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Saint Dominique

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !


 En ce temps-là, un homme s’approcha de Jésus, et tombant à ses genoux, il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. » Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. » Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri. Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier : « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Jésus leur répond : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »

« Je n’ai plus confiance. » Cette phrase, on peut la dire parfois à propos d'un ami, d'une institution, parfois même de nous-mêmes. Et il faut bien reconnaître que la confiance est fragile. Elle peut mettre des années à se construire... et quelques secondes à s'effondrer. Au fond, les lectures de ce jour parlent toutes de cela.

Habacuc a l'impression que Dieu tarde. Les disciples découvrent leur impuissance. Et Jésus prononce cette parole qui peut paraître sévère : « Gens de peu de foi... » Attention : il ne dit pas « gens sans foi ». Il parle d'une foi devenue trop petite. Comme une flamme qui manque d'air.

Habacuc est peut-être le prophète le plus proche de nous. Il ne cache rien à Dieu. Il ose lui dire son incompréhension. Pourquoi tant de violence ? Pourquoi tant d'injustice ? Pourquoi ce silence ? Et Dieu ne lui répond pas par une explication. Il lui répond par une promesse : « Le juste vivra par sa fidélité. » Autrement dit : continue à marcher, même si tu ne vois pas encore l'arrivée. La foi n'est pas d'abord une réponse. Elle est une fidélité.

Dans l'Évangile, les disciples, eux, ont pourtant tout fait. Ils ont essayé. Mais ils n'ont pas réussi. Et Jésus leur révèle que le problème n'est pas la méthode. C'est la confiance. « Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde... » Il ne demande pas une foi immense. Le grain de moutarde est presque invisible. Dieu ne demande pas une foi impressionnante. Il demande une foi vivante. Une graine n'est pas grande. Elle est habitée par une vie qui la dépasse.

Voilà pourquoi saint Dominique est si actuel. Nous pourrions croire qu'il a d'abord été un grand organisateur ou un immense théologien. Il fut tout cela. Mais avant tout, il fut un homme habité par la Parole de Dieu. Les témoins racontent qu'il passait de longues heures à méditer les Écritures et qu'il ne parlait de Dieu qu'après avoir longuement parlé avec Dieu. Jean-Paul II rappelait que Dominique était « un homme de l'Évangile, totalement consacré à l'annonce de la Parole ». Il savait que la vérité ne s'impose jamais par la force. Elle rayonne lorsqu'elle est habitée. Je me souviens, lorsque Mère Teresa était venue en Belgique, j’avais assisté à sa conférence.  Elle n’a vraiment rien dit d’original, mais c’était extraordinaire, parce qu’on sentait qu’elle était habitée par ce qu’elle nous disait. 

La mesure de la foi n'est pas sa quantité. C'est son abandon. Un tout petit enfant fait infiniment confiance à la main de son père. Ce n'est pas parce qu'il comprend tout. C'est parce qu'il sait à qui il s'abandonne. Voilà la foi évangélique. Et si nous regardons bien, Jésus ne promet pas que nous déplacerons des montagnes de pierres. Il promet que rien ne sera impossible à Dieu. Or les plus lourdes montagnes ne sont peut-être pas dans les Alpes. Elles sont parfois dans notre cœur. Une vieille blessure, une peur qui nous empêche d'avancer… Voilà les montagnes que le Christ veut déplacer. Et il commence toujours avec un simple grain de moutarde.

La foi, ce n'est pas croire que Dieu fera tout ce que je lui demande. La foi, c'est croire que, quoi qu'il arrive, Dieu ne cessera jamais de faire grandir en moi la vie. C'est peut-être cela, le véritable miracle du grain de moutarde. Amen.

Père très saint, fais grandir dans ton Église la joie de l'Évangile. À l'exemple de saint Dominique, qu'elle annonce la vérité avec humilité, qu'elle éclaire sans condamner et qu'elle conduise tous les hommes vers ton Fils

Père des peuples, regarde les nations déchirées par la violence, le mensonge et les divisions. Là où les montagnes de la haine semblent infranchissables, fais jaillir les sources de la paix et de la justice. 

Père de miséricorde, soutiens ceux dont la foi vacille : les personnes éprouvées, les chercheurs de vérité, les jeunes qui doutent, ceux qui ne savent plus comment te prier. Ranime en eux le grain d'espérance que tu as semé. 

Père de lumière, fais de notre communauté une terre accueillante où ta Parole puisse prendre racine, porter du fruit et devenir pain partagé pour nos frères et sœurs.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd'hui, identifions une seule « montagne » qui nous semble impossible à déplacer : une peur, une habitude, un découragement. Ne cherchons pas à l'abattre d'un seul coup. Faisons simplement un « geste grain de moutarde » : un appel, une prière de cinq minutes, une visite, un premier pas. Le Royaume commence toujours petit.

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