Jeudi de la 25ème semaine du Temps de l'Église
Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
Il y a une chose que nous faisons tous très bien : nous remplir le temps. Agenda, rendez-vous, courses, téléphone, messages… Et quand, exceptionnellement, nous avons dix minutes de libres, nous trouvons rapidement quelque chose pour les remplir ! Comme si un moment vide était forcément un moment perdu. Et puis Qohéleth arrive avec sa phrase un peu brutale : « Vanité des vanités, tout est vanité ! » Le soleil se lève, le soleil se couche. Le vent tourne. Les fleuves coulent. Les générations passent et d’autres arrivent. Et Qohéleth pose cette question : qu’est-ce qui demeure ? Il ne dit pas que la vie ne vaut rien. Il nous rappelle plutôt une chose que nous oublions facilement : nous ne sommes pas éternels.
Le psaume le reprend avec beaucoup plus de douceur : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. » Voilà peut-être la vraie question : non pas combien de temps nous avons, mais qu’allons-nous faire du temps qui nous est donné ?
Et c’est là que l’Évangile devient intéressant. Hérode entend parler de Jésus. Il est intrigué. Il cherche à savoir qui il est. Il pose des questions : « Qui donc est cet homme ? » Mais il reste dans la curiosité. Il voudra voir Jésus. Il le rencontrera finalement au moment de la Passion. Mais il ne cherchera pas vraiment à se laisser rencontrer par lui. Et cela peut nous arriver. Nous pouvons connaître beaucoup de choses sur Jésus, écouter l’Évangile, venir à la messe, avoir nos habitudes religieuses… sans jamais laisser Jésus changer quelque chose dans notre vie.
Hérode demande : « Qui est donc cet homme ? » La foi nous invite à poser une autre question : « Qui est Jésus pour moi ? » C’est une question qui change tout. Parce que si Jésus n’est qu’un personnage du passé, alors Qohéleth a raison : tout passe. Mais si Jésus est vivant, alors notre temps prend une autre dimension. Benoît XVI le disait magnifiquement : avec le Christ, « l’homme n’est plus esclave d’un temps qui passe sans un pourquoi ». Dieu est entré dans notre temps pour lui donner une orientation nouvelle : l’amour qui est éternel.
Alors nos journées ordinaires prennent une autre valeur. Une visite à quelqu’un qui souffre. Une prière faite dans le silence. Une parole de tendresse. Un service accompli sans être remarqué. Cela semble petit. Mais l’amour ne se mesure pas à la taille du geste. Alors peut-être qu’aujourd’hui, le Seigneur nous demande simplement de ne pas laisser notre vie passer sans avoir vraiment vécu. Ne pas seulement remplir nos journées. Mais les habiter. Ne pas seulement compter les années. Mais leur donner un sens.
Et lorsque nous arriverons au soir de notre vie, nous découvrirons peut-être que les plus beaux moments n’étaient pas ceux où nous avions le plus fait, mais ceux où nous avions le plus aimé.
Alors reprenons la prière du psaume : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours. » Seigneur, apprends-nous à recevoir aujourd’hui comme un cadeau. À ne pas vivre prisonniers d’hier. À ne pas être paralysés par demain. À habiter pleinement ce jour qui nous est donné. Car tout passe. Mais l’amour demeure.
Pour ceux qui vivent dans l’inquiétude de demain, pour les malades, les personnes âgées, les personnes seules et tous ceux qui ont peur de voir le temps leur échapper, Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui regardent leur passé avec regret, afin qu’ils découvrent qu’avec Dieu, aucun jour n’est définitivement perdu et qu’un nouveau départ est toujours possible, Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui consacrent leur temps aux autres, parents, proches, soignants, bénévoles, éducateurs et accompagnateurs, fin que leur disponibilité et leur amour portent du fruit, Seigneur, nous te prions.
Pour chacun de nous, afin que nous ne cherchions pas seulement à remplir nos journées, mais que nous sachions les habiter avec amour, Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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