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Saint Jean

 
 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
 Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.               

Hier, un martyr, demain quantité de martyr et aujourd’hui Jean dont on nous dit qu’il est le seul apôtre à ne pas être mort martyr …  Comme si la liturgie voulait nous dire que la naissance de Jésus dans le monde peut entraîner l’un ou l’autre ; que cette naissance n’a pas de prise directe sur la qualité humaine de notre vie.  Pierre et Jean arrivent ensemble au tombeau et leurs morts seront diamétralement opposée.  Pourquoi ?  Personne ne le sait, pas même Jésus qui n’expliquera jamais, mais qui viendra partager.  C’est la mystère de l’Incarnation : la pauvreté à la crèche et sur la croix ; la joie de Cana, des multiples guérisons et de la résurrection de Lazare …  Il a tout vécu, comme nous. 

        Il vit et il crut.  Rien de plus étrange, puisqu’il croit alors qu’il ne voit rien, si ce n’est le vide : le corps de Jésus n’est plus là ! Mais c’est justement cela la foi : donner sa confiance alors que tout nous invite au contraire.  Je vous ai déjà cité Mère Teresa qui pendant 25 ans a vécu la nuit de la foi.  Elle ne sentait plus rien ; elle était comme devant un mur dans la prière, mais elle a tenu envers et contre tout.  Avouons que, toute mesure gardée, c’est un peu ce que nous devons tous faire dans ce monde qui tourne de plus en plus à l’envers.  Pas besoin de donner une fois encore des exemples.  C’est maintenant qu’il nous faut faire cet acte de foi absolu : « Je ne vois rien, Seigneur, mais puisque tu as dit que le Royaume était déjà là, je veux te croire, je te fais confiance ». Glurps … 

        Et enfin, il y a urgence de faire cette démarche ; Marie s’est hâtée pour aller trouver Élisabeth ; Madeleine court auprès des apôtres, Pierre et Jean courent au tombeau – même si Pierre, l’Église institution semble un peu à la traîne -.  Alors, nous aussi, courons : le monde a besoin de témoins de lumière.  Depuis quelques jours elle recommence à grandir dans nos journées.  Ce n’est pas encore l’été, mais déjà nous voulons croire qu’il arrivera, dans le cycle de l’année, dans l’Église et dans le monde.  Amen.

 Prenons appui sur la foi qui nous vient des Apôtres et prions Dieu pour son peuple saint :

 

R/ Souviens-toi de ton Église, Seigneur.

 

Père, tu as voulu que ton Fils ressuscité se manifeste à tes Apôtres,

fais de nous les témoins de sa résurrection.

 

Toi qui as envoyé ton Fils porter aux pauvres la Bonne Nouvelle,

donne-nous d'annoncer l'Évangile.

 

Toi qui as envoyé ton Fils semer la parole,

envoie des ouvriers à ta moisson.

 

Toi qui as envoyé ton Fils réconcilier le monde avec toi par son propre sang,

fais de nous des instruments de paix.

 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père … 

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

 En cette octave de Noël, Jean aujourd’hui témoigne de ce qu’il a vu. Heureux sommes-nous de croire sans voir !











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