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Samedi de la 24ème semaine du Temps de l'Eglise 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole : « Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout. Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité. Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent. Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole. Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre.
Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu. Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés. Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité. Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. »

Jusque mardi, à Banneux, 
avec le Triduum des malades de Liège
Il y a des jours où notre cœur ressemble un peu à une terre de jardin après une longue semaine : un peu sec, un peu tassé, avec quelques mauvaises herbes… et on se dit qu’il faudrait peut-être s’en occuper ! Jésus, aujourd’hui, parle justement de notre cœur. Il parle d’un semeur qui sort pour semer. Et ce qui est étonnant, c’est qu’il sème partout : sur le bord du chemin, dans les pierres, parmi les ronces, et dans la bonne terre. Dieu ne fait pas d’abord le tri entre les bons et les mauvais terrains. Il sème.

Et cela est une merveilleuse nouvelle pour nous aujourd’hui, particulièrement pour vous qui êtes malades. Parce que nous savons bien que notre cœur n’est pas toujours une belle terre bien préparée. Il y a les inquiétudes. Les douleurs. Les questions sans réponse. La fatigue. Ce que nous aurions aimé vivre et que nous ne vivrons peut-être pas. Il y a aussi les ronces : les préoccupations qui tournent dans la tête, parfois jusque dans la nuit. Et pourtant, Jésus continue de semer.

Voilà peut-être ce qu’est la paix du cœur, qui est notre thème de ce jour. Ce n’est pas un cœur dans lequel il n’y aurait plus aucune douleur, aucune inquiétude, aucune question. C’est un cœur qui découvre que, même au milieu de tout cela, Dieu continue d’être là et de semer sa présence. Le sacrement des malades que nous allons célébrer ne nous promet pas que toutes nos maladies vont disparaître. Il nous donne quelque chose de plus profond : la présence du Christ dans notre fragilité. Il vient nous rejoindre précisément là où nous sommes devenus plus vulnérables.

Le pape François le disait lors du Jubilé des malades : dans l’épreuve, « nous pouvons lui confier notre douleur, sûrs de trouver compassion, proximité et tendresse ».

Et saint Paul va encore plus loin. Il nous rappelle que notre corps actuel est fragile, périssable, marqué par la maladie et la mort. Mais il affirme : « Ce qui est semé dans la faiblesse ressuscite dans la force. » Quelle parole pour aujourd’hui ! Ce que nous vivons maintenant n’est pas toute notre histoire. La maladie ne résume pas une personne. Le fauteuil roulant ne résume pas une vie. La dépendance ne résume pas une personne. Même la mort ne sera pas le dernier mot. Parce que le Christ est ressuscité.

Alors, chers pèlerins malades, peut-être que la paix que Jésus veut vous donner aujourd’hui n’est pas la paix de celui qui n’a plus de problèmes. C’est la paix de celui qui peut dire : « Je ne sais pas ce que demain sera, mais je sais entre quelles mains je peux déposer demain. »

Et vous, les bénévoles, vous aussi, vous avez parfois vos ronces, votre fatigue, vos inquiétudes. Vous n’êtes pas seulement ceux qui donnent. Vous êtes aussi ceux qui reçoivent. Aujourd’hui, le semeur sème en chacun de nous. Laissons tomber les paroles de Jésus dans notre cœur. 

Peut-être qu’une seule graine suffira. Une graine de confiance. Une graine de paix. Une graine d’espérance. Et Dieu fera le reste.

Pour l’Église, afin qu’elle soit auprès des malades une présence de compassion, de consolation et d’espérance, et qu’elle annonce à tous que la fragilité n’est jamais une vie abandonnée par Dieu. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui vont recevoir aujourd’hui le sacrement des malades, que l’Esprit Saint les fortifie, les apaise et les soutienne ; que l’onction reçue leur donne de reconnaître la présence du Christ au cœur même de leur fragilité. Seigneur, nous te prions.

Pour tous ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur cœur, pour ceux qui connaissent la solitude, l’angoisse, le découragement ou la peur de l’avenir : que le Seigneur fasse grandir en eux une paix plus forte que leurs inquiétudes. Seigneur, nous te prions.

Pour les bénévoles, les familles, les accompagnateurs et les soignants, pour tous ceux qui donnent du temps, de l’attention et de la tendresse : que le Seigneur renouvelle leurs forces et leur fasse découvrir combien leur présence est précieuse. Seigneur, nous te prions.

Pour notre monde, pour les peuples déchirés par la guerre, pour les victimes de la violence et pour ceux qui travaillent à la paix : que le Seigneur fasse germer dans les cœurs des artisans de réconciliation. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, prendre cinq minutes dans la journée, seul ou avec la personne que l’on accompagne. Fermer les yeux et penser à une inquiétude que l’on porte actuellement. Ne pas chercher à la résoudre. La déposer simplement entre les mains du Seigneur en disant lentement : « Seigneur, je ne sais pas ce que demain sera. Mais je sais que tu seras là. Je te confie mon inquiétude. Donne-moi ta paix. »

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