Mercredi de la 22ème semaine du Temps de l'Eglise

Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue de Capharnaüm et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle. Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui. Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.
Il y a une chose que les adultes supportent assez mal : qu’on leur dise qu’ils doivent encore grandir ! Pour un enfant, c’est évident : on mesure sa taille, on change ses vêtements, on se réjouit de chaque progrès. Mais arrivé à un certain âge, nous aimons plutôt penser que nous sommes arrivés… surtout spirituellement ! Et pourtant saint Paul vient nous dire aux Corinthiens : « Je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des êtres encore charnels, comme à de petits enfants dans le Christ. » ils sont baptisés, ils ont reçu l’Évangile, ils appartiennent à la communauté chrétienne… mais ils se disputent encore : « Moi, je suis de Paul ! Moi, d’Apollos ! »
Autrement dit : ils ont changé de religion, mais pas encore suffisamment de cœur.
Cela nous rejoint directement. Nous pouvons être chrétiens depuis quarante, cinquante, soixante ans et continuer à avoir nos petites rivalités, nos susceptibilités, nos clans, nos préférences. Nous pouvons connaître beaucoup de choses sur Dieu sans avoir encore beaucoup grandi dans l’amour.
Paul utilise alors une image magnifique : « Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui donnait la croissance. »
Voilà peut-être une bonne définition de la vie chrétienne. Nous plantons. Nous arrosons. Nous travaillons. Nous transmettons. Mais nous ne sommes pas les maîtres de la croissance. C’est Dieu qui fait grandir.
Et l’Évangile nous montre précisément cette croissance à l’œuvre dans des vies très concrètes. Jésus entre dans la maison de Simon. Sa belle-mère est malade. Il se penche sur elle et la relève. Puis, le soir venu, on lui amène quantité de malades. Jésus ne reste donc pas dans les belles idées. Sa parole descend dans les corps, dans les maisons, dans les blessures, dans les vies réelles.
Et il y a un détail que j’aime beaucoup : après avoir été guérie, la belle-mère de Simon se met à les servir. Elle ne reçoit pas la guérison comme une récompense ou comme un confort personnel. La grâce reçue devient immédiatement une grâce donnée. C’est peut-être cela, grandir dans la foi : ne plus demander seulement « Qu’est-ce que Dieu peut faire pour moi ? », mais commencer à découvrir : « Qu’est-ce que l’amour reçu de Dieu peut faire à travers moi ? »
Et Jésus, pourtant, se retire. « À l’aube, il sortit et s’en alla dans un endroit désert. » Il aurait pu rester : les foules le cherchent, les malades l’attendent, le succès commence. Mais Jésus sait qu’il ne doit pas devenir prisonnier du succès. Il faut repartir.
Cela aussi est une parole pour nous. Il y a des moments où nous voudrions rester dans ce qui fonctionne, dans ce que nous connaissons, dans ce qui nous rassure. Mais Dieu nous appelle parfois ailleurs. La maturité spirituelle n’est peut-être pas d’avoir enfin toutes les réponses. C’est apprendre à avancer lorsque Dieu nous dit simplement : « Viens. »
Alors, aujourd’hui, ne cherchons pas à tout régler. Demandons seulement au Seigneur de nous montrer ce qui, en nous, a encore besoin de grandir. Une impatience. Une peur. Une habitude de juger. Et puis remettons-la entre ses mains.
Nous planterons, nous arroserons. Et Dieu, patiemment, fera grandir.
Pour ton Église, Seigneur, qu’elle ne soit jamais une terre de rivalités, mais un champ où chacun puisse grandir à l’ombre de ta grâce,
Pour ceux qui sont courbés sous le poids de la maladie, de la solitude ou du découragement : que ton Fils s’approche d’eux, pose sur eux sa main et les relève doucement,
Pour ceux qui travaillent sans voir encore le fruit de leurs efforts : parents, éducateurs, soignants, accompagnateurs, serviteurs discrets de leurs frères ; donne-leur la patience du semeur qui sait que la croissance appartient à Dieu,
Pour chacun de nous : montre-nous ce qui doit encore grandir en nous ; et lorsque nous aurons reçu ta grâce, apprends-nous à la transmettre comme une source qui ne garde pas son eau,
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...
Aujourd’hui, plutôt que de chercher à « faire quelque chose de grand », repérons une personne dont nous accompagnons la croissance depuis longtemps : un enfant, un proche, un collègue, une personne âgée, quelqu’un dans la communauté. Faisons pour elle un geste qui encourage plutôt qu’un geste qui corrige : un merci précis, une parole de confiance, une reconnaissance d’un progrès que nous avons remarqué.
Commentaires
Enregistrer un commentaire