Saint Lambert
Pour beaucoup, saint Lambert est peut-être simplement le saint que l’on fête aujourd’hui. Mais pour un Liégeois, c’est autre chose ! Saint Lambert, c’est un peu quelqu’un de la famille. C’est le premier évêque de Liège. Et quand on est Liégeois, il y a quelque chose d’assez particulier à célébrer son saint patron : on ne fête pas seulement un personnage du passé, on retrouve une part de notre propre histoire. Et la première lecture nous donne justement une très belle clé : « Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu. » Voilà peut-être ce qu’est une vie chrétienne : recevoir, puis transmettre. Paul n’a pas inventé l’Évangile. Il l’a reçu. Il a été rejoint par le Christ, bouleversé par lui, transformé par lui. Et ce qu’il a reçu, il ne l’a pas gardé pour lui.
Saint Lambert, lui aussi, a reçu l’Évangile. Et il l’a transmis à un peuple concret, avec ses pauvretés, ses résistances, ses grandeurs. Il a semé. Il a travaillé. Il a témoigné. Et nous sommes encore là, des siècles plus tard, à célébrer son nom. Cela pose une question toute simple : qu’est-ce que nous avons reçu, nous ? Nous avons peut-être reçu la foi d’une mère, d’un père, d’un grand-parent. D’un prêtre. D’une religieuse. D’un catéchiste. D’un ami. Parfois même d’une personne dont nous avons oublié le nom, mais dont une parole est restée quelque part en nous. Nous sommes les héritiers de quelque chose.
Et voilà pourquoi l’Évangile de la femme pécheresse est si beau. Cette femme aussi reçoit quelque chose : un regard qui ne la réduit pas à son passé. Simon voit une pécheresse. Jésus voit une femme capable d’aimer. Elle reçoit le pardon, et son cœur déborde. Son parfum, ses larmes, ses gestes deviennent sa manière de dire merci. Jésus ne lui dit pas : « Maintenant, prouve-moi que tu es digne. » Il lui donne d’abord la grâce. Et parce qu’elle a reçu, elle peut aimer.
Le pape François rappelait à propos de cet épisode que « l’amour de Dieu précède toujours notre conversion ». C’est peut-être aussi le message de saint Lambert. Nous pouvons être fiers de notre histoire chrétienne liégeoise. Mais l’héritage chrétien n’est pas un musée. Il ne suffit pas de dire : « Nous avons reçu. » Il faut encore se demander : qu’allons-nous transmettre ? Une foi qui ne se transmet plus finit par devenir un souvenir.
Alors aujourd’hui, en célébrant saint Lambert, rendons grâce pour ceux qui nous ont transmis le Christ. Et demandons la grâce de devenir, à notre tour, des passeurs. Pas nécessairement par de grands discours. Paul nous dit : « Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu. » Saint Lambert l’a fait. À nous maintenant.
Pour notre Église de Liège, afin que la mémoire de saint Lambert ne soit pas seulement un souvenir du passé, mais une invitation à annoncer aujourd’hui le Christ avec courage et simplicité. Seigneur, nous te prions.
Pour tous ceux qui nous ont transmis la foi, parents, grands-parents, prêtres, consacrés, catéchistes, éducateurs, témoins connus ou anonymes : que le Seigneur leur rende au centuple le bien qu’ils ont semé. Seigneur, nous te prions.
Pour ceux qui se sentent enfermés dans leur passé, afin qu’ils rencontrent, comme la femme de l’Évangile, un regard qui ne condamne pas mais qui relève et redonne confiance. Seigneur, nous te prions.
Pour chacun de nous, afin que nous ne gardions pas pour nous ce que nous avons reçu, mais que notre vie devienne à son tour une transmission de l’Évangile. Seigneur, nous te prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

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