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5ème dimanche

du Temps de l’Église - A -

 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
 En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » 

       La liturgie de ce jour nous dit ce que nous sommes en vertu de notre Baptême et de notre Confirmation : nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde.  Voilà ce que nous sommes; avouez que ce n’est pas rien et cela pourrait apparaître comme de l’orgueil ou de la vanité de notre part ...   D’autant que le Seigneur ne dit pas que nous avons le sel et la lumière – ce qui serait déjà énorme -, mais que nous le sommes.  Mais, vous l’avez compris, si nous le sommes, c’est parce que Jésus, seul, est vraiment Lumière et Sel.  C’est par notre baptême, qu’il nous rend participant de sa lumière et de sa saveur.  C’est fait, nous le sommes une fois pour toutes et en même temps, nous devons le devenir chaque jour davantage.  Et c’est pour cela qu’il y a cet autre sacrement de l’initiation qu’est l’Eucharistie.  Chaque fois que nous y participons, c’est un peu comme si nous nous branchions directement sur le vrai sel et la vraie lumière, comme si notre petite salière plongeait dans la mine de sel qu’est le Seigneur, comme si notre buche qui tend à s’éteindre était jetée dans le feu de la nuit de Pâques.  

       Nous le savons bien, une pincée de sel suffit pour changer tout, pour donner saveur à tout.  Les médecins nous disent d’ailleurs qu’il ne faut pas en abuser.  Une petite lumière, toute frêle peut casser les ténèbres et faire en sorte que la nuit n’est plus tout-à-fait la nuit.  Voilà qui doit nous rassurer.  Qui sommes-nous pour rendre le monde plus beau ?  Pas grand-chose et même de moins en moins dans notre vieil occident.  Et pourtant, c’est notre petite présence qui le change.  On pourrait même oser dire – avec tous les guillemets qui s’imposent - qu’il ne faut pas que nous soyons trop nombreux.  Trop de sel, je vous l’ai dit, est mauvais pour la santé, regarder le soleil en face me brûle les yeux et dans cette autre parabole, trop de levain dans la pâte rend le pain purement et simplement immangeable.  On comprend les guillemets qu’il faut mettre, car nous devons annoncer la Bonne Nouvelle – c’est une autre mission de notre Baptême -, mais je pense qu’il y a du vrai, comme si le Seigneur voulait nous rassurer sur notre apparente inefficacité ! Mais vous l’avez compris, le sel n'existe pas pour lui-même.  Il ne viendrait à l’idée de personne de se faire un plat de sel pour le repas du soir.  Mais, avec lui, chaque aliment offre avec plus de force, la saveur qui n'est qu'à lui.  Il y a des choses dans le monde qui ne sont pas à nous, mais à laquelle nous donnons de la saveur.  Je trouve ça très beau : nous pouvons évangéliser ainsi; non pas en créant, en inventant des choses, mais juste en augmentant sa saveur.  Le Concile Vatican II l’a rappelé à souhait dans Gaudium et Spes, cette constitution sur l’Église dans le monde de ce temps : Voyons ce qu’il a de beau et de grand dans notre monde, émerveillons-nous en et donnons-lui encore plus de saveur, faisons-le gonfler comme un levain dans la pâte et ce qui est noir, combattons-le en y allumant la lumière de l’Évangile !!!  Vous connaissez cette phrase de Confucius qu’on pourrait sans aucun problème mettre dans l’évangile : il vaut mieux allumer une petite lumière que de maudire l’obscurité ...  Quel beau programme.   Nous faisons apprécier davantage le vrai sens des réalités humaines.  Nous sommes des témoins de l’espérance.

       L’évangile y insiste en nous disant que la lumière de notre Baptême, il n’est pas question de la remiser dans un coin : elle est allumée pour tous. 

       Et enfin, pour ne pas que nous nous envolions dans de belles paroles pour donner saveur au monde, l’évangile nous redit bien qu’il ne s’agit pas de paroles.  Il s'agit de nos actes : "en voyant ce que vous faites de bien".  Être prophète en paroles n’est pas vraiment difficile.  Pas vraiment difficile de dire que telle chose est bien, mais qu’on pourrait faire mieux ou que telle chose est mauvaise et qu’il faut en rester très éloigne ... Mais nous sommes prophètes au cœur du monde par nos actes.  Ce sont nos actes d’amour que le Seigneur attend ...  Et c’est possible, même si c’est minime, puisque nous sommes baptisés en lui.  Amen.

 Le bonheur de tous les hommes suppose la justice et le partage. Fais de l’Église, Dieu notre Père, le signe vivant du Royaume, nous t’en prions

 

Tu as créé l’homme libre et responsable, tu lui as confié tous les biens de la terre. Inspire au cœur de chacun, Dieu notre Père, le courage du souci et du respect de l’autre, nous t’en prions

 

La violence régit trop souvent les relations humaines dans nos milieux de vie. Redis aux humiliés, Dieu notre Père, leur dignité à tes yeux, nous t’en prions.

 

Toutes les religions sont au service de l’humanité et du monde. Puisque nous avons été baptisés en Jésus, réveille en nous la puissance de l’Évangile, nous t’en prions.

 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père … 

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

 Que veut dire pour moi « être le sel de la terre » ?

Que veut dire pour moi « être la lumière du monde » ? 









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