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Vendredi de la 24ème semaine du Temps de l'Eglise 

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !

 En ce temps-là, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.

On connaît tous les lendemains de fête. Le lendemain d’un grand événement, il faut ranger, nettoyer, remettre les choses à leur place… et parfois on se demande ce qui reste vraiment de ce que l’on vient de vivre. Saint Paul pose aujourd’hui une question beaucoup plus radicale : qu’est-ce qui reste si le Christ n’est pas ressuscité ?Et sa réponse est brutale : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur. » Autrement dit, le christianisme ne repose pas simplement sur de belles paroles, sur un enseignement moral ou sur le souvenir émouvant d’un homme extraordinaire. Tout repose sur un événement : le Christ est vivant. C’est pourquoi Paul insiste : « Je vous ai transmis avant tout ce que j’ai moi-même reçu. » Il ne transmet pas une théorie. Il transmet une rencontre, une espérance, une vie nouvelle.

Et l’Évangile nous montre à quoi ressemble cette vie nouvelle. Jésus traverse les villes et les villages. Les Douze sont avec lui. Mais il y a aussi des femmes : Marie Madeleine, Jeanne, Suzanne, et beaucoup d’autres. Elles l’accompagnent et « les servaient de leurs biens ». Cela peut sembler un détail. Ce n’en est pas un. La foi en Jésus ressuscité met en mouvement. Ces femmes ne font pas forcément de grands discours. Elles donnent leur présence, leur temps, leurs biens. Elles rendent possible concrètement la mission de Jésus. C’est peut-être une bonne manière de vérifier notre foi. Non pas seulement en nous demandant : « Est-ce que je crois ? », mais : « Qu’est-ce que ma foi fait de ma vie ? » Car on peut croire avec la tête et rester immobile avec le cœur. On peut connaître l’Évangile et ne rien changer à sa manière de vivre. On peut parler de résurrection et continuer à vivre comme si tout était finalement condamné à disparaître.

Léon XIV disait récemment : « Jésus ressuscité est la source vive qui ne se tarit pas ». Une source, cela ne reste pas enfermé quelque part. Cela coule. Cela irrigue. Cela fait vivre. Voilà peut-être ce que Paul nous demande aujourd’hui : laisser la Résurrection devenir une force qui circule dans notre existence. Dans une famille, dans un service rendu, dans une fidélité, dans un pardon, dans une espérance que nous maintenons quand tout semble décourageant. Et peut-être surtout dans ces moments où nous nous demandons : « À quoi bon ? » La réponse chrétienne n’est pas toujours une explication. C’est une personne : le Christ est vivant.

Et si le Christ est vivant, alors aucune journée n’est inutile, aucun geste d’amour n’est perdu, aucun pardon donné n’est absurde, aucune espérance entretenue dans la nuit n’est vaine. Les femmes de l’Évangile avaient compris quelque chose que Paul formulera autrement : la Résurrection n’est pas seulement quelque chose que l’on croit. C’est quelque chose qui commence à vivre en nous.

Pour l’Église, afin qu’elle annonce avec courage et simplicité que le Christ est réellement ressuscité, et que son témoignage ouvre des chemins d’espérance dans notre monde. Seigneur, nous te prions.

Pour celles et ceux qui donnent leur temps, leurs biens et leurs forces au service de l’Évangile, pour les prêtres, les consacrés, les bénévoles, les catéchistes et tous les serviteurs de nos communautés : que leur générosité soit renouvelée par la joie du Christ vivant. Seigneur, nous te prions.

Pour ceux qui ont perdu l’espérance, ceux que la maladie, le deuil, les échecs ou les difficultés enferment dans le découragement : que la lumière du Ressuscité puisse rejoindre leur nuit. Seigneur, nous te prions.

Pour les femmes et les hommes dont la présence est souvent discrète, ceux qui prennent soin, qui accompagnent, qui servent sans être remarqués : que le Seigneur leur fasse découvrir combien leur don contribue à faire vivre son Église et notre monde. Seigneur, nous te prions.

Pour chacun de nous, afin que notre foi ne demeure pas seulement dans nos paroles, mais qu’elle devienne chaque jour une présence, un service, un pardon et une espérance offerte aux autres. Seigneur, nous te prions.

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père ...

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie ...

Aujourd’hui, poser un geste qui fait vivre quelqu’un d’autre. Un appel à une personne seule. Un encouragement. Une visite ... Avant de le faire, prendre quelques secondes et dire : « Seigneur Jésus, puisque tu es vivant, fais passer ta vie par moi aujourd’hui. »

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