5ème dimanche
du Temps de l’Église - A -
La liturgie de ce jour nous dit ce que nous sommes en vertu de notre Baptême et de notre Confirmation : nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde. Voilà ce que nous sommes; avouez que ce n’est pas rien et cela pourrait apparaître comme de l’orgueil ou de la vanité de notre part ... D’autant que le Seigneur ne dit pas que nous avons le sel et la lumière – ce qui serait déjà énorme -, mais que nous le sommes. Mais, vous l’avez compris, si nous le sommes, c’est parce que Jésus, seul, est vraiment Lumière et Sel. C’est par notre baptême, qu’il nous rend participant de sa lumière et de sa saveur. C’est fait, nous le sommes une fois pour toutes et en même temps, nous devons le devenir chaque jour davantage. Et c’est pour cela qu’il y a cet autre sacrement de l’initiation qu’est l’Eucharistie. Chaque fois que nous y participons, c’est un peu comme si nous nous branchions directement sur le vrai sel et la vraie lumière, comme si notre petite salière plongeait dans la mine de sel qu’est le Seigneur, comme si notre buche qui tend à s’éteindre était jetée dans le feu de la nuit de Pâques.
Nous le savons
bien, une pincée de sel suffit pour changer tout, pour donner saveur à
tout. Les médecins nous disent
d’ailleurs qu’il ne faut pas en abuser.
Une petite lumière, toute frêle peut casser les ténèbres et faire en
sorte que la nuit n’est plus tout-à-fait la nuit. Voilà qui doit nous rassurer. Qui sommes-nous pour rendre le monde plus
beau ? Pas grand-chose et même de moins
en moins dans notre vieil occident. Et
pourtant, c’est notre petite présence qui le change. On pourrait même oser dire – avec tous les
guillemets qui s’imposent - qu’il ne faut pas que nous soyons trop
nombreux. Trop de sel, je vous l’ai dit,
est mauvais pour la santé, regarder le soleil en face me brûle les yeux et dans
cette autre parabole, trop de levain dans la pâte rend le pain purement et
simplement immangeable. On comprend les
guillemets qu’il faut mettre, car nous devons annoncer la Bonne Nouvelle –
c’est une autre mission de notre Baptême -, mais je pense qu’il y a du vrai,
comme si le Seigneur voulait nous rassurer sur notre apparente inefficacité !
Mais vous l’avez compris, le sel n'existe pas pour lui-même. Il ne viendrait à l’idée de personne de se
faire un plat de sel pour le repas du soir.
Mais, avec lui, chaque aliment offre avec plus de force, la saveur qui
n'est qu'à lui. Il y a des choses dans
le monde qui ne sont pas à nous, mais à laquelle nous donnons de la
saveur. Je trouve ça très beau : nous
pouvons évangéliser ainsi; non pas en créant, en inventant des choses, mais
juste en augmentant sa saveur. Le
Concile Vatican II l’a rappelé à souhait dans Gaudium et Spes, cette
constitution sur l’Église dans le monde de ce temps : Voyons ce qu’il a de beau
et de grand dans notre monde, émerveillons-nous en et donnons-lui encore plus
de saveur, faisons-le gonfler comme un levain dans la pâte et ce qui est noir,
combattons-le en y allumant la lumière de l’Évangile !!! Vous connaissez cette phrase de Confucius
qu’on pourrait sans aucun problème mettre dans l’évangile : il vaut mieux
allumer une petite lumière que de maudire l’obscurité ... Quel beau programme. Nous faisons apprécier davantage le vrai
sens des réalités humaines. Nous sommes
des témoins de l’espérance.
L’évangile y insiste en nous disant que la lumière de notre Baptême, il n’est pas question de la remiser dans un coin : elle est allumée pour tous.
Et enfin, pour ne
pas que nous nous envolions dans de belles paroles pour donner saveur au monde,
l’évangile nous redit bien qu’il ne s’agit pas de paroles. Il s'agit de nos actes : "en voyant ce
que vous faites de bien". Être
prophète en paroles n’est pas vraiment difficile. Pas vraiment difficile de dire que telle
chose est bien, mais qu’on pourrait faire mieux ou que telle chose est mauvaise
et qu’il faut en rester très éloigne ... Mais nous sommes prophètes au cœur du monde
par nos actes. Ce sont nos actes d’amour
que le Seigneur attend ... Et c’est
possible, même si c’est minime, puisque nous sommes baptisés en lui. Amen.
Tu as créé l’homme libre et responsable, tu lui as confié
tous les biens de la terre. Inspire au cœur de chacun, Dieu notre Père, le
courage du souci et du respect de l’autre, nous t’en prions
La violence régit trop souvent les relations humaines dans
nos milieux de vie. Redis aux humiliés,
Dieu notre Père, leur dignité à tes yeux, nous t’en prions.
Toutes les religions sont au service de l’humanité et du
monde. Puisque nous avons été baptisés en Jésus, réveille en nous la puissance
de l’Évangile, nous t’en prions.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des
sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue
Marie …
Que
veut dire pour moi « être la lumière du monde » ?

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