Sainte
Cécile
Vous
connaissez sans doute ces livres pour enfants : on voit une image ;
on pose dessus une deuxième page en transparence, puis encore une autre et au
fur et à mesure, l’image de base se complète.
C’est un peu ce que nous avons aujourd’hui avec trois images à l’occasion
de l’admiration devant le deuxième Temple de Jérusalem. Ce temple reconstruit
et agrandi par Hérode le Grand, 20 ans à peine avant la naissance de Jésus
devant lequel tous s’extasient et pas que les Juifs. C’est dans ce Temple que Jésus vient d’admirer
la veuve déposant une piécette dans le tronc.
Première
image donc, le Temple lui-même détruit en 70.
‘Il n’en restera pas pierre sur pierre’, dit Jésus. C’est normal, pourrait-on dire : on ne
met pas de vin nouveau dans de vieilles outres.
Puisque nous sommes les pierres vivantes de l’Église, impossible de
bâtir cette Église sur de vieilles pierres si récentes soient-elles et si
belles soient-elles. Désormais, il
faudra de nouvelles fondations - les Apôtres - une nouvelle pierre d’angle -
Jésus - et de nouveaux murs - chacun de nous -
Et la veuve devant laquelle il vient de s’émerveiller est un signe des
nouvelles pierres que nous sommes : beaucoup moins belles en apparence,
beaucoup moins riches et pourtant ce sont elles qui sont à la base de l’Église
de Jésus Christ.
Deuxième
photographie : les catastrophes en tout genre dans le ciel et sur la
terre. C’est le langage apocalyptique ;
on pourrait dire aujourd’hui : le ciel - le réchauffement climatique - et
la terre - la guerre en Ukraine -. Mais
on pourrait le dire à toutes les époques … malheureusement … Une manière pour Jésus de nous dire que la
destruction de l’ancien pour du nouveau est à tout instant. C’est François, notre Pape, qui n’arrête pas
de nous dire que nous devons ôter de notre langage, l’expression : ‘on a
toujours fait ainsi’. Et c’est Jean
XXIII, à qui on faisait remarquer qu’il changeait les traditions, qui avait
répondu : « J’aime beaucoup les traditions, c’est pourquoi j’en
invite de nouvelles tous les jours ». ‘Il faut’, dit Jésus - dei -. C’est une nécessité divine que le nouveau
monde succède à l’ancien. Si l’Église
est vivante, il y aura toujours en elle et en nous de l’ancien à détruire. N’est-ce pas cela tout simplement la
conversion ?
Troisième image : « Ne vous laissez pas abuser par ceux qui diront : ‘c’est moi’ ». À l’époque de Jésus, plusieurs déjà se présentaient comme messie. Cela n’a pas changé. Aujourd’hui encore, nous avons des sauveurs de toutes sortes : des personnes et des choses. Abuser, cela sous-entend qu’on croit que c’est un messie, mais qu’en fait, cela ne l’est pas du tout. Cécile que nous fêtons aujourd’hui ne s’est pas laissé abuser par ce Messie qu’était l’empereur de Rome et son empire. Non seulement, dit la Tradition, elle ne s’est pas laissé abuser, mais elle a voulu que d’autres ne le soient pas non plus, en œuvrant à leur conversion. Et, dit la même tradition, en allant au martyre, elle chantait dans son cœur la gloire de Dieu ». Amen.
R/ Fais-nous vivre de ton Esprit.
Au matin du monde, ton Esprit sur les eaux éveillait la vie. Éveille-nous à ta louange, pour ton service.
À l’aube du salut, ton Esprit en Marie formait le Messie. Forme-nous à l’obéissance, pour ton règne.
Au jour de la Pentecôte, ton Esprit parlait par la bouche des Apôtres. Mets sur nos lèvres la parole qui sauve.
Au matin de ce jour, l’Esprit travaille en nous. Qu’il habite nos prières et féconde nos efforts.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie,
la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source
de compassion : Je
vous salue Marie …

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