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Saint Paul Miki

et ses compagnons

 
 Mettons-nous en  présence de Dieu : Dieu, viens à mon aide ; Seigneur, à notre secours !
 En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées. – Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats. Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. » Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. » Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition. En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort. Mais vous, vous dites : Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : “Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”, alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère : vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. » 

       Saint Paul Miki et ses compagnons sont habituellement fêtés le 5 février, mais à Liège on a fêté saint Amand et donc, dans notre diocèse, ils sont fêtés un jour plus tard …  Peu importe.  Nous fêtons aujourd’hui les premiers martyrs du Japon.  Nous sommes au XVIème siècle.  Baptisé à 5 ans, Paul deviendra jésuite.  Il est vu comme un grand prédicateur de l’Évangile auprès de ses compatriotes incroyants.  Mais la persécution va arriver alors qu’il est dans la trentaine.  Ses confrères jésuites étrangers sont arrêtés.  Lui, est épargné parce que japonais.  Mais il va insister pour être arrêté comme et avec eux.  Lui et ses 25 compagnons seront crucifiés à Nagasaki.  Comme son maître, il pardonna à ses bourreaux.  Une fois de plus, nous voyons ici un martyr dont la vie ressemble tellement à celle du Christ : prédicateur, arrêté comme un bandit, se faisant proche des autres et pardonnant à ses bourreaux.  Les martyrs nous montrent à l’extrême ce que doit être la vie de tout chrétien : ressembler au Christ … tout simplement … 

       Pendant plus de deux siècles, étant donné les persécutions, l’Église du Japon va vivre sans un seul prêtre.  Mais les laïcs ont continué de transmettre leur foi en disant qu’un jour des prêtres reviendraient … ce qui fut le cas fin du XIXème siècle.  Voilà qui doit rassurer notre vieil Occident.  Évidemment, vous comprenez que je ne me réjouis pas du manque de prêtres dans nos pays, mais l’exemple du Japon nous dit que les laïcs peuvent être artisans de l’annonce de la foi, malgré la disette de prêtres.  Cela nous redit à quel point le rôle des laïcs est fondamental, et cela vous invite, vous les laïcs à prendre une part active de plus en plus grande dans la vie de nos paroisses et de nos communautés.  Prions pour avoir des prêtres, mais que cela ne dispense pas d’exercer ce qu’on appelle le sacerdoce baptismal : chacun est prêtre en vertu de son baptême.

 

       Et enfin, l’Église du Japon aujourd’hui est bien vivante, même si seulement 0,35 % de la population est catholique.  Encore beaucoup moins que chez nous.  Et alors ?  Rappelez-vous l’évangile de ce dimanche : un peu de sel donne du goût à tout un plat, une petite bougie ‘casse’ la nuit.  Alors que le Japon brille par sa réussite, l’Église japonaise aujourd’hui se préoccupe de l’envers du décor, elle s’occupe des délaissés : alcooliques, victimes des pollutions, ouvriers journaliers ou autres, travailleurs étrangers, réfugiés, jeunes en rupture de société, vieillards plus ou moins isolés, handicapés divers, groupes victimes d’une ségrégation plus que séculaire, résidents coréens, femmes asiatiques exploitées ou victimes de l’industrie du sexe, descendants de cette ethnie moribonde que sont les Aïnous, etc.  Et si c’était peut-être ce que notre Église occidentale se devait d’être aujourd’hui : petite mais féconde comme un ‘hôpital de campagne’.  Amen.
 Appelés avec le Christ à devenir louange à la gloire de son Père, nous l’acclamons :

 

R/ Notre Sauveur et notre Dieu !

 

Réveillés de notre sommeil et relevés d’entre les morts,

nous offrons par toi le sacrifice de louange.

 

Donne-nous de garder aujourd’hui tes commandements,

en faisant comme toi ce qui plaît au Père.

 

À chaque heure de ce jour, puissions-nous te bénir :

que nos paroles et nos actes soient ta vraie louange.

 

Accorde-nous de ne contrister personne aujourd’hui ;

à ceux qui nous rencontrent, fais-nous porter la joie.

 

Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …  

Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue Marie …

 « Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite », lisons-nous dans la Genèse. Est-ce que j’essaie, à mon niveau, de préserver la Création ? Est-ce que j’accepte de modérer mon consumérisme, par exemple ?









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