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Saint Albert de Louvain

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche. Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville, car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture. Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli. Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. » 

       Mort en 1192, Albert de Louvain est un de mes prédécesseurs comme chanoine de Liège.  Il est nommé évêque de Liège, mais le pouvoir politique n’en veut pas.  Il se rend chez le Pape qui confirme sa nomination.  Mais par amour de la paix, il se fera ordonné, non à Liège, mais à Reims en « attendant des jours meilleurs ».  C’est là qu’il sera assassiné par des mercenaires que l’empereur avait envoyé, car Albert avait défendu la liberté de l’Église.  Bel exemple pour nous de quelqu’un qui n’a pas voulu garder ce qui lui était normalement dû pour préserver la paix : « Celui qui ne renonce pas à soi-même ne mérite pas d’être mon disciple ». 

       Nous continuons les textes apocalyptiques en cette toute fin d’année liturgique.  Catastrophiques ?  Pas vraiment … Seulement en apparence.  Et tout d’abord, cette phrase qui est comme la clé du texte : « redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »  Première chose : se redressez, se remettre debout …  vous l’avez compris : se ternir en position de ressuscité.  Je pense souvent à ce petit texte de Michel Menu : « Si tu veux être chef un jour, Pense à ceux qui te seront confiés, Si tu ralentis, ils s’arrêtent. Si tu faiblis, ils flanchent. Si tu t’assieds, ils se couchent. Si tu critiques, ils démolissent. Mais… Si tu marches devant, ils te dépasseront. Si tu donnes la main, ils donneront leur peau. Et si tu pries, alors, ils seront des saints. »  Au cœur d’un monde en désespérance, nous voulons croire en la résurrection et tenter d’en vivre, pas seulement pour nous mais pour le monde, puisque l’Église est pour le monde.  Vous imaginez ce que pourrait devenir le monde, si nous, chrétiens, nous plongeons avec le monde dans la désespérance. 

       Et pour cela, « relevez la tête », dit Jésus, « regardez vers le ciel » pourrait-on dire.  Et cela rejoint la dernière phrase du texte de Michel Menu : « si tu pries, alors, ils seront des saints. » Notre espérance ne tient pas de notre condition mortelle ; elle vient de Dieu lui-même ; c’est pour cela que nous disons qu’elle est une vertu théologale avec la foi et la charité : des vertus qui ont Dieu pour objet.  C’est notre prière constante : « Seigneur, fais grandir en moi la foi, l’espérance et la charité ».  « Qu’ils grandissent en moi, pour que le monde grandisse lui aussi en foi, en espérance et en charité. »  Amen. 

 Pour tous nos frères, prions le Maître de la vie :

 

Ceux qui s’éveillent,

qu’ils s’éveillent à toi.

 

Ceux qui vont au travail,

qu’ils travaillent pour toi.

 

Ceux qui restent dans leur maison,

qu’ils y restent avec toi.

 

Ceux qui rentrent du travail,

qu’ils se reposent auprès de toi.

 

Ceux qui sont malades ou désespérés,

qu’ils se tournent vers toi.

 

Ceux qui vont passer la mort,

qu’ils meurent en toi.

 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père  

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

 En cette fête de saint Albert de Louvain, évêque élu de Liège, nous prions pour nos évêques en visite ad limina à Rome, c’est-à-dire qu’ils rencontrent le Pape et les « institutions romaines ».  Tous les évêques du monde vivient cette démarche, les uns après les autres, tous les cinq ans environ.










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