Saint Paul Miki
et ses compagnons
Saint Paul Miki et ses compagnons sont habituellement fêtés le 5 février, mais à Liège on a fêté saint Amand et donc, dans notre diocèse, ils sont fêtés un jour plus tard … Peu importe. Nous fêtons aujourd’hui les premiers martyrs du Japon. Nous sommes au XVIème siècle. Baptisé à 5 ans, Paul deviendra jésuite. Il est vu comme un grand prédicateur de l’Évangile auprès de ses compatriotes incroyants. Mais la persécution va arriver alors qu’il est dans la trentaine. Ses confrères jésuites étrangers sont arrêtés. Lui, est épargné parce que japonais. Mais il va insister pour être arrêté comme et avec eux. Lui et ses 25 compagnons seront crucifiés à Nagasaki. Comme son maître, il pardonna à ses bourreaux. Une fois de plus, nous voyons ici un martyr dont la vie ressemble tellement à celle du Christ : prédicateur, arrêté comme un bandit, se faisant proche des autres et pardonnant à ses bourreaux. Les martyrs nous montrent à l’extrême ce que doit être la vie de tout chrétien : ressembler au Christ … tout simplement …
Pendant plus de
deux siècles, étant donné les persécutions, l’Église du Japon va vivre sans un
seul prêtre. Mais les laïcs ont continué
de transmettre leur foi en disant qu’un jour des prêtres reviendraient … ce qui
fut le cas fin du XIXème siècle.
Voilà qui doit rassurer notre vieil Occident. Évidemment, vous comprenez que je ne me
réjouis pas du manque de prêtres dans nos pays, mais l’exemple du Japon nous
dit que les laïcs peuvent être artisans de l’annonce de la foi, malgré la
disette de prêtres. Cela nous redit à
quel point le rôle des laïcs est fondamental, et cela vous invite, vous les
laïcs à prendre une part active de plus en plus grande dans la vie de nos paroisses
et de nos communautés. Prions pour avoir
des prêtres, mais que cela ne dispense pas d’exercer ce qu’on appelle le
sacerdoce baptismal : chacun est prêtre en vertu de son baptême.
Et enfin, l’Église du Japon aujourd’hui est bien vivante, même si seulement 0,35 % de la population est catholique. Encore beaucoup moins que chez nous. Et alors ? Rappelez-vous l’évangile de ce dimanche : un peu de sel donne du goût à tout un plat, une petite bougie ‘casse’ la nuit. Alors que le Japon brille par sa réussite, l’Église japonaise aujourd’hui se préoccupe de l’envers du décor, elle s’occupe des délaissés : alcooliques, victimes des pollutions, ouvriers journaliers ou autres, travailleurs étrangers, réfugiés, jeunes en rupture de société, vieillards plus ou moins isolés, handicapés divers, groupes victimes d’une ségrégation plus que séculaire, résidents coréens, femmes asiatiques exploitées ou victimes de l’industrie du sexe, descendants de cette ethnie moribonde que sont les Aïnous, etc. Et si c’était peut-être ce que notre Église occidentale se devait d’être aujourd’hui : petite mais féconde comme un ‘hôpital de campagne’. Amen.
R/ Notre Sauveur et notre Dieu !
Réveillés de notre sommeil et relevés d’entre les morts,
nous offrons par toi le sacrifice de louange.
Donne-nous de garder aujourd’hui tes commandements,
en faisant comme toi ce qui plaît au Père.
À chaque heure de ce jour, puissions-nous te bénir :
que nos paroles et nos actes soient ta vraie louange.
Accorde-nous de ne contrister personne aujourd’hui ;
à ceux qui nous rencontrent, fais-nous porter la joie.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la Vierge des Pauvres, Notre-Dame des
sinistrés, soit aujourd’hui encore source de compassion : Je vous salue
Marie …

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