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Saint Pio de Pietrelcina

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !


En ce temps-là, Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons, et de même pour faire des guérisons ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades. Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange. Quand vous serez reçus dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez. Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. » Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

Il y a des départs en vacances qui prennent une éternité. On ouvre la valise : « Est-ce que j’ai pris ça ? » On referme. On rouvre. On ajoute encore quelque chose… Et finalement, on part avec trois fois plus que nécessaire ! Jésus, lui, quand il envoie ses disciples, leur dit exactement l’inverse : « Ne prenez rien pour la route. » Pas de bâton, pas de sac, pas de pain, pas d’argent… Même pas de vêtement de rechange ! Pourquoi cette consigne ? Parce que Jésus veut apprendre à ses disciples une chose essentielle : pour annoncer l’Évangile, il faut savoir sur quoi on s’appuie.

La première lecture dit la même chose autrement : « Ne me donne ni pauvreté ni richesse ; donne-moi seulement ce dont j’ai besoin. »  Autrement dit : Seigneur, apprends-moi à ne pas chercher ma sécurité dans ce que je possède, mais en toi.

C’est un beau portrait de saint Pio. Il aurait pu être impressionné par les foules, les guérisons, les phénomènes extraordinaires qui entouraient sa personne. Pourtant, il cherchait à rester simplement un homme de prière. Et c’est peut-être son secret : il avait beaucoup reçu, mais il savait de quoi il avait besoin : de Dieu. Nous avons aujourd’hui beaucoup de moyens de nous rassurer : assurances, comptes bancaires, téléphones, agendas bien remplis… et pourtant, cela ne nous empêche pas d’avoir peur ! Jésus nous rappelle que ce qui fait tenir une vie n’est pas d’abord ce que nous avons dans les mains, mais Celui entre les mains duquel nous remettons notre vie.

Et Jésus ne dit pas seulement aux Douze de partir. Il leur donne une mission : « proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons ». Voilà qui rejoint profondément saint Pio. Jean-Paul II, lors de sa canonisation, a résumé son témoignage par deux mots : « prière et charité ».

Prier, parce que nous ne pouvons pas tout porter par nous-mêmes.
Aimer, parce que la prière véritable finit toujours par rejoindre quelqu’un.
Saint Pio a passé des heures à prier, à confesser, à accueillir les souffrants. Sa sainteté n’était pas une manière de fuir le monde : elle le rendait davantage disponible aux autres.

Alors, que nous dit-il aujourd’hui ? Peut-être simplement : allège ta vie et approfondis ton cœur. Nous ne pouvons pas tout contrôler. Nous ne pouvons pas tout réparer. Nous ne pouvons pas tout porter. Mais nous pouvons prier. Nous pouvons aimer. Nous pouvons faire confiance. Alors demandons au Seigneur cette grâce toute simple : Seigneur, apprends-moi à partir léger. À ne pas m’appuyer seulement sur mes forces. À te faire confiance. Et à devenir, comme saint Pio, un homme, une femme de prière et de charité. Car pour la route, nous avons besoin de beaucoup moins de choses que nous ne le pensons. Mais nous avons besoin de Dieu.

Pour l’Église, afin qu’elle annonce l’Évangile non en s’appuyant sur sa puissance, mais sur la force de la prière et de la charité, Seigneur, nous te prions.

Pour les personnes malades, souffrantes ou découragées, pour celles qui portent une douleur que personne ne voit, afin qu’elles trouvent auprès du Christ consolation, courage et espérance, Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui se sentent écrasés par leurs soucis, leur passé, leurs responsabilités ou leurs inquiétudes pour demain, afin qu’ils découvrent qu’ils peuvent déposer leur fardeau entre les mains de Dieu, Seigneur, nous te prions.

Pour tous ceux qui consacrent leur vie aux malades et aux plus fragiles, soignants, proches, bénévoles, aidants et visiteurs, afin que leur présence soit pour ceux qu’ils rencontrent un véritable signe de la charité du Christ, Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous, afin que nous sachions nous dépouiller de ce qui nous encombre, pour garder l’essentiel : la confiance en Dieu et l’amour de nos frères, Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, faisons ce que Jésus demande à ses disciples : partons un peu plus légers. Prenons quelques minutes pour identifier une chose que nous essayons de porter seuls : une inquiétude, une personne, une décision, une peur, une situation que nous voudrions absolument contrôler. Puis, simplement : « Seigneur, je ne peux pas tout porter. Je te confie cette réalité. Apprends-moi à marcher avec toi. »

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