Mercredi de la 21ème semaine du Temps de l'Eglise
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis à la chaux : à l’extérieur ils ont une belle apparence, mais l’intérieur est rempli d’ossements et de toutes sortes de choses impures. C’est ainsi que vous, à l’extérieur, pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes, mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal. Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les sépulcres des prophètes, vous décorez les tombeaux des justes, et vous dites : “Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.” Ainsi, vous témoignez contre vous-mêmes : vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Vous donc, mettez le comble à la mesure de vos pères ! »
Vous connaissez ce tiroir chez vous ? On sait bien qu’il y a dedans des papiers qui ne servent plus à rien, des clés dont on ne sait plus ce qu’elles ouvrent, deux piles usagées et peut-être même la facture d’un appareil que nous n’avons plus depuis quinze ans. Alors on le referme aussi vite qu’on l’a ouvert. Jésus, lui, n’aime pas beaucoup les tiroirs fermés. Hier, il parlait de l’intérieur de la coupe. Aujourd’hui, il change d’image : « Vous ressemblez à des tombeaux blanchis : au-dehors ils ont une belle apparence, mais au-dedans ils sont remplis d’ossements et de toutes sortes d’impuretés. » L’image est rude. Mais elle ne concerne pas seulement les autres. Elle peut nous concerne si nous faisons de la foi une façade. Nous pouvons avoir une belle apparence chrétienne, de bon chrétien … tout en laissant mourir quelque chose à l’intérieur.
Et Jésus va encore plus loin : « vous bâtissez les sépulcres des prophètes, vous décorez les tombeaux des justes.» Autrement dit : nous pouvons parfaitement honorer les témoins de la foi… tout en refusant d’entendre leur parole lorsqu’elle nous dérange. C’est une tentation très humaine : nous aimons les saints lorsqu’ils sont morts. Ils ne risquent plus de nous contredire ! Tous les liégeois ont-ils adoré Marie-Thérèse Haze, qui repose ici ; elle qui visitait les prisonnières et s’occupait des prostituées ? Pas sûr ? Et Oscar Romero, archevêque de San Salvador, mourra en martyr, assassiné en pleine messe pour avoir été le défenseur des droits de l'homme et particulièrement des paysans de son diocèse.
Mais la première lecture nous ramène à quelque chose de beaucoup plus concret. Paul parle du travail. Il rappelle une règle presque élémentaire : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. » Il ne glorifie évidemment pas le travail pour le travail. Le travail peut parfois déshumaniser. Mais il demande que chacun prenne sa part de responsabilité dans la vie commune, plutôt que de vivre dans le désordre ou de se mêler sans cesse des affaires des autres, ce qui est nettement plus facile.
Et cette parole rejoint admirablement le psaume : « Tu te nourriras du travail de tes mains : heureux es-tu ! » La foi doit descendre dans nos mains. Dans notre travail. Dans nos responsabilités. Dans notre manière de parler des autres. Dans la façon dont nous tenons nos engagements. Saint Benoît résumera cette intuition dans une formule devenue célèbre : « Ora et labora » — prie et travaille. La prière et la vie ne sont pas deux mondes séparés. Ne pas avoir deux vies. Une vie que l’on montre et une autre que l’on cache. Une foi que l’on proclame et une existence qui dit le contraire. Mais devenir peu à peu quelqu’un dont le cœur et les gestes racontent la même histoire.
Alors, ne cherchons pas à repeindre ce fameux tombeau de l’évangile, mais laissons Dieu entrer à l’intérieur. Car le Christ n’est pas venu embellir nos morts, les embaumer, mais il est venu faire vivre ce qui était mort. « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir disait Dieu dans le livre d’Ezékiel ». Alors demandons-lui que notre vie, jusque dans ses gestes les plus ordinaires, devienne doucement une parole d’Évangile, car nous sommes la seule bible que beaucoup de nos contemporains liront. Amen
Pour ton Église, Seigneur : qu’elle ne cherche pas d’abord à paraître, mais qu’elle soit une maison habitée par ton Esprit ; que sa parole soit vraie, et ses gestes, chemins de miséricorde.
Pour ceux qui portent les responsabilités du monde : qu’ils ne blanchissent pas les façades en laissant se creuser les blessures ; donne-leur le courage de regarder la réalité en face et de travailler patiemment à la justice.
Pour ceux dont la vie semble stérile ou brisée : ceux qui ont perdu le goût du travail, la joie d’aimer ou la force d’espérer ; que ton souffle passe sur leurs os desséchés et fasse lever en eux une vie nouvelle.
Pour nous tous : délivre-nous des apparences qui enferment ; apprends-nous à vivre dans l’unité du cœur, afin que nos paroles et nos actes portent ensemble la lumière de ton Royaume.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
Aujourd'hui, faisons une chose ordinaire que nous avons tendance à repousser : un travail domestique, une responsabilité, un dossier, un coup de téléphone nécessaire, une tâche promise à quelqu’un. Mais faisons-la sans râler et sans chercher à être remarqué. Puis, intérieurement, disons simplement : « Seigneur, que mes mains aussi parlent de toi. »
Commentaires
Enregistrer un commentaire