Mercredi de la 5ème semaine
du Temps de l’Église
Nous savons bien que chez nos frères ainés juifs, la distinction entre le pur et l’impur était fondamentale. Tout un livre de la Bible - le Lévitique - y est d’ailleurs consacrée. Mais vous le savez bien aussi, l’origine de cette distinction est d’abord hygiénique : si l’on doit se laver les mains, si l’on ne peut avoir de rapports sexuels avec une femme durant ses règles, si on ne peut pas manger du porc ou des crevettes, s’il faut être circoncis … tout cela était d’ordre de l’hygiène. Et le meilleur moyen pour que les gens respectent cela, c’était d’en faire des prescriptions divines. En soi, l’idée n’était pas mauvaise. Mais petit à petit, ces prescriptions ont pris le dessus sur la morale, sur l’amour.
Jésus nous invite donc à retourner au fond des choses. Mais ce n’est pas plus simple, au contraire. Car qu’est-ce qui est le plus difficile, ne pas manger des crevettes ou aimer ses ennemis ? Poser la question, c’est donner la réponse !!! Et non seulement il le dit à la foule, mais il le dit aux disciples en particulier. Lorsque Marc écrit son évangile, c’est encore une question importante dans les premières communautés chrétiennes : faut-il que les païens qui deviennent chrétiens soient circoncis, peut-on manger des aliments dits impurs ? Et ne croyons pas que cela a disparu aujourd’hui … Faut-il jêuner avant de communier ; doit-on communier dans la main ou sur la langue, est-ce que la messe de mariage du samedi à 15.00 « compte » pour la messe du dimanche … et je pourrais continuer. On finit par croire qu’en communiant de telle ou telle manière, on est de « bons chrétiens ».
Fondamentalement
donc, le Seigneur nous redit que rien n’est vraiment pur ou impur en soi, mais
que la seule chose qui compte c’est le cœur que nous y mettons, l’amour qui s’y
trouve. Je le dis à chaque retraite que
j’anime avec des personnes de toutes sensibilités : peu importe la façon
dont vous communier. Mais il y a deux
critères pour savoir si c’est la « bonne » manière. En le faisant, est-ce que je me rends compte
que le plus important, c’est que c’est toi, Seigneur, que je reçois ? Et surtout, est-ce que la manière dont je
communie ne me donne pas l’occasion de juger ceux qui communient autrement ? Et vous pouvez continuer avec des quantités d’autres
exemples. Ne nous occupons pas de l’apparence,
seul le cœur compte. Amen.
R/ Jésus, Fils de Dieu, sanctifie
tes frères !
Tout au long de ce jour, garde-nous en ta présence,
et rends-nous forts contre le mal.
Que ta sagesse nous tienne dans la vérité,
qu’elle éclaire nos projets et nos actes.
Ouvre nos yeux : qu’ils voient le pauvre et le malheureux,
que nous puissions te reconnaître en eux.
Accorde-nous la grâce
de ne faire à personne ce que nous redoutons pour nous.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des
sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue
Marie …

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