Mercredi de la 18ème semaine du Temps de l'Église
Vous téléphonez à quelqu'un. Cela sonne... longtemps. Puis la messagerie. Et parfois on se dit : « Il n’est pas là ou il ne veut pas me répondre ? » Le silence est souvent plus difficile à supporter qu'un refus. C'est ce que vit aujourd'hui la Cananéenne. Elle crie. Et Jésus... ne répond pas un mot. Voilà sans doute l'un des passages les plus déroutants de tout l'Évangile. Nous avons presque envie de dire à Jésus : « Enfin, réponds-lui ! » Et pourtant, ce silence n'est pas un rejet. C'est plutôt un espace où la foi va pouvoir grandir. et pour comprendre ça, il faut aller à la première lecture. Dieu déclare par Jérémie :« Je t'aime d'un amour éternel. » Voilà l'un des plus beaux versets de toute la Bible. Avant même que nous aimions Dieu, lui nous aime. Son amour ne dépend pas de notre sainteté. Il précède tout. Comme le dira saint Augustin : « Dieu est plus intime à moi-même que moi-même. » Autrement dit, Dieu est déjà là, même lorsque nous avons l'impression de son silence.
Alors pourquoi Jésus tarde-t-il ? Peut-être parce qu'il veut faire passer cette femme d'une demande à une rencontre. Au début, elle demande une guérison. À la fin, c'est sa foi que Jésus admire. Le miracle est presque devenu secondaire. La véritable merveille, c'est ce cœur qui refuse de désespérer. Cette femme ne se décourage pas. Elle continue d'aimer. Elle continue de croire. Il y a d'ailleurs un détail magnifique. Elle accepte même l'image des petits chiens sous la table. Parce qu'elle sait qu'une seule miette du Christ suffit à transformer une vie. Nous, nous réclamons parfois un banquet. Elle demande une miette. Et cette miette devient un « festin de grâce ». N'est-ce pas souvent notre histoire ? Nous avons prié pour une personne malade. Pour un enfant. Pour un couple. Pour une paix qui tarde. Et nous avons parfois eu l'impression que Dieu gardait le silence. Mais le silence de Dieu n'est jamais son absence. Le silence d'une mère qui regarde son enfant marcher seul n'est pas de l'indifférence. C'est une confiance. Dieu continue d'aimer pendant que nous apprenons à croire.
À la fin, Jésus prononce une phrase qui traverse les siècles : « Femme, grande est ta foi ! » Il ne dit pas : grande est ton intelligence. Grande est ta pratique religieuse. Grande est ta réussite. Non. Grande est ta foi. La seule chose qui puisse vraiment agrandir un cœur. Amen.
Dieu fidèle, soutiens ceux qui gouvernent les nations. Là où grandissent les murs de la peur et de l'exclusion, fais lever des artisans de rencontre, afin que les peuples apprennent à se reconnaître frères.
Dieu de toute tendresse, tourne ton regard vers ceux dont la prière semble se perdre dans le silence : les malades, les personnes éprouvées, les parents inquiets pour leurs enfants, ceux qui ne voient plus d'issue. Que ton espérance devienne leur lumière.
Dieu de miséricorde, fais de notre communauté une terre où la foi persévère, même dans la nuit, où chacun accueille l'étranger comme un frère, et où les miettes de notre partage deviennent pain pour les plus pauvres.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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