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Notre-Dame des Douleurs

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Il y a des moments où l’on ne sait plus quoi dire. Quand quelqu’un souffre vraiment, nous cherchons souvent la bonne phrase, le bon conseil, la petite parole qui va arranger les choses. Et parfois, il n’y a rien à arranger. Il faut simplement être là. C’est peut-être ce que Marie nous apprend aujourd’hui. L’Évangile ne nous raconte pas ce qu’elle dit au pied de la Croix. Il nous dit simplement : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère… » Elle est là. Elle ne peut pas enlever la souffrance de son Fils. Elle ne peut pas le défendre. Elle ne peut pas empêcher la mort. Mais elle ne s’enfuit pas. C’est une présence extraordinairement pauvre, et pourtant extraordinairement forte.

Saint Paul nous dit que nous sommes « le corps du Christ, et chacun pour sa part, nous sommes membres de ce corps ». Cela signifie que la souffrance de l’un ne peut jamais être complètement étrangère aux autres. Quand un membre souffre, tout le corps souffre. ous le savons dans une famille. Il suffit qu’un enfant aille mal pour que toute la maison change d’atmosphère. Il suffit parfois qu’une personne âgée soit malade pour que les conversations, les horaires, les préoccupations de toute une famille s’organisent autrement.

L’Église est appelée à être ce corps-là : une communauté où personne ne devrait souffrir complètement seul. Et Marie, au pied de la Croix, devient précisément la figure de cette Église. Elle reçoit une parole étonnante : « Voici ton fils. » Puis au disciple : « Voici ta mère. » Jésus ne laisse pas seulement Jean à Marie. Il élargit sa maternité. Désormais, sa manière d’aimer son Fils devient une manière d’accueillir tous ceux que le Christ lui confie. Le pape François disait que Marie, au Calvaire, « accepte d'être seulement Mère ». Elle ne réclame rien pour elle-même ; elle demeure auprès de son Fils et reçoit ensuite la mission d’être mère pour le disciple.

Et c’est peut-être une vraie conversion pour nous. Nous voudrions tellement être efficaces ! Nous aimerions résoudre, expliquer, réparer. Or il y a des souffrances que nous ne pouvons pas supprimer. Mais nous pouvons choisir de ne pas abandonner celui qui souffre. Visiter quelqu’un. Téléphoner. S’asseoir quelques minutes auprès d’un malade. Accompagner une personne qui vient de perdre quelqu’un. Écouter sans chercher immédiatement une solution. La compassion commence souvent quand nous acceptons de rester là.

Léon XIV le rappelait récemment en contemplant Notre-Dame des Douleurs : Marie nous apprend à reconnaître que notre vie « n’est pas seulement définie par le mal subi, mais par l’amour de Dieu qui ne nous abandonne jamais. » Voilà pourquoi cette fête n’est pas une célébration de la tristesse. Marie est Notre-Dame des Douleurs, mais elle est aussi Mère. Sa douleur n’a pas fermé son cœur. Elle l’a rendu plus vaste. Demandons-lui aujourd’hui cette grâce : ne pas devenir indifférents à la souffrance des autres. Ne pas détourner les yeux parce que nous ne savons pas quoi faire. Apprendre simplement à être là.

Car au pied de la Croix, Marie nous enseigne quelque chose de très simple et de très grand : parfois, aimer quelqu’un, c’est ne pas pouvoir changer ce qu’il traverse, mais lui faire découvrir qu’il ne le traverse pas seul.

Pour l’Église, afin qu’elle soit comme une mère auprès de ceux qui souffrent, qu’elle sache écouter leurs blessures et leur manifester la tendresse du Christ. Seigneur, nous te prions.

Pour les malades, les personnes âgées, les personnes seules et tous ceux qui traversent une épreuve, afin qu’ils rencontrent sur leur chemin des frères et des sœurs capables de rester près d’eux avec patience et compassion. Seigneur, nous te prions.

Pour les parents qui souffrent pour leurs enfants, pour ceux qui veillent auprès d’un enfant malade, qui attendent une guérison, qui portent une inquiétude ou un deuil : que Notre-Dame des Douleurs les soutienne et les garde dans l’espérance. Seigneur, nous te prions.

Pour nous-mêmes, afin que nous ne détournions pas les yeux devant la souffrance et que nous apprenions, à l’exemple de Marie, à être des présences fidèles auprès de ceux que la vie éprouve. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, choisir une personne qui traverse une difficulté : malade, âgée, seule, endeuillée, découragée… Ne pas chercher à lui donner un conseil. Simplement lui donner un peu de présence : un appel, un message, une visite, quelques minutes d’écoute.

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