourd’hui. Le Seigneur ne nous demande pas nécessairement de tout vendre. Mais il nous demande peut-être : Qu’est-ce que je pourrais lâcher pour être davantage disponible à l’amour ? Une habitude. Une rancune. Un besoin d’avoir raison. Une peur. Une manière de tout contrôler. Quelque chose que nous tenons tellement fort que nos mains ne peuvent plus s’ouvrir. Car le Royaume n’est pas d’abord quelque chose que nous devons acquérir. ’est quelque chose que nous pouvons recevoir. Mais pour recevoir, il faut parfois commencer par ouvrir les mains. Et peut-être que le véritable trésor que Jésus nous propose aujourd’hui n’est pas au bout de notre chemin. Il est dans cette parole toute simple : « Viens, suis-moi. »
Pour ceux que l’argent, le pouvoir ou la réussite enchaînent : qu’ils découvrent qu’aucun bien terrestre ne peut combler la faim du cœur.
Pour ceux qui ont tout quitté pour suivre le Christ : religieux, consacrés, missionnaires, et tous ceux qui donnent leur vie au service des autres : soutiens leur marche et renouvelle leur joie.
Pour nous-mêmes : montre-nous ce qui encombre notre chemin ; apprends-nous à desserrer les mains pour recevoir de toi le seul bien qui demeure.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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