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4ème dimanche du Temps de l’Église A

 Mettons-nous en présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
 En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »    

        Dieu est heureux depuis toujours et pour toujours.  Voilà une réalité qu’il nous est bon de nous rappeler.  Il est heureux de toute éternité en lui-même, au cœur du mystère de la Trinité.  Cette communion d’amour qui unit le Père, le Fils et l’Esprit est la source de ce bonheur éternel.  Et comme tous les amoureux, Dieu veut partager son bonheur pour qu’il devienne  notre bonheur.  Dieu est tellement heureux, qu'il veut en Jésus Christ nous inviter à vivre le Royaume.  Le Royaume, dont parle les Béatitudes, c’est simplement le paradis sur terre, c’est vivre en nous, sur notre terre, ce que Dieu vit, en lui-même au ciel.  Voilà le Royaume, le paradis dans lequel il nous est donné d’entrer aujourd'hui. 

        La porte d’entrée de ce bonheur de Dieu, ce sont les huit Béatitudes, ces paroles pour l’éternité comme les appelait Gilbert Cesbron dans son livre du même nom.  Mais pour entrer dans ce programme des Béatitudes, comme les disciples, il nous faut "gravir la montagne".  On ne peut comprendre et vivre les Béatitudes qu'en prenant de l'altitude, qu’en abandonnant nos armes intérieures qui nous disent : "c'est très beau, mais c’est trop beau, c'est illusoire" 

        Prenons donc de l’altitude chaque fois que cette pensée surgit en nous et regardons Jésus, car en regardant Jésus, nous  voyons que c'est réalisable.  Car y a-t-il eu un homme plus épanoui que Jésus ? Un homme pleinement heureux.  Et pourtant quelle souffrance dans sa vie.  Nous comprenons donc que ce bonheur des Béatitudes n’est pas un bonheur qui supprime la souffrance, mais un bonheur qui la transcende.  Regardons les saints, (c’est bien pour cela qu’on lit les Béatitudes à la Toussaint), regardons les prophètes de notre temps et nous verrons la même chose : une souffrance transcendée par la joie des Béatitudes.  Comment une sœur Emmanuelle pouvait-elle être à ce point joyeuse, elle qui vivait au milieu des immondices, si ce n’est parce que vivant la Béatitudes de la pauvreté ?

Dieu veut combler cette quête de bonheur qui est en nous et nous établir dans un bonheur durable et profond. 

        Je vous l’ai déjà dit à la Toussaint, le frère Roger de Taizé nous invitait à choisir une Béatitude : une suffit.  Je vous le redis aujourd'hui : choisissez une Béatitude de laquelle vous vous sentez proche par le caractère que le Seigneur nous a donné.  Il y a des Béatitudes pour tous les types de caractères : Actif ou contemplatifs.         Choisissons-là; revêtons-la et avançons sur le chemin des Béatitudes. Car Jésus l'a promis : nous serons heureux : il veut notre bonheur.  Le psaume déjà nous rappelait tout ce que Dieu veut faire pour notre bonheur : Le Seigneur fait justice aux opprimés, aux affamés, il donne le pain, le Seigneur délie les enchaînés.  Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes.

Le Seigneur protège l'étranger, il soutient la veuve et l'orphelin.  Quel beau programme de Dieu pour nous.               

        Ce peuple des Béatitudes, il nous est décrit dans la première lecture comme un petit peuple, un petit reste d’Israël dont la seule force est d’avoir pour refuge le nom du Seigneur.  Oui, notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.               

        Enfin, la deuxième lecture nous dit la force des Béatitudes.  Dans cette communauté chrétienne de Corinthe peuplée de dockers et de prostituées, Paul aime à redire que Dieu aime et choisit les faibles : « Ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ».               

        Voilà notre arme et notre espérance, au cœur même de notre faiblesse, nous pouvons vivre des Béatitudes parce que le Seigneur veut notre bonheur, veut ton bonheur.  Amen.

 Tu as dit : « Heureux les pauvres de cœur ».

Convertis le cœur des hommes pour qu’ils soient attentifs à leurs frères et à leurs besoins. Seigneur, écoute nos prières.

 

Tu as dit : « Heureux les cœurs purs ».

Sois aux côtés de ton Église pour qu’elle serve les hommes avec un cœur purifié de toute tentation de pouvoir ou d’emprise. Seigneur, écoute nos prières.

 

Tu as dit : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ».

Viens en aide aux responsables des affaires publiques pour qu’ils veillent toujours à assurer le bien commun, dans la paix et la justice. Seigneur, écoute nos prières.

Tu as dit : « Heureux les artisans de paix ».

Sois favorable à tous ceux qui souffrent de la guerre, pardonne à ceux qui la font et inspire aux responsables politiques des gestes de paix. Seigneur, écoute nos prières.

 

Tu as dit : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ».

Nous te prions pour ceux qui pleurent dans le deuil, la maladie, la solitude, la pauvreté. Mets au cœur de tes disciples assez de charité pour leur venir en aide. Seigneur, écoute nos prières.

 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père  

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

 Je peux choisir « ma » Béatitude









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