Saint
Albert de Louvain
Mort
en 1192, Albert de Louvain est un de mes prédécesseurs comme chanoine de
Liège. Il est nommé évêque de Liège,
mais le pouvoir politique n’en veut pas.
Il se rend chez le Pape qui confirme sa nomination. Mais par amour de la paix, il se fera
ordonné, non à Liège, mais à Reims en « attendant des jours
meilleurs ». C’est là qu’il sera
assassiné par des mercenaires que l’empereur avait envoyé, car Albert avait
défendu la liberté de l’Église. Bel
exemple pour nous de quelqu’un qui n’a pas voulu garder ce qui lui était
normalement dû pour préserver la paix : « Celui qui ne renonce pas à
soi-même ne mérite pas d’être mon disciple ».
Nous
continuons les textes apocalyptiques en cette toute fin d’année
liturgique. Catastrophiques ? Pas vraiment … Seulement en apparence. Et tout d’abord, cette phrase qui est comme
la clé du texte : « redressez-vous et relevez la tête, car votre
rédemption approche. » Première chose :
se redressez, se remettre debout … vous
l’avez compris : se ternir en position de ressuscité. Je pense souvent à ce petit texte de Michel
Menu : « Si tu veux être chef un jour, Pense à ceux qui te seront
confiés, Si tu ralentis, ils s’arrêtent. Si tu
faiblis, ils flanchent. Si tu t’assieds, ils se couchent. Si tu critiques, ils
démolissent. Mais… Si tu marches devant, ils te dépasseront. Si
tu donnes la main, ils donneront leur peau. Et si tu pries, alors, ils seront
des saints. » Au cœur d’un monde en
désespérance, nous voulons croire en la résurrection et tenter d’en vivre, pas
seulement pour nous mais pour le monde, puisque l’Église est pour le
monde. Vous imaginez ce que pourrait devenir
le monde, si nous, chrétiens, nous plongeons avec le monde dans la
désespérance.
Et pour cela, « relevez la tête », dit Jésus, « regardez vers le ciel » pourrait-on dire. Et cela rejoint la dernière phrase du texte de Michel Menu : « si tu pries, alors, ils seront des saints. » Notre espérance ne tient pas de notre condition mortelle ; elle vient de Dieu lui-même ; c’est pour cela que nous disons qu’elle est une vertu théologale avec la foi et la charité : des vertus qui ont Dieu pour objet. C’est notre prière constante : « Seigneur, fais grandir en moi la foi, l’espérance et la charité ». « Qu’ils grandissent en moi, pour que le monde grandisse lui aussi en foi, en espérance et en charité. » Amen.
Ceux qui
s’éveillent,
qu’ils
s’éveillent à toi.
Ceux qui vont
au travail,
qu’ils
travaillent pour toi.
Ceux qui
restent dans leur maison,
qu’ils y
restent avec toi.
Ceux qui
rentrent du travail,
qu’ils se
reposent auprès de toi.
Ceux qui sont
malades ou désespérés,
qu’ils se
tournent vers toi.
Ceux qui vont
passer la mort,
qu’ils meurent
en toi.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie,
la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source
de compassion : Je
vous salue Marie …
En cette fête de saint Albert de
Louvain, évêque élu de Liège, nous prions pour nos évêques en visite ad limina
à Rome, c’est-à-dire qu’ils rencontrent le Pape et les « institutions
romaines ». Tous les évêques du
monde vivient cette démarche, les uns après les autres, tous les cinq ans
environ.

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