Jeudi de la 2ème semaine de Pâques
Jésus vient de quitter Nicodème. Il est revenu en Judée et voilà qu’une petite dispute naît entre les disciples de Jean et des Juifs au sujet de Jésus. On va donc interroger Jean et sa réponse est l’évangile de ce jour. Pour bien comprendre, voilà ce que Jean dit juste avant notre évangile : « quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. » Le Baptiste n’a jamais voulu prendre la place de Jésus, il sait bien qu’il n’est pas le Messie et il va expliquer qui est Jésus.
Jésus est l’envoyé de Dieu, il est comme un lien entre le ciel et la terre. Nous avons tous en tête l’image de l’échelle de Jacob, songe durant lequel il va combattre avec Dieu. Jésus , pourrait-on dire est la nouvelle échelle de Jacob. Depuis le jour de Noël, il n’y a plus vraiment de séparation entre le ciel et la terre. Les deux communiquent. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » dira saint Irénée de Lyon. Le Père a tout donné au Fils ; le Fils est venu nous le donner à nous et si nous l’acceptons, nous avons la vie éternelle, nous avons part à sa divinité. De nouveau, ce n’est pas nous qui essayons de rejoindre Dieu, c’est lui qui est venu nous prendre par la main. Il est notre échelle, ou comme dira Thérèse de Lisieux, il est notre ascenseur.
Nous sommes donc appelés à une résurrection ; nous re-suscités à nous unir à la vie de Dieu, à sa résurrection. Mais ce n’est pas automatique. Sinon, Dieu ne nous respecterait pas. Il suscite, mais à nous d’accepter ou pas. En reprenant les paroles de Jean qui précèdent : ou bien, je veux être le Messie, ou j’accepte qu’il le soit ; ou je continue de vouloir grandir … mais de façon terrestre ; ou j’enlève le « terreux » en moi – Adam en Hébreu – pour laisser advenir le divin en moi. Mais j’ai le choix ; mais ce choix va colorer toute ma vie. Mais Dieu, pourrait-on dire, me supplie de dire « oui », mais il ne peut que me supplier et l’on comprend alors le colère de Dieu. Cela n’a rien à voir avec notre colère. Rien à voir non plus avec cette huile bouillante qui illustrait le cathéchisme de mon enfance ; huile dans laquelle nous allions rotir comme des frites belges, dans l’enfer. Qu’est-ce que cela veut dire ? simplement une déception terrible d’un Dieu qui propose son amour et que nous refusons. C’est la colère d’un amoureux. Il a de la peine à comprendre que nous refusions d’être aimés et donc d’être heureux. Dieu est en colère contre le péché, parce qu’il ne nous rend pas heureux.
Et enfin, Jean nous
redit notre place : nous sommes des « conducteurs ». Nous sommes là pour conduire à Jésus. Attention dans l’Église, plus que jamais aux
super héros. J’aime dire que nous ne
sommes que les robinets de la grâce : peu importe la beauté du robinet ;
la seule chose qui compte, c’est l’eau qui peut sortir à travers lui. Le péché
de l’homme depuis Adam est de se prendre pour Dieu, pour l’eau. Mais n’est-ce pas une grande joie, d’être un robinet ? Voir l’eau couler et d’autres s’en abreuver. Car,
Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Amen ! Allléluia !
R/ Nous t’en prions, Jésus ressuscité.
Depuis la nuée
lumineuse, tu éclairais ton peuple en marche :
sois pour nous
aujourd’hui la lumière de vie.
Par la voix de Moïse,
tu as enseigné ton peuple sur la montagne :
sois pour nous
aujourd’hui la Parole de vie.
Par le don de la manne,
tu as nourri ton peuple dans le désert :
sois pour nous
aujourd’hui le Pain de vie.
Par l’eau jaillie du
rocher, tu as abreuvé ton peuple :
donne-nous aujourd’hui
l’Esprit de vie.
Tournons nos regards vers le Père qui a créé ce monde ; monde que nous déréglons si souvent en ne le respectant pas : Notre Père …
Et que Marie, la
Vierge des Pauvres, Notre-Dame des sinistrés, soit aujourd’hui encore source de
compassion : Je vous salue Marie …

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